mardi 11 novembre 2014



Serpents LairDemo MMXIV





Genre : Black Metal
Date de sortie : 2 Mai 2014
Label : Duplicate Record


Tracklist :
1. Labyrinthine Offerings
2. Epistemology of Death 
 





  L’un de mes malicieux plaisirs est de trouver de véritables perles musicales sous la crasse et la médiocrité. Celle-ci était tapie dans l’ombre, dans une contrée assez méconnue malheureusement en termes d’art noir, j’ai nommé le Danemark. Rampant, Serpents Lair se présente à nous, duo d’anonyme danois formé en 2013, leur première démo d’usage sobrement nommée « Demo MMXIV » a réussi à serpenter jusqu’à mes innocentes oreilles, susurrant ses perverses infamies. Le sublime artwork épuré en dégradé morbide de gris annonce une musique claustrophobique et macabre.


   Plongé dans les noirs intestins de la tanière aux serpents, des riffs dissonants viennent trancher l’ambiance poisseuse, nous vrillant les oreilles dans l’obscurité. Une voix caverneuse, annonciatrice de malheurs et tourments s’élève, faisant mugir la batterie et nous pétrifiant de frayeur devant la brusque montée en puissance de la musique. L’ambiance hypnotique de la danse du serpent nous charme et nous terrifie à la fois, les riffs dissonants répétés instaurant une ambiance cauchemardesque, étouffante mais saisissante. La chanson «Labyrinthine Offerings» porte bien son nom, tant le rendu est tortueux, sinueux, l’auditeur se perd dans la complexe composition du morceau, proche de la folie, harcelé par cette voix sans visage vociférant avec hargne dans les ténèbres. Martelant notre esprit de son rythme lent, Serpents Lair impose une véritable danse macabre à l’auditeur. La deuxième et dernière pièce de la démo se veut encore plus lourde et cataclysmique, le low-fi efficace du groupe entrecoupé de trémolos glaçants achève le profane qui a osé écouter une parcelle de ténèbres pures. Des sortes de breakdown apocalyptiques fondent sur nous de toute leur lourdeur mortifère, suivis par ces sons stridents aliénants. Pas un seul instant la musique ne relâche son étreinte, nous sommes perdus dans le noir, dans ce trou où les serpents rôdent autour de nous, invisibles.
  
  Serpents Lair crée une œuvre d’une noirceur suffocante avec des éléments simples mais à plusieurs strates d’écoutes, la démo semble se créer un peu plus à chaque fois, comme si elle nous emmenait chaque fois plus loin dans les profondeurs de la terre. La production est froide et légèrement sourde, presque intimiste permettant un rendu optimal pour un Black Metal poisseux et dissonants. La composition complexe, les trémolos picking déchirants ainsi que les riffs hypnotiques ne sont pas des éléments novateurs mais Serpents Lair les maîtrise avec une maestria incontestable, apposant son sceau sur le genre. Le duo est un bon exemple, créant une musique originale, excellente dans un genre où plaquer 3 accords vaguement dissonants et des gémissements pseudo possédés suffit parfois à réaliser une « bonne sortie », alors que le groupe nous livre une musique personnelle, intime, macabre avec une maîtrise rare surtout pour un premier méfait. Musicalement, les riffs ainsi que l’ambiance rappelle le Black Metal français, dans son ambiance assez forte en basses et très dissonante, on pourrait penser à des groupes comme Aosoth, DeathSpell Omega pour certains riffs ou encore Spektr, ayant oublié la nationalité du groupe au moment de me lancer dans cette chronique j’ai été assez étonné de voir que le duo était danois, tant à l’écoute j’avais l’impression d’écouter un groupe français et plus particulièrement de la sous-scène underground de black metal parisien.

  Cette démo est probablement une des meilleures que j’ai eu l’occasion d’écouter au cours de cette année 2014, la flamme de l’art noir brûle ardemment au sein de la musique de Serpents Lair et tout dévot du genre ne pourra que se perdre avec déliquescence dans les ténèbres musicaux du groupe. Serpents Lair est promit à un avenir glorieux dans l’underground car la démo à déjà été saluée comme il se doit par les critiques, il ne nous reste plus qu’à espérer que ce duo anonyme gardera sa plume pour nous livrer une nouvelle offrande encore plus noire et torturée. Malheureusement,  je n’ai pas réussi à trouver la Démo en format physique, elle est cependant dispo en téléchargement gratuit sur Fallen Empire Records, elle est bien sur plus que recommandée, vous l’aurez compris.    



- Sarcastique










lundi 10 novembre 2014

Квіти Знедолених Берегів - За небокрай мрій

Квіти Знедолених Берегів


За небокрай мрій






Doom death atmosphérique
Date de sortie: 9 juillet 2014
Label: Autoproduction


Tracklist:
1. У обіймах (Тихі води)
2. Якби зорі...







J'imagine que pour débuter cette chronique, un minimum de traduction s'impose. Квіти Знедолених Берегів, ou Kvity Znedolenykh Berehiv si vous préférez et que l'on peut traduire par "les Fleurs des Rives Désespérées" est en effet un nom qui ne laisse que peu de place aux doutes quant à la musique pratiquée par ce tout jeune one-man band originaire de Kiev, Ukraine. Cela étant dit, et si effectivement le doom / death atmosphérique ici présent comporte énormément de traits communs avec les autres productions du genre, réduire cette démo à un simple ersatz serait une erreur. D'ailleurs, permettez moi d'insister lourdement sur le fait qu'il ne s'agisse là que d'une démo. La qualité de la production, le soin apporté à l'objet ainsi que les compositions, fouillées et intéressantes de bout en bout malgré leur longueur démontrent une réelle motivation, un dévouement sans faille du jeune compositeur Dmytro pour sa musique. De ce fait, l'écoute n'en est que plus agréable.

Les 2 morceaux sont bâtis de la même façon, à savoir une lente progression autour de mélodies, simples mais néanmoins belles qui vous enveloppent de leur délicate mélancolie. Les thèmes sont ainsi plusieurs fois répétés au long des 10 minutes que dure chaque composition mais toujours avec de subtiles variations. Piano, guitares arpégées, nappes de claviers atmosphériques ou encore des chœurs ou des phrases doucement susurrées viendront régulièrement vous chatouiller les oreilles. Le tout est distillé avec un dosage particulièrement réussi, le mixage étant un des grands points forts de cette démo. Je vous conseillerais par ailleurs une écoute approfondie au casque, seule façon d'en révéler les secrets les plus enfouis. Les différentes couches se superposent et se complètent admirablement bien, chaque instrument suivant sa ligne de conduite mais chaque mélodie apportant un peu plus de profondeur pour au final un rendu très cohérent et expressif. On se laisse facilement submerger et il n'est pas rare de ressentir l'envie de juste fermer les yeux pour mieux se laisser aller à la contemplation la plus pure.

L'autre qualité de cette démo, c'est aussi cette dualité entre moments de calme, perdus quelque part entre sérénité et résignation, et les parties plus colériques retranscrites par les rythmes lourds marqués par une guitare écrasante ou la voix de Dmytro, grave et puissante. Le contraste est saisissant, mis en avant une fois encore avec une simplicité déconcertante. Le ton est résolument dépressif quelque soit le thème abordé, quelque soit l'intensité musicale du moment mais on ne peut s'empêcher de déceler comme un profond ressentiment lors des passages les plus durs ainsi qu'une sensibilité à fleur de peau sur les parties plus calmes et atmosphériques. Les 20 minutes de cette démo coulent naturellement, rien n'est forcé mais néanmoins travaillé dans le détail et cela s'entend.

Notons une fois encore le rendu visuel, oeuvre de Kateryna Romanova que je n'ai malheureusement pas encore eu l'occasion de voir en entier. Cependant, le fait que cette démo vienne en prime dans un digipack 6 panneaux me laisse penser qu'il s'agit là d'un projet plus que sérieux (nous sommes loin de la pochette / photocopie noir et blanc!). Cela étant, la pochette de l'album et le logo, que je trouve personnellement particulièrement bien dessiné, sont en accord parfait avec ce qui s'y trouve, simples, beaux, délicats et attirants.

Avec une première démo aussi soignée, nul doute que Dmytro tient là un projet des plus aboutis qui n'aura aucun mal à se faire remarquer, pourquoi pas par un label, et ainsi obtenir toute l'attention qu'il mérite. C'est en tout cas tout le mal qu'on lui souhaite!










Homepage (site en construction, cependant la démo y est téléchargeable gratuitement au format mp3 et vous y trouverez une adresse mail à laquelle écrire si vous souhaitez vous procurer une copie physique)

dimanche 9 novembre 2014

IFING - Against This Weald

IFING


Against This Weald





Folk black metal
Date de sortie: 6 mai 2014
Label: Blood Music


Tracklist:
1. The Sires Beyond Await
2. The Stream
3. Realms Forged







   Grand amateur d’Heroic Fantasy, de la beauté épique, des épopées chevaleresques à travers d’immenses espaces vides où seul l’héroïsme à sa place, je n’ai pu qu’être happé par la sirène Ifing et sa douce musique. Ce groupe en provenance de Grand Rapids, Michigan aux USA donc, nous offre un Black/Folk Metal de haute volée et d’une rare profondeur. Fondé en 2008, le groupe sort 6 ans plus tard sa première œuvre, à en juger d’après la qualité de composition on peut supposer que ce temps à été plus que bien utilisé. Le duo américain se permet pour sa première sortie, un full-length de 36 minutes composé de 3 pièces, une durée relativement courte pour un album surtout dans ce genre.
   Bien que profitant de la vague Black Metal Epique Atmosphérique américaine (Caladran Brood, Fall Of Rauros, etc ) le groupe apporte son originalité, sa profondeur et sa propre beauté et cela malgré certains éléments communs avec d’autres groupes similaires tels que Agalloch ou encore Falkenbach. Comme élevé par ces groupes, instruit par eux, le guerrier Ifing se dresse fier et complet.

   L’album commence par la classique introduction instrumentale des sorties du genre mais après avoir été habitué aux plates intros faiblement inspirées de nombreux groupes essayant péniblement de s’extraire de la fange de laquelle ils sont nés, j’ai été réellement surpris et happé par la beauté et l’exceptionnel travail d’ambiance réalisé dès les cinq premières minutes. On s’imagine sans peine à bord d’une barque à fond plat, remontant la rivière Ifing d’où le groupe tire son nom, par une matinée embrumée. Sans avoir recours à des samples clichés ou à une mauvaise mélodie pseudo-nordique, simplement en utilisant un rythme lent, une ambiance moite travaillée, le groupe nous plonge en quelques instants et en douceur dans son univers inspiré de la mythologie scandinave. 
Nous rentrons dans le vif du sujet avec la deuxième pièce, "The Stream", et son atmosphère nous appelant vers de sombres rivages sans nom encore inexplorés en quête d’aventure et de gloire. Le rythme effréné du morceau contraste avec le précédent, nous venons de plonger en un instant au cœur de la bataille, et jusqu’aux dernières notes de l’album le souffle épique aura porté l’auditeur dans les contrés, les batailles et contes que le groupe nous chante. Bien que le duo utilise de nombreux éléments assez usés du genre, à savoir flûte, chœur et guitare acoustique, il arrive à créer quelque chose d’assez nouveau et bon tout en se démarquant. Cette originalité est due à des influences hors metal qui viennent compléter le Black de Ifing comme par exemple le post-rock, le folk, ainsi le groupe en sortant des sentiers battus (trop battus souvent) nous offre ce très bon album épique et inspiré. Alternant riffs entrainant et agressifs avec ceux plus progressifs et mélodiques, Ifing a rondement bien mené sa barque pour aboutir à cette belle sortie qu’est « Against This Weald », sorti d’ailleurs à 1000 exemplaires sur le label Blood Music qui fait soit dit en passant un excellent travail et dont le rooster est très bon.
   Moonsorrow cité précédemment mais aussi Sigh, Arcturus, Nightbringer et Abigail Williams ont été signé chez eux et Blood Music leur à fourni un travail de distribution et un apport exceptionnel, il me semblait donc important de saluer également le travail de ce petit label passionné.

  Cette première œuvre du groupe dénote donc d’un talent certain pour la composition de la part des deux musiciens, espérons seulement que la suite ne prenne pas autant de temps.  Cet album est plus que chaleureusement recommandé aux fans d’Agalloch,  Falkenbach, Moonsorrow, Horn et de manière générale pour tout amateur de Black Metal atmosphérique. 



- Sarcastique









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mardi 4 novembre 2014

ATAVISMA - Where Wolves Once Dwelled

ATAVISMA


Where Wolves Once Dwelled







Doom/Death old school
Date de sortie: 31 janvier 2014
Label: Autoproduction


Tracklist:
1. The Savage One
2. Forsaken
3. Where Wolves Once Dwelled
4. Nature's Warfare







   Atavisma, toute jeune formation venue d’Île de France formée en 2013 nous offre sa Démo sortie fin Janvier 2014 en auto-production et nommée «  Where Wolves Once Dwelled », on remarquera le logo fait par Christophe Szpajdel, «  Lord of the Logos ». La Démo a également vue le jour en physique sur Dead Center Productions. Le duo, puisque s’en est un, officie dans un DoomDeath des plus caverneux principalement en raison de la voix colossale du chanteur et de son timbre particulièrement grave. 

  De l’Artwork à la prod’ en passant par les paroles, tout rappelle Mère-Nature et sa force, nous allons voire que l’hommage n’est pas des moindres. Dès les trente premières secondes, Atavisma nous envoie une bonne grosse claque dans la gueule de la part de son chanteur comparable à un vrai grizzly au son de sa voix, et le tout se met en place. Le groupe nous offre une musique très lourde et poisseuse, on peut presque ressentir l’atmosphère humide et dense des bois sombres où rôde l’Ours Atavisma. Cette impression est renforcée par le mixage, très grave et légèrement grésillant apportant une touche de brutalité non négligeable ainsi qu’un aspect très organique à la Démo. 

  Musicalement nous sommes face à un DoomDeath alternant rapidité agressive et mid-tempo écrasant, donnant à la musique son coté impulsif et imprévisible à l’image d’une bête sauvage. Tout d’abord, revenons à un point déjà évoqué mais qui je pense est le gros point fort de ce groupe, son chanteur. Caverneuse, grave, violente, le mugissement de la Bête au micro nous prend aux tripes et réveille la bestialité qui est en nous. Les vocaux sont simples mais plus qu’efficaces,  savamment dosé et avec une hargne non feinte, ils sont soutenus par une rythmique implacable. Des Riffs lents et implacables issus d’un Doom poisseux et violent, suivi de suite par des attaques d’un Death Metal noir et old-school, le tout nous offrant un hommage implacable et destructeur. La batterie remplit son rôle parfaitement, ajoutant puissance et violence mais sachant aussi mettre  en place un rythme cassé et lourd sur les passages écrasant. On remarquera aussi le léger écho sur la batterie, rajoutant de la profondeur sur l’ensemble de la musique. Le blast est utilisé avec justesse, nous submergeant de sa puissance au bon moment et sachant s’effacer pour faire place à un jeu plus pachydermique. Petite surprise avec la 3e pièce de la Démo, assez déconcertante au premier abord après la sauvagerie des deux premières mais qui au final nous berce de ses notes graves et profondes, nous apaisant avant un nouveau déferlement de bestialité. 
 Atavisma ne fait pas dans la dentelle vous l’aurez remarqué, la technicité n’est pas un aspect majeur de la musique, cependant les solos sont parfaitement maîtrisé et agencé à la perfection, s’emboîtant avec le reste de la musique de façon plus que naturelle, permettant ainsi de ne pas quitter un seul instant la moite atmosphère de cette Démo.

   Pour sa première sortie, le groupe fait preuve d’une remarquable maturité et d’une belle qualité de composition, Atavisma a su créer son propre univers, ne se perdant pas dans les méandres faciles des pâles copies sans saveur. Musicalement, on pourra retrouver une certaine ressemblance avec des groupes comme Incantation ou encore Disma.  Ainsi le duo nous amène sans problème dans sa tanière, au sein de ces grands sapins encore humides d’un automne tardif grâce à son mixage particulier, son imagerie et ses atmosphères lourdes. Les 18minutes de la Démo s’enchaînent sans accrocs, révélant ainsi un net potentiel de composition chez la formation parisienne. Autant dire que la prochaine galette est plus qu’attendue.

Chronique de la part de Sarcastique









CIRITH GORGOR + EMBRYONIC CELLS + MALEPESTE + NEPTRECUS - 01/11/14 Reims, L'Excalibur





Avant dernière de la mini tournée Franco-Belge de Cirith Gorgor et Malepeste, cette date rémoise voyait s'ajouter à l'affiche les Parisiens de Neptrecus ainsi que les locaux Embryonic Cells (étant moi même un Troyen expatrié dans la Marne, je ne vais pas chipoter). Une affiche purement black metal à en réveiller les morts en ce jour de la Toussaint, cohérente et pourtant suffisamment variée pour susciter l'intérêt du public. Bon, ça c'est ce que je croyais... Parce que question affluence finalement, on a déjà vu mieux, même dans la petite salle de l'Excalibur. Que ceci n'entache pas la soirée outre mesure, après tout black metal et ambiance intimiste peuvent facilement aller de paire!

Les hostilités commencent avec Neptrecus et hostilité est bien le mot qui convient. Leur black metal virulent fait en effet la part belle aux riffs guerriers offrant une entrée en matière particulièrement brutale et épique. Fortement inspiré des périodes historiques mouvementées de l'Antiquité au Moyen Âge, comme en témoignent des titres comme "Fiers Gaulois" ou "Au Royaume de Neustrie" le groupe met cet aspect en avant avec conviction, riffs rapides à l'appui soutenus par une section rythmique tonitruante. On remarque cependant chez cette jeune formation un certain sens de la mélodie ainsi que quelques trouvailles intéressantes sur quelques breaks, permettant aux compositions du groupe de ne point s'essouffler et surtout de me garder captivé jusqu'au bout. Neptrecus ne se démarque certes pas par son originalité mais déploie une belle énergie et ouvre la soirée avec un set efficace et de qualité malgré une salle encore bien vide. Affaire à suivre, je ne manquerais pas d'écouter les versions studios.

Si la soirée a démarré en trombe avec Neptrecus, l'affaire est tout autre concernant Malepeste. Il faut dire qu'avec un nom pareil, nous sommes en droit de nous attendre à quelque chose d'assez sinistre. Les Lyonnais proposent en effet un black metal occulte mis en scène à grands renforts d'encens, bougies, corpsepaints et autres ossements portés par les musiciens, cadre s'adaptant parfaitement aux morceaux évoluant autour de lentes mélodies lancinantes et glauques à souhaits. Changement d'ambiance radical donc et ce n'est pas la gestuelle solennelle du chanteur qui me contredira. Ritualiste jusqu'au bout, le set s'apparente sous bien des aspects à une véritable messe noire, envoûtante et macabre, plongeant l'Excalibur dans une atmosphère pesante tout autant que lugubre. Sonorités plaintives rehaussées de hurlements à glacer le sang, incantations ténébreuses, décors morbide, chacun de ces éléments a son petit effet pour rendre le tout cohérent. Un show travaillé et parfaitement en place, en bref, une belle découverte que ce groupe dont la prestation malsaine de ce soir fut une belle démonstration de black metal ritualiste. 

Cela fait toujours plaisir de retrouver Embryonic Cells, d'autant plus que me concernant cela faisait un bon moment. A tel point que j'ai complètement zappé leur 3eme album, The Dread Sentence, qui compte pourtant plus de 2 ans au compteur. Il y a désormais un peu plus de monde devant la scène, le groupe étant relativement connu ici puisque de la région. Leur début de prestation est malheureusement gâchée par quelques soucis techniques qui seront réglés en cours de route. Toujours est-il que c'est fort dommage car il est alors difficile de bien apprécier les premiers morceaux. Ceci dit, une fois ce souci oublié, Embryonic Cells délivre comme à son habitude un set convaincant de black metal froid, sauvage et percutant tout à la fois. Les morceaux plus récents, que je ne connais pas encore donc, semblent passer l'exercice du live sans avoir trop à rougir devant les plus anciens. D'ailleurs puisqu'on en parle, il reste toujours aussi difficile de résister à l'appel de petits brulots comme "Azathoth" ou "My Cimmeria" d'autant plus que le son reste bon même selon la configuration de la salle, les majestueuses et / ou mélancoliques parties de clavier restant tout à fait audibles malgré la fureur des compositions jouées ce soir. L'ambiance se réchauffe difficilement mais doucement lorsque Maxime dans son rôle de frontman vient se joindre au public armé de sa gratte ou lui demande de se remuer un peu le train. Un bon moment encore une fois et promis, je n'attendrais pas si longtemps pour une prochaine.

Il faut croire que quand on compte plus de 20 ans d'expérience et pas moins de 7 albums aux services d'un black brutal et sans concession, on ne s'embarrasse plus trop de fioritures, on monte sur scène, on envoie violemment la purée et on se casse comme on est venu. Minimum syndical pour Cirith Gorgor qui termine sèchement la soirée mais il est vrai que l'heure tardive y est peut être pour quelque chose. En tout cas, le principal était là, les riffs tranchants qui vrillent les tympans, les blasts qui explosent les crânes et les regards de tueurs qui fusillent sans merci que s'en est intimidant vu la proximité des musiciens. Ça monte encore d'un cran en intensité côté public qui hésite maintenant moins à se lancer dans quelques pogos histoire de, ce qui nous vaut d'ailleurs d'assister à une brêve altercation, heureusement sans suite et sans gravité. Bizarrement, quand c'est Satanael qui se pointe au milieu de la salle, ça la ramène moins!
On en ressort en tout cas un peu secoués. C'est qu'une telle violence concentrée en un temps si cours, ça ne pardonne pas. Au moins les vétérans bataves auront prouvé qu'il leur en faut peu pour démontrer qu'ils restent un des sérieux piliers de la scène black metal européenne.

Une très bonne soirée en conclusion et une nouvelle occasion de remercier l'Asso MyFist qui se démène pour nous proposer régulièrement de belles affiches tout en gardant un oeil attentif sur la scène régionale. Espérons juste que la faible affluence de la soirée ne soit pas une source de découragement, ce qui m'amène pour terminer à engager mes lecteurs à suivre de près les concerts de ce genre près de chez eux, c'est cette scène là qu'il faut soutenir!

dimanche 26 octobre 2014

Doom Concert!! Live en direct de l'enfer!

Si votre enfance a été marquée par les jeux vidéos comme la mienne a pu l'être, la série Doom est certainement une référence pour vous. Qu'importe que vous soyez fan de RPG, de stratégie ou de simulation sportive, Doom, c'est Doom. Un jeu irremplaçable qui dès le premier volet a fait couler beaucoup d'encre. Dans le genre glauque et brutal, il était difficile de trouver mieux! C'est avec une certaine émotion que je me rappelle parfois ces nuits blanches entières passées à arpenter ces véritables dédales cauchemardesques en dézinguant à peu près tout ce qui y pointait le bout de ses griffes. Flingue en main, je n'étais plus cet enfant sage (bon je ne l'ai jamais vraiment été, tout est relatif!) mais devenais au contraire une brute épaisse assoiffée de sang démoniaque. Ce jeu vidéo EST metal. Des monstres dégueus, du sang, de la boucherie, des gros flingues, des pentagrammes et tout ce qui va avec. Même la musique qui accompagnait chaque niveau était largement inspirée de divers groupes de metal de l'époque.

Encore aujourd'hui, Doom impose le respect auprès des gamers. Les anciens ne lui trouvent pas d'égal (pas même Doom 3 et son extension sortis plus récemment), les plus jeunes le (re)découvrent chaque jour et une communauté encore bien active propose de nouvelles cartes et de nouveaux mods. Et il arrive que certains s'éclatent à remettre la musique du jeu au goût du jour. Notamment un certain elguitarTom qui nous vient d'Oslo et qui lui, va bien plus loin que la simple reprise pour s'amuser.

Je suis tombé sur cette vidéo totalement par hasard. J'avais juste envie de me taper un bon concert devant mon écran et, navigant de vidéo en vidéo, voilà que celle-ci m'est apparue. Donc, vous l'aurez compris, pas de compo originale mais uniquement des adaptations metalliques de morceaux tirés des premiers chapitres du jeu. Ce n'est certes pas le premier zicos à faire ça, mais il s'agit sans doute là des meilleures adaptations que je n'ai jamais entendues. Et qui peut se targuer de tenir un show de près d'une heure rien qu'avec ça? Quand au décors et au public... J'ai trouvé l'idée vraiment amusante, d'autant plus que ça ne tourne pas bêtement en rond. Quelques petites surprises viennent s'ajouter de temps en temps comme la téléportation des musiciens et le mosh pit qui s'ensuit au début ou cette altercation avec cet Imp, souvent kitch à mort mais irrésistibles. 







Metallica peut bien se la péter avec son concert en Antarctique (ce que je trouve au passage scandaleux, foutez donc la paix aux manchots!), voici le seul groupe à avoir joué en enfer!

N'hésitez pas à fouiller dans la chaîne Youtube, vous y trouverez quelques morceaux supplémentaires parfois agrémentés de clips tout aussi délirants, ainsi que sur la page Bandcamp.

lundi 20 octobre 2014

DEVEYKUS - Hasidic Doom Metal

Nouvelle rubrique, nouveau thème. Lorsque je pars en chasse pour une éventuelle chronique, plusieurs choix s'offrent à moi. Il y a tout d'abord les groupes qui me contactent eux-mêmes. Ils sont encore rares mais ils sont là (d'ailleurs pour certains d'entres eux, si jamais vous passez par ici, mes plus plates excuses pour le monstrueux retard, je ne vous oublie pas!). Les recommandations de certains amis ne sont pas négligeables, ni les réseaux sociaux où l'on peut facilement naviguer de pages en pages entre groupes, labels, pages spécialisées...  Je fréquente également quelques sites bien meilleurs que celui-ci dont je m'inspira continuellement et qui continuent à me faire découvrir des tonnes de groupes tout aussi géniaux les uns que les autres. Et last but not least, la simple recherche internet, que ce soit sur Google ou sur des sites comme Metal-archives ou Bandcamp qui me permettent des recherches plus précises tout en étant de véritables mines d'informations.

Et il y a les autres jours, où l'envie est là mais avec un je-ne-sais-quoi manquant à l'appel. Je ne sais pas par où commencer ou je n'ai pas envie de passer 3h à surfer pour rien. Dans ces cas là, Youtube peut filer un coup de main avec ses playlists et ses recommandations personnalisées (encore qu'il lui arrive de mélanger un peu tout et n'importe quoi). L'avantage, c'est qu'en plus du son, on a parfois l'image avec. Et il arrive que je tombe sur une vidéo qui me botte bien et qu'il me faut donc partager. 


D'où cette nouvelle rubrique que j'inaugure de ce pas avec les Américains de Deveykus. Le groupe a la particularité (en plus de celle d'être un groupe purement instrumental) de mélanger doom metal et musique klezmer à l'aide d'un trombone. Ils s'inspirent pour cela des mélodies hassidiques appelées "nigounim". Selon Wikipedia, il s'agit d'une "forme de musique vocale souvent sans parole quoique des sons tel “bim-bim-bam” ou “Ai-ai-ai!” soient souvent utilisés. Parfois des versets de la Torah ou des passages d'autres textes juifs classiques sont chantés d'une manière répétitive sous forme de nigounim. Il s'agit pour une grande part d'improvisations, bien qu'ils puissent être fondés sur un passage thématique ou que leur forme puisse être stylisée. Certains se présentent sous forme de lamentation tandis que d'autres sont joyeux ou victorieux." Pour le coup, je l'ai déjà dit, Deveykus donne dans l'instrumental et c'est le trombone qui prend la place de la voix. Pour aller plus loin, je ne peux que vous conseiller d'aller lire cette interview de Dan Blacksberg, tête pensante et tromboniste du groupe.






Le tempo est lourd, les sons bourdonnent à vos oreilles dans la plus pure tradition doom. Parfois, la guitare s'enflamme dans des expérimentations délirantes. Mais le véritable attrait du groupe vient évidemment du trombone. A l'écoute de ce que propose Deveykus, il est étonnant que ce type d'instrument n'ait pas plus de succès chez le groupes de doom metal tant il semble pouvoir apporter au style. Sombre, lent, triste tout autant qu'envoûtant, il tient ici la pole position, servant de fil rouge aux compositions et s'accordant parfaitement aux rythmes pachydermiques du groupe. Le tout donne réellement l'impression d'assister à une marche funèbre particulièrement glauque en plein cœur de la Nouvelle Orléans. La vidéo qui suit est un concert complet de Deveykus capté en juillet 2013 au Johnny Brenda's à Philadelphie. Pour l'anecdote, ce n'était que le second concert du groupe.








Formé en 2012, le groupe a sorti son 1er album, Pillars Without Mercy en juin 2013 que vous pourrez trouver ici et dont voici la pochette.





Avouez qu'elle en jette aussi non?

Pour terminer, la page facebook de Deveykus ainsi que le site de Dan Blacksberg, impliqué dans bons nombres de projets musicaux. Il ne me reste maintenant plus qu'à vous souhaiter un bon visionnage et une bonne écoute!