mercredi 13 mai 2015

MALEFICENCE - Journey to the Depths





MALEFICENCE




 Journey to the Depths





Genre : thrash black metal
Label : Blood Harvest
Date : 11 Mai 2015






Tracklist : 
1. To hell and Back
2. Primitive
3. Blood Rituals
4. Drowning in the Styx



C’est pendant un long voyage vers le fin fond du sud de l’Italie que Dame Fortune m’a souri, me sauvant de l’ennui profond, avec la découverte de l’enflammé Maleficence, lançant son raid depuis la belgique, et la Brussels dead City. En avant-goût de son premier album longue durée signé chez Blood Harvest, le groupe ré-édite sa seconde démo, parue initialement en 2014, intitulée Journey to the Depths, cette fois-ci dans un format plus formel, sous l’égide du même label renommé. 
Sans palabres, les belges de Maleficence compulsent immédiatement un codex ésotérique rempli de riffs crasseux et endiablés, mêlant une voix projetée thrash, une cadence infernale et un entrain qui en ferait pâlir plus d’un, avec des harmonies sinistres, stridentes, usants jusqu’à jusqu’à plus soif de tritons, pour continuer par une batterie pugnace qui martèle ses blast beats d’un zèle digne d’un bûcheron berserk shooté à l’héroïne (eh oui, rien que ça !). 
Un groupe qui pose goulûment ses tripes sur la table, avec son enthousiasme inlassable et son artwork, où la formation montre bien que tout va péter dans tous les sens, musicalement après picturalement : une vision cauchemardesque et grouillante, d’un Enfer mêlant Styx, suppliciés, pendus, anges déchus et auréoles en forme d’étoiles chaotiques (idée purement géniale soit dit en passant). On pourrait reprocher au tout d’être un tantinet tape-à-l’oeil, mais excusons-les, ce ne serait pas les premiers, et après tout, vaut-il mieux une bière éventée, ou une autre toute fraîche avec un peu de mousse dessus ?  
Des riffs tantôt black typique (comme dit précédemment) succèdent à d’autres bien plus thrash, avec des accents dansants, à la limite d’un rock’n roll bien tapageur, avec des mélodies endiablées qui ne feraient pas tache dans une course poursuite ultra-violente d’un Mad Max des plus fulgurants et intense, comme dans le 4ème titre "Drowning in the Styx". Les bruxellois de Maleficence, même si ils viennent régulièrement à presser une allure déjà impressionnante à une vitesse supérieure, parviennent avec un type de cadence très particulière, entre le dansant, l’ultra-efficace et le hargneux, à éviter le thrash cliché ou inversement son homologue plus sombre, et instaurant une recette peu (voire pas du tout) utilisée autre part, et se constituer une patte bien reconnaissable, qui m’a complètement persuadé.  
Un autre très bon point pour le groupe est sa capacité à savoir surprendre son auditeur d’un morceau à l’autre (sans non plus passer du coq à l’âne), si les thématiques et l’ambiance restent alignées, chaque titre voit apparaître une subtile et toujours savoureuse variation, la batterie ne bâcle pas son travail et sait décliner habilement ses rythmiques, dans une perspective toujours uniforme, tous mes compliments à la guitare et au chanteur, tous deux s’avisant sagement de ne pas occuper toute l'avant-scène en permanence, et de se retirer parfois, pour laisser le morceau s’aérer. Pas un seul fois je ne me suis ennuyé, c’est une démo de 17 minutes me direz-vous, mais il m’est déjà arrivé de l’être après une ou deux seulement pour d'autres cas, j’en félicite autant Maleficence
Même si le groupe trébuche parfois sur son indécision face au ton final de son album, il restitue en général un fondu plutôt harmonieux entre thrash et black, malgré sa cohésion un rien fluctuante. Un peu plus de confiance pour la formation y remédiera sans doute, et c’est impatiemment que j’attends l’éclatant (l’espère t-on tout du moins !) album longe durée à venir prochainement.  







- Pestifer


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jeudi 7 mai 2015

VERMÖRD - Dawn Of The Black Harvest

VERMÖRD


Dawn Of The Black Harvest





Blackened death metal
Date de sortie: 14 avril 2015
Label: Grimoire Records


Tracklist:
1. Disciples Of Shakhbûrz
2. Plagued Eyes From The Scrolls Of Xafmirtas
3. Ophite Cultus Satanas
4. Encrimsoned Baptism
5. Derodidymus
6. Dark Harvest







Si Baltimore, Maryland fait l'actualité en ce moment, pour nous autres avides de violence (uniquement) sonore c'est surtout l'endroit où se déroule le plus grand festival de metal extrême d'Amérique du Nord, le Maryland Death Fest. Mais c'est aussi et surtout dans le cas qui nous intéresse là que se situe le QG d'un label dont on vous a déjà parlé à 2 reprises pour Barbelith (au passage l'édition vinyle est en précommande depuis quelques jours) et Wrought Iron. Je débutais d'ailleurs ma chronique de ces derniers en vous disant que nous n'avions certainement pas fini de vous parler de Grimoire Records. Preuve est faite avec Vermörd.

Peu de labels, du moins, à ma connaissance s'investissent autant. Offrir un accompagnement complet à ses protégés depuis les détails de l'artwork jusqu'à l'enregistrement à moindre coût puisque réalisé bien souvent directement dans la salle de répèt des groupes et en condition live, endroit où les musiciens sont à même d'offrir les meilleures performances, la marque de fabrique de son créateur et résultat, les productions de Grimoire Records sonnent de façon directe, spontanée et très vivante et font l'effet de véritables coups de massue.
Depuis ma première rencontre avec Grimoire Records, je suis désormais leurs sorties de très près et c'est ainsi que je découvrais Vermörd il y a quelques mois au travers du premier morceau diffusé "Derodidymus" qui me laissa littéralement subjugué par tant de férocité. Le morceau est brutal, rapide, agressif et rien ne semble pouvoir calmer ce monstre à la force implacable, un choix judicieux pour une avant-première s'il en est puisque les amateurs de black metal tranchant et les fans de gros death bourrins y trouveront tous leur compte. Restait à savoir comment sonnerait le reste de l'album, désormais hautement anticipé. Et ben mes aïeux, point de déception! Quelle rage incroyable, que de violence. Du haut de ses 20 minutes, Dawn Of The Black Harvest est éprouvant. Il peut bien débuter par une introduction type dungeon synth, la suite est une véritable débauche de riffs ardents et enragés, d'énormes percussions véloces et bouillonnantes, un parfait mix entre black et death donc mais dans leurs expressions les plus virulentes, les plus hystériques. 
Dawn Of The Black Harvest est tout simplement imprévisible car si les musiciens sont loin d'être des manches, les structures des morceaux sont en plus assez complexes et peuvent passer sans prévenir d'un matraquage forcené à d'incisives et impétueuses sections black metal. Nous avons donc affaire à un groupe dont le carnage musical ne se limite pas à l'attaque frontale pure et simple mais passe aussi par un développement tentaculaire de ses intentions malsaines. Cet album suinte la malveillance de toutes ses notes et ce n'est pas la performance vocale de leur chanteur qui me contredira. Que ce soient ses grognements death ou ses cris hargneux, il émane de sa voix une haine profonde qui participe grandement à l'impact général de l'album, alimentant son atmosphère noire et corrosive.
"Dark Harvest" clôture l'album de fort belle manière en présentant sans doute la facette la plus sombre du groupe sur une progression plus lente de dissonnances lancinantes et plus épiques. C'est sur ce final que les influences black metal de Vermörd se ressentent le plus et l'on se dit alors que le groupe n'a pas encore abattu toutes ses cartes.

Comme évoqué plus haut, l'album a été enregistré dans les conditions du live, ce qui lui offre de surcroît une incroyable dynamique. Le rendu est brûlant et d'une incroyable sauvagerie loin des surproductions trop propres et aseptisées que l'on retrouve quotidiennement.
En guise de conclusion, c'est en recherchant comme d'habitude quelques infos sur le groupe avant d'entamer cette chronique, que j'ai eu l'énorme surprise d'apprendre que ces musiciens sont très jeunes, de 16 à 19 ans pour être exact. Pour autant, Dawn Of The Black Harvest démontre chez Vermörd un talent de composition indéniable que j'aurais à cœur de voir évoluer au fil du temps car vraiment, une telle maturité artistique si jeune n'est pas un élément anodin. 
Dawn Of The Black Harvest n'est pas un album particulièrement original en soi mais, sorti en édition CD et cassette, toutes deux limitées à 100 exemplaires, il offrira un défouloir d'une grande qualité aux amateurs en mal de sensations fortes.







mercredi 6 mai 2015

EXGENESIS - Aphotic Veil

EXGENESIS


Aphotic Veil





Doom / death atmosphérique
Date de sortie: 25 janvier 2015
Label: Naturmacht Productions / Rain Without End Records


Tracklist:
1. Cloudburst
2. Concrematio
3. Aphotic
4. Futile Horizon
5. Noctua







Presque 10000 kilomètres, c'est la distance qui sépare Jari Lindholm de Stockholm et Alejandro Lotero résidant à Medellin, Colombie. voici pourtant le fruit de leur travail commun, la magie d'internet c'est quand même quelque chose non? Mais plutôt que de nous lancer dans une analyse des moyens d'aujourd'hui, logistiques ou non, concentrons nous sur cet album qui justement, va en demander de la concentration! Le nom du groupe, le titre de l'album, l'artwork, tout était présent pour m'attirer et, comble du bonheur, tout est lié dans un ensemble énigmatique. 
Je m'explique et pour cela commençons par observer la pochette. Le hibou est depuis les plus anciennes civilisations associé à la nuit, la mort ou la mélancolie. Chez les Indiens d'Amérique du Nord, il offre aide et protection. Mais plus intéressant, il symbolise également l'intelligence et la réflexion, la sagesse et la connaissance chez les Egyptiens.
Le 3ème oeil, un autre emprunt à la mythologie ou à l'ésotérisme, est sensé voir au-delà des yeux physiques, menant à une profonde connaissance de soi (ou à diverses spéculations hasardeuses en rapport avec les expériences de mort imminente...)
D'après la biographie du groupe, Exgenesis désigne ce qui n'est visible que par des êtres mystiques, au delà de la matière. Concernant le titre de l'album, une brève recherche m'apprend que la zone aphotique est une zone sous-marine où la lumière naturelle est nulle. "Sous le voile aphotique, Noctua vous donne les moyens de voir plus loin et de se lancer dans un voyage de chaos cosmique." Suivons donc avec plaisir Noctua (le nom supposé du hibou...?) dans cette introspection qui promet d'être fascinante.

Construit sur une base doom / death atmosphérique que ne renierait pas Swallow The Sun ou le Paradise Lost des débuts, Aphotic Veil combine habilement riffs imposants et mélodies sombres, mélancoliques et pourtant triomphantes, s'élevant bien au dessus de la voix sourde et désespérée d'Alejandro et la section rythmique grondante comme des coups de tonnerre. Le travail sur les guitares est clairement l'une des forces majeures de cet album. Si les standards du doom / death sont respectés à la lettre et ne sont pas ce qu'il y a de plus original, tout en lourdeur, mid-tempo et accordage au plus bas, Jari maîtrise parfaitement son sujet, se l'approprie même en y ajoutant une touche personnelle via des parties plus agressives et rapides vis à vis du style pratiqué où les ambiances sont généralement plus feutrées. Non, un tel voyage ne peut se faire sans tumulte. Pour autant, si le thème résolument noir et insondable d'Aphotic Veil impose cette pesanteur écrasante et ces excès rage contrôlée, il ne manque pas de subtilité. Les leads de guitare, ponctuant régulièrement les trames principales des compositions sont d'une beauté sans faille, passionés et ajoutent un effet de clair-obscur, une mise en relief des recoins les plus secrets et crépusculaires. Ce voyage n'en devient que plus intrigant car alors qu'enfin rentré dans cette zone aphotique à mille lieux du visible, alors que nous sentons tout le poids de ces connaissances insondables, notre guide nous propulse vers des hauteurs tout aussi impénétrables. Le tout s'enrichit parfois d'une douce guitare acoustique ou de claviers discrets mais majestueux. Ces moments d'apaisement musical sont également une pause émotionnelle relaxante et bienvenue invitant plus au rêve ou à la nostalgie.
Parlons maintenant du chant. Je n'irais pas par quatre chemins, Alejandro est une révélation. Sa performance vocale, principalement dans le registre guttural du doom / death mais ponctuée de hurlements effleurant le black metal et aussi d'un chant clair aérien est une franche réussite et contribue grandement à construire le son d'Exgenesis. J'apprend par le biais de cette chronique qu'il est également membre du groupe Antithesis dont je ne manquerais pas de suivre l'actualité.

En même pas une demi-heure, Exgenesis parvient à créer, au delà de ses atmosphères nébuleuses, une musique épique d'une densité et d'une profondeur rarement égalées. Ces contrastes d'ombre et de lumière, de puissance et de beauté mélancolique font d'Aphotic Veil un premier effort des plus intéressants que son concept, travaillé dans les moindres détails et l'unicité de ce dernier avec la musique du duo rendent absolument captivant.

Version digipack limitée à 300 exemplaires disponible sur la page bandcamp du groupe et celle de Naturmacht Productions. 









WORLD PAINTED BLOOD #5




Depuis janvier que je n'avais pas alimenté cette rubrique et étant maintenant moi et mes collaborateurs, totalement concentrés sur les sorties de cette année, il est temps d'une petite actualisation. Ou plutôt d'un retour en arrière. Les quelques prochains posts de cette rubrique (et j'essaierais d'en rédiger plus souvent, ne serait-ce que par respect pour ces groupes qui m'ont accompagnés un temps) seront en effet l'occasion de revenir sur quelques uns des albums que j'aurais aimé avoir le temps de chroniquer l'année passée, ce que je n'ai pas fait par manque de temps.



AFRIQUE
CRESCENT (Egypte)
Pyramid Slaves
Date de sortie: 15 avril 2014
Label: Indépendant
Rendons à Cés... Aux pharaons ce qui leur appartient. Qui serait mieux placé que des Égyptiens pour prariquer de l'egyptian death metal, style rendu populaire par des formations américaines ou allemandes? Voilà justement Crescent qui depuis Le Caire nous renvoit avec talent à cette époque mythique et mystique. Épique et mélodique, ce Pyramid Slaves est fascinant aussi bien par sa musique que par ses textes emplis de mythologie. 






AMERIQUE DU NORD
AUTOCATALYTICA (USA)
Autocatalytica
Date de sortie: 28 juin 2014
Label: Indépendant
Attention OVNI. C'est une honte de ne pas avoir pris le temps d'écrire une chronique complète pour cet album. Il y a tant à dire... Autocatalytica vient tout simplement d'inventer le "madness metal" soit un gros bordel organisé, violent, groovy, technique, déjanté, progressif... Et puis merde, collez tous les adjectifs que vous voudrez. L'album le plus mentalement instable qu'il m'ait été donné d'écouter depuis bien longtemps. 





AMERIQUE DU SUD
HORNCROWNED (Colombie)
Defanatus (Diabolus Adventus)
Date de sortie: 1er décembre 2014
Label: Ketzer Records
Fatigué d'entendre toujours les mêmes jérémiades de la scène d'aujourd'hui (post-black metal, sans déconner pourquoi pas black pop hein?), tu souhaites revenir aux fondamentaux du black metal. Bien, prend toi ce bon gros fistfucking avec le brassard clouté offert par la maison. Brutal, rapide, glacial, point. Alors ça n'invente rien, mais vraiment rien du tout. Mais bordel, ça fait du bien de pisser dans le bénitier à l'ancienne de temps en temps. 






ASIE
DAARCHLEA (Malaysie)
Suns
Date de sortie: 27 août 2014
Label: Indépendant
Blackened death metal + symphonique + core + folklore malaysien. Moi non plus je n'y croyais pas et pourtant, force est de reconnaître que les Kuala Lumpuriens (si si, c'est comme ça qu'on dit, j'ai vérifié!) ont mis le paquet. Le rendu est dense, puissant et subtil à la fois avec en prime une réflexion intéressante sur la religion, la création et le jugement dernier du point de vue de l'islam. L'album aurait certes gagné à être un peu plus long (30 minutes pour 10 morceaux ça fait léger) mais cette entrée en matière, personnelle et originale me fait d'ors et déjà attendre la suite. J'espère juste que le groupe ajoutera un peu plus de cette touche exotique qui les démarque tant.   En écoute ici!




EUROPE
FLUISTERAARS (Pays Bas)
Dromers
Date de sortie: 28 janvier 2014
Label: Eisenwald Tonschmiede
De longs riffs qui s'étirent et se répètent inlassablement, de la mélodie un brin folk mais pas trop rapppelant les anciennes gloires nordiques du black metal, une guitare au tranchant éffilé comme une lame de rasoir... C'est simple et cinglant mais une beauté bien plus complexe et étrange se révèlera au fil des écoutes. Une bouffée d'air frais qui a quelque chose de familier et presque relaxant mais qui reste difficilement identifiable. Peut-être est-ce le néerlandais employé pour les textes? Le prochain album attendu pour cette année nous en dira sûrement plus et s'il est du niveau de ce Dromers, nul doute que les Chuchoteurs n'ont pas fini de me faire rêver (Dromers en VO).  En écoute ici!




OCEANIE
SUL AD ASTRAL (Nouvelle Zélande)
Afterglow
Date de sortie: 20 mai 2014
Label: Indépendant
Il se trouve que du bon post-black metal, il y en a, quand même. Et quand on on tombe sur un groupe de la qualité de Sul Ad Astal, on oublie bien vite toutes ces mélodies insipides et faussement émotionnelles tout juste bonnes pour le hipster moyen. Le duo Néo Zélandais parvient ici à se démarquer de ses premières influences (citons Alcest ou Lantlôs) par une approche beaucoup plus expérimentale. L'album forme un tout, qu'il est conseillé d'écouter d'une traite en évitant tout dérangement, pendant lequel vous serez parfois enveloppé de douces atmosphères éthérées mais aussi brutalement malmené par de violents passages complètement dingues. Sul Ad Astral fait parfaitement le pont entre un black metal agressif et avant gardiste et la vague blackgaze. Je ne sais pas si j'ai pris une grosse baffe ou si on m'a juste caressé la joue, déstabilisant. Son seul défaut, le chant clair qui ne plaira pas à tout le monde car assez particulier.           En écoute ici!









lundi 4 mai 2015

DEMONIC POSSESSOR - Porous Chambers

DEMONIC POSSESSOR


Porous Chambers





Sludge / Black metal
Date de sortie: 21 février 2015
Label: Hypaethral Records


Tracklist:
1. Ankle Deep
2. The Twisting Spires Of Impending Insurmountable Madness
3. Burrower
4. Hikikiomori
5. A Dignified Decay







Amateurs de vitesse, de technique époustouflante, d'artifices en tout genre, passez votre chemin. En provenance du Canada via le label Hypaethral Records, voici sans doute l'un des albums les plus noirs, les plus oppressants, les plus malsains que vous écouterez cette année. Né de la collaboration de membres de Orn, Gates et Vilipend, Demonic Possessor pratique en effet un sludge / black metal d'une extrême lenteur, lourd et poisseux au possible. Porous Chambers est le premier album de cette formation qui ne peut laisser indifférent. Que l'on ressente de l'admiration ou du dégoût, cet album vous entraînera dans un dédale répugnant, sale, terrifiant et vous êtes d'ors et déjà prévenus, il n'y aura pas de juste milieu.

J'ai déjà dit et je le redis ici, le visuel fait partie intégrante de l'album. C'est le premier élément avec lequel nous sommes en contact et celui-ci doit à la fois éveiller la curiosité et être en adéquation avec la musique. Grand amateur d'art horrifique, quel que soit le format, je n'ai pu qu'être intrigué par ce long couloir digne des pires cauchemars et ces mains spectrales prêtes à s'agripper au moindre inconscient assez fou pour y pénétrer.
Dès les premières notes de l'introduction, nous sommes alors enveloppés par une atmosphère étrange et menaçante, faite de sons terrifiants s'ajoutant les uns aux autres avec lenteur, rampant mais s'avançant inexorablement vers une proie qui ne peut que subir, peu à peu résignée au sort qui l'attend. Puis commence le premier gros morceau, "The Twisting Spires Of Impending Insurmountable Madness" et ses 11 minutes. Les sons artificiels laissent alors place à la lourdeur abyssale d'une rythmique marquant le pas d'une marche funèbre, à une guitare sépulcrale et à un chant empli de noirceur, écorché, désespéré autant que haineux prolongeant l'atroce et pénible avancée vers le bout de ce tunnel insondable. L'imminente et insurmontable folie annoncée approche à grands pas, Demonic Possessor serre l'étau peu à peu et raffermit son emprise, lentement, sûrement. Un cercle vicieux, plus l'on s'enfonce, plus l'on doit veiller à ne pas être happé par ces sons fantomatiques. L'auditeur n'est plus qu'une victime consentante. C'est ce moment précis que Demonic Possessor choisit pour prendre son auditeur à contre-pied en accélérant brutalement et nettement la cadence dans un déchaînement apocalyptique et halluciné avant de revenir tout aussi brusquement à cette rythmique douloureusement lente, délicieusement lancinante.
Vient ensuite "Burrower" qui est un nouvel instrumental drone / ambient. Ce n'est évidemment pas la partie la plus intéressante de l'album en ce qu'elle ne fait que poser les ambiances, entrecouper les 2 véritables morceaux et est, tout comme l'introduction et la conclusion de l'album, assez courte. Leur place n'est cependant pas à minimiser car elles participent non seulement à la variété de l'album mais aussi à installer ce sentiment d'oppression un peu plus profondément. 
"Hikikiomori" est un terme japonais désignant ce que l'on pourrait appeler chez nous une phobie sociale. Le morceau reprend la même formule que "The Twisting Spires Of Impending Insurmountable Madness" en l'étirant plus encore, jusqu'aux 15 minutes de metal noir et mortifère, jusqu'aux tréfonds d'un être en proie aux pires angoisses. Plus que jamais, le bout du chemin est proche et semble pourtant s'éloigner. Le down-tempo y est poussé à son paroxysme, l'atmosphère claustrophobique à son apogée, véhiculée par des dissonances rampantes en arrière plan et toujours ce martèlement rythmique, lourd et oppressant. Nous sommes une fois de plus surpris par l'accélération brutale quasi schizophrénique qui intervient au milieu du morceau, dans un registre presque noise avant de retomber de nouveau dans les méandres d'un sinistre funeral doom. 
Mais déjà les dernières notes de l'outro résonnent tel un amer constat. Cet horrible couloir n'a pas livré tous ses secrets aux courageux parvenus jusqu'ici. Chaque écoute est une redécouverte, une nouvelle chute vertigineuse dans les profondeurs abyssales de l'art noir des Canadiens. Porous Chambers, sublimé par une production caverneuse mettant bien évidemment en avant ses basses sismiques et ses atmosphères anxiogènes est un premier album particulièrement réussi. Je me pose cependant la question de savoir ce que Demonic Possessor pourra offrir dans le futur le risque étant de tourner en rond.

Pour information, cet album sort prochainement aux formats CD et LP (éditions limitées, attention!) mais est, comme de coutume chez Hypaethral Records, disponible en version digitale en "name your price" sur bandcamp.







SHATTERED - New Atlantis

SHATTERED


New Atlantis





Death metal technique
Date de sortie: 
Label: Indépendant


Tracklist:
1. Bipolar Disorder
2. Ignite The Dawnshard
3. Into The Shattering
4. Despite The Living
5. Ancient
6. The Fall Of Hyperion
7. Trapped In Everlasting Dreams
8. The Grid
9. The Orbits Around
10. Into Archadia
11. As Atlas Reached The Stars
12. Nereids
13. From Distant Shores
14. Amnesia







Mine de rien, on dirait que notre modeste blog prend de l'ampleur et fait son chemin, étape par étape. J'avoue, j'y trouve une certaine fierté. Mais au-delà de la satisfaction de mon ego de toute façon déjà surdimensionné, j'y trouve surtout beaucoup de plaisir car cela me permet de découvrir des groupes que je n'aurais probablement pas écouté par un autre biais. Récemment encore, nous recevions un message nous invitant à écouter New Atlantis, 1er album du groupe allemand Shattered.
Autant vous dire que leur biographie ne tiendra pas en 4 pages puisque le groupe s'est formé à Würzburg au printemps 2013 et que New Atlantis constitue son coup d'essai. Toujours est-il que nous retrouvons là des musiciens expérimentés ayant tous déjà joués dans diverses autres formations (Retaliation, Hateprison...) et que le groupe a su s'entourer de guests prestigieux, en l'occurrence Sven DeCaluwe d'Aborted et Christian Muenzner (Obscura, Necrophagist).

Il semblerait que Shattered ait trouvé l'équilibre parfait entre technique et mélodie. En effet, à aucun moment de l'album je ne me suis senti submergé d'un trop plein de notes, ce qui a plutôt tendance à me faire fuir. J'aime quand ça joue, pas quand il s'agit de démonstration sans âme. Bien au contraire, si les riffs sont ici évidemment techniques et les solos de haute volée, les mélodies restent groovy à souhait et surtout mémorables. On croirait presque par moments écouter un groupe issu de la scène de Goteborg (et c'est d'ailleurs flagrant sur "Nereids") ce qui est aussi très intéressant dans la mesure où ces groupes là ne développent pas particulièrement la technique pure comme peut le faire Shattered. Bien que parfois complexes, ces mélodies restent dans le crâne et cela vaut aussi pour la basse ce qui est suffisamment rare pour être souligné. D'ailleurs, rythmiquement, Shattered est un peu touche à tout et les changements de rythme sont non seulement nombreux mais aussi particulièrement bien amenés malgré la relative brièveté des morceaux. En effet, New Atlantis est composé de pas moins de 14 compositions, dont 2 instrumentaux, ce qui me paraissait beaucoup au départ. Seulement, en y regardant de plus près, on constate qu'aucun d'entre eux n'atteint les 5 minutes. L'album est donc finalement plutôt court et c'est quelque part un peu dommage car si 14 morceaux permettent une grande variété, il regorge d'idées qui je pense auraient méritées une exploitation plus poussée. Il fallait bien trouver un point faible, le voilà! Mais que cela n'entache pas l'écoute de ce New Atlantis car comme je le disais, il est très varié, piochant dans les registres du metal progressif ou du metal moderne au sens large grâce aux interventions rares mais efficaces de claviers et d'instruments acoustiques et on ne s'ennuie pas un seul instant.. Les morceaux défilent, chacun apportant de nouvelles idées à sa manière, parfois brutale et agressive, parfois plus atmosphérique jouant sur des sons d'ambiances calmes et planants, parfois mélodique et catchy. Michael Bachmann, le chanteur n'est d'ailleurs pas non plus le dernier à varier les plaisirs et offre lui aussi une prestation convaincante.

Si Shattered cite comme influences des groupes tels que The Faceless, Decrepit Birth, Vile, Origin, Psycroptic, Beyond Creation, Fallujah ou Spawn of Possession, je trouve néanmoins qu'il gagne à se démarquer de ceux-ci par une approche plus moderne et surtout par l'ombre du melodeath à la suédoise planant sur son oeuvre. Nous sommes vraiment ici dans l'entre deux, ni totalement un groupe de death technique même si certains passages sont vraiment impressionnant, ni totalement un groupe de death mélodique et je dois dire que cela fonctionne plutôt bien. Une bonne étiquette serait celle que le groupe se donne finalement lui même, même si celle-ci paraît un brin pompeuse, de "technical sir metal" et à eux d'ajouter: "agressif, brutal, progressif mais toujours accrocheur, Sir!"
Une bonne entrée en matière avec un 1er album prometteur donc. Il y a fort à parier que le groupe se défera des quelques petits défauts pas bien méchants que nous mettrons sur le compte de la jeunesse et atteindra une belle maturité qui leur fera transformer l'essai sur sa prochaine sortie. Il n'y a plus qu'une chose à dire: labels, qu'attendez-vous?










vendredi 1 mai 2015

EMBRACE OF THORNS - Darkness Impenetrable




EMBRACE OF THORNS

Darkness Impenetrable



Genre : death metal
Label : Nuclear War Now!
Date : 13 avril 2015


Tracklist :
1. Of Morbid Existentialism & Unholy Sorrow
2. Sons of Fire & Brimstone Levitate!
3. My Hermetic Quest for Thy Blackes
4. Darkness Impenetrable
5. Erect Bloodstained Totems
6. At the Antipodes of Chastity
7. I Die Therefore I Exist
8. Charon's Ride over Wasteland
9. Der grausame Aspekt der menschlichkeit
10. Aiwaz Arisen


Embrace of Thorns, formation déjà plutôt renommée, perpétue un ultime méfait ces temps-ci, avec son quatrième album, qui révèle une fois de plus une vision vertigineuse d'existentialisme, le tout étayé par un death metal noir et oppressant qui, on est bien forcé de l’admettre, finit par s’affilier malgré lui à ses racines, et inclure à son oeuvre d'autres genres, laconiquement tout du moins. Même si, comme déjà, c'est bien un quatrième opus d'une formation qui a déjà rodé les alentours, (je l'ai découverte avec leur deuxième album longue durée, Atonement Ritual, très convainquant), celle-ci ne s’embourbe toujours pas dans des eaux qui pourraient être risquées, et signe chez Nuclear War Now! label qui décidément enchaîne réussite sur réussite. Malgré les titres cérémonieux des morceaux, qui pourraient en refouler plus d’un, en laissant penser à un black death des plus communs, vu et revu, le contenu est cependant bien plus croustillant que le contenant ne le suggère.
La formation fait se succéder divers styles, même si elle signe toujours ses morceaux avec des conclusion typiquement death, en une mixture qui enchaîne un ton après l’autre avec des parties de liaisons foutrement bien ficelées. Tantôt death metal couillu comme déjà dit, avec des riffs gutturaux et inexorables, thrash black particulièrement hargneux, avec ses lignes de guitares et de batterie au tempo infernal et soutenu avec un zèle rageur et constant, et surplombées par des hurlements stridents et suraigus, aux limite du larsen, comme dans le savoureux deuxième titre de l’album déjà, parce que ces gars-là ne joue pas dans la patience et le progressif, « Sons of Fire & Brimstone Levitate! » qui, après une pesante intro, passe soudainement à ces riffs précédemment décrits. Doom même, dans certains morceaux, où le tempo auparavant fulgurant s’apaise grandement, des mélodies mélancoliques, très lentes et déchirantes intervenants, et une voix d’arrière-plan très claire qui fait sonner ses longues plaintes pleines de remords, ces parties vont judicieusement aérer l'album, qui serait sans doute étouffant autrement. "Darkness Impenetrable", titre éponyme de l'album, est le meilleur résumé de ce dernier d’ailleurs, car il voit défiler en son sein tout les genres que le groupe a choisi de synthétiser dans son oeuvre.
Si l’album d’Embrace of Thorns commence par un bout plus intéressant par la possible analyse de sa structure, etc, et semble moins verser dans l’efficacité, la deuxième partie de l’album achèvera de convaincre les auditeurs récalcitrants, avec les assauts guerriers et martiaux des rythmiques de la batterie, l’époustouflant guitariste (au nom d’ailleurs bien pompeux) Herald of Demonic Pestilence, tonnant ses graves roulants et oblitérants tout sur leur passage, et les bramements agressifs et saisissants de Archfiend Devilpig, le chanteur (au nom tout aussi éloquent). 
Darkness Impenetrable, à l’image de son nom, engloutira son auditeur dans une nuée noire et grondante, se resserrant peu à peu autour de son infortunée victime, avec l’enthousiasme infatigable et endiablé de ses morceaux, son ambiance occulte, bouillonnante et oppressante. Et tout cela sans se disperser pour autant, car la formation revient régulièrement à ses enjeux et son ton principal, c’est une oeuvre, si construite pat un bout de ci et un autre de ça, sait rester cohérente, et confirmer la savoureuse patte de cette formation, que je ne lâcherai pas de si tôt. Et c’est ici qu’il faut savoir saluer Embrace of Thorns, de pouvoir livrer un album virtuose, construit par plusieurs mélanges différents, et accouchant d’une oeuvre, qui par son ton global, relève un défi particulièrement audacieux, et en triomphe humblement avec son fougueux et prenant quatrième opus. À votre jugement, lors de l’écoute de Darkness Impenetrable, qui je le dis encore une fois, est une prouesse musicale, autant par ses enjeux que son excellent résultat.








- Pestifer