jeudi 21 juillet 2016

COSCRADH - Coscradh



COSCRADH


- Coscradh








Genre :  Black/death
Label : Invictus
Date : 29 Juillet 2016


Tracklist :
1. Buried
2. Lynch
3. Drowned
4. Coscartac






     Après une (très) certaine absence, d’occupations et d’excuses bidons au service de ma flemme indécrottable, je me remets au service, avec un cadeau d’excuse qui n’en est pas des moindres (vous remarquerez ma tentative de rattrapage par la biais d’une sortie sur laquelle je n’ai aucune quelconque influence, mais que serait la tête si elle n’était pas sur le plateau d’argent, hein ?). Bref, voilà Coscradh, formation tout droit venue des terres pluvieuses et froides de l’Irlande, celle où l’on aboye de l’argot gaélique gratifié de crachats glaireux, et où bouillonne dans le coeur des hommes une fureur guerrière, inextricable de rancoeur et et de fougue. 
  Première démo éponyme du groupe, elle ne tergiverse point dans la timidité ou le doute. Toute la pièce est une grande tapisserie représentant un folkore irlandais crasseux et plein de mystères, sur laquelle les musiciens en colère badigeonnent à grands coups rageurs de pinceaux imbibés de sang, pour y peindre d’immondes figures archaïques et y inscire d’infâmes messages de mort à tout prétentieuse tentative de raffinement ou de futile subtilité de la part de l’espèce honnie et absurde des hommes. Face aux faibles innocents qu’ils rêvent de massacrer, pensée largement appuyée par les riffs vociférants et efficaces de guitare, des grognements bruts et gutturaux du chanteur, et de la cacophonie vengeresse de la batterie, pourtant au début de la démo simple cadence martiale ramassée, qui verse de plus en plus dans l’éxutoire incontrôlé, Coscradh se dresse en s’armant d’une toute désignée rancoeur et envie sanglante de massacre arbitraire, tout en fulgurance et en sauvagerie, pour, sans tenter d’expliquer rationnellement cette folie, chanter dans cette ode à la violence la misère des humains, impuissantes victimes de la mort, dans la plus incompréhensible et révélatrice des psychoses humaines. 
  Les artistes se révèlent d’ailleurs audacieux, en sortant des limites du black metal (qui suffirait sans doute à plus d’un) pour faire muter leur oeuvre, à force de houlis dans leurs accords noirs et vindicatifs, à la forme bien plus lourde et pesante du death metal. Procédé qui met d’ailleurs en évidence, sous une lumière très intéressante, le lien logique des thématiques des deux genres, à savoir la violence et la rage, au service de l’ultime absolu de la mort, l’un allant de pair avec l’autre. Sans clamer une originalité folle puisque ce genre de mélange est très (très) largement répandu, les musiciens de Coscradh se dénotent par leur habilité à justifier cet amalgame (plutôt que d’y opter par simple choix artistique un peu hasardeux ou par conformisme des parutions actuelles de ce genres) avec des arguments facilement perceptibles au travers de leur riffing de violence monocorde, ne laissant aucun répit à l’auditeur, aucun silence. Les percussions qui ressemble de près à un tabassage en règle des fûts, le fond presque bruiteux fourni par la guitare rythmique, complexifié par des mélodies tarabiscotées et suraiguës (qui ne sont pas sans rappeler certains solos de Morbid Angel à ses débuts, des titres comme « Chapel of Ghoul » notamment), à la rapidité hallucinante d’une guitare harmonique hyperactive, le tout surplombé par les exhortations guerrières du vocaliste, donnent l’impression d’une plongée toujours plus profonde dans une tornade de violence et de rage. Toute l’oeuvre est construite par échelon de gravité et de violence, formant dans son ensemble une ovation toujours plus grandissante et contagieuse pour pousser son auditeur à la transe guerrière irrésistible, où tout est placé en-dessous du portrait hideux de la mort, sépulcrale et immuable. 
     Si le format est sans doute un peu court pour que la formation se dévoile dans tout son potentiel (et puisse être jugée par la suite), c’est un premier pas déjà très encourageant et mature de la part des musiciens, qui osent et réussissent là où les uns se perdent dans une symétrie insipide et facile des canons du genre, et les autres trébuchent, se perdant dans des concepts qui recherchent tellement l’originalité qu’ils en deviennent farfelus sans justification artistique qui tienne la route derrière. Un coup tout pile à l’endroit où il faut que ça bouge et qui, je dois le reconnaître, conquiert dès la première écoute. 

mardi 12 juillet 2016

INTERVIEW - N.K.R.T





Entrevue avec Frater Stéphane, démiurge de N.K.R.T, cérémonie noire aux multiples facettes, originaire de Rouen. Je suis donc aller quérir des informations sur cette musique obscure, empreinte d'un Black Metal vidé de ses instruments classiques et emplie de spiritualité.


I. Tout d'abord, pourriez vous présenter et décrire l'entité qu'est N.K.R.T ? Quelles sont ses aspirations, ses origines ?

Frater Stéphane : J'ai évolué sous les avatars "Nekurat" puis "Frater Stéphane" au sein du milieu Black metal en jouant dans les groupes Alienchrist, Hyadningar et plus tard Sordide. Au fil du temps, il m'a été de plus en plus difficile de trouver l'inspiration par le biais de la formule instrumentale du Black metal, j'étais obsédé par l'envie de prolonger ce style en en matérialisant ma propre vision. J'ai fondé Mhönos - d'abord comme un projet unipersonnel avant de le fusionner en une formation de cinq, six puis sept musiciens - afin de chercher dans des compositions débarrassées de la batterie et des guitares la transe rituelle et noire que je fantasmais. Au bout de plusieurs années, je suis perdu à travers l'organisation fastidieuse et des individualités de la formation. Je n'arrivais plus à créer. J'ai alors tout abandonné pour rejouer seul et retrouver les éléments Black metal et rituels que j'avais perdus mais - chose que je n'avais pas anticipé lorsque Mhönos était un projet solo - en pensant ma musique de façon à pouvoir la jouer seul en concert et en poussant l'épuration instrumentale un peu plus loin.
     Les origines de N.K.R.T sont à chercher dans le Black metal des années 1990, les musiques rituelles tibétaines ou la liturgie grégorienne. L'aspiration de N.K.R.T est donc de proposer un style directement issu du Black metal mais débarrassé des instruments issus du rock tels que la basse, la guitare, la batterie, pour focaliser sur la noirceur et la transe. La musique est majoritairement vocale et accompagnée par des instruments fabriqués à partir d'ossements, de pierres, de bois, d'argile, ainsi que par quelques instruments tibétains. A l'instar de Mhönos, le latin reste l'unique langue utilisée.


II. J'aimerais m'attarder un peu sur l'aspect sacré qui se dégage de la musique de N.K.R.T. Il y a t-il une obédience particulière derrière ou est-ce le fait d'une spiritualité plus personnelle ? Pourquoi l'usage spécifique du latin ? C'est une langue qu'on aurait tendance à associer à une culture plutôt occidentale et pourtant le voila mêlée à des instruments tibétains.

Frater Stéphane : Il n'y a pas d'obédience particulière si ce n'est à la solitude et à l'isolement. Les textes sont des incantations appelant à la libération des tentations de l'ego et à l'acceptation de la vacuité en tant que seule vérité acceptable.
     L'usage du latin est motivé par le fait que la musique de N.K.R.T ne relève pas de la "chanson". En premier lieu et bien que les textes soient tous soigneusement écrits, la musique doit primer sur le message. Cet usage est aussi lié à la réserve et à la discrétion qui sont indissociables pour moi de N.K.R.T. L'usage d'une langue morte s'inscrit dans une vision globale qui consiste à jouer dans la quasi pénombre et le visage dissimulé. Le côté extatique de la musique doit primer sur l'individu qui ne doit jamais être mis en avant au risque de détourner le côté transcendantal en l'amenant vers un culte fantasmé de l'ego. Enfin, le latin, bien que langue morte, n'est pas un langage inconnu ou inventé. Les textes sont intelligibles si on passe par la traduction. L'association de cette langue avec les instruments tibétains, aztèques ou fabriqués par mes soins me paraît naturelle car elle véhicule un message universel : Scio me nihil scire « Je sais que je ne sais rien. »


III. N.K.R.T a performé sur scène déjà plusieurs fois, quels sont les retours ? Votre musique s'apparente à une cérémonie, sa vocation est-elle donc d'être jouée sur scène ? D'être vécue ? Le résultat obtenu vous satisfait-il ? J'imagine que cela doit être une musique assez difficile à mettre en place.

Frater Stéphane : Les retours sont très mitigés, allant du très élogieux à l'incompréhension totale. J'ai joué quelquefois parmi des groupes dont le public ne soupçonnait même pas l'existence d'une telle musique et terminé certains concert devant des salles presque vides mais je reste très satisfait car partager un concert avec quelques spectateurs est pour moi une chose formidable tant l'échange est palpable et sincère.
     La musique est en effet construite autour une ossature très rituelle et cérémonielle. Sa vocation est clairement d'être jouée sur scène et les enregistrements se font à la façon d'un concert en solitaire, de façon "live". Lorsque je me plonge dans le rituel de N.K.R.T, je laisse la musique m'envahir et me transporter presque au dessus de mon corps. Le résultat obtenu est une catharsis, une thérapie. Je suis plus que simplement satisfait car cette pratique est devenu au fil du temps nécessaire à on équilibre.
Sa mise en place est en revanche assez aisée en comparaison d'un travail de groupe car sa pratique exclusivement unipersonnelle - en dehors des collaborations occasionnelles - m'a permis de ne plus être tibutaire de l'organisation liée à la pratique collective et n'étant tributaire que de moi-même, de travailler énormément et facilement.



IV. A propos de la construction musicale, je suis  curieux de savoir comment composez vous une telle musique ? Est-ce par exemple une musique écrite au sens classique ? Nous avons déjà abordé  ce qui pourrait être des influences, mais il y a-t-il des sources d'inspirations particulières ?

Frater Stéphane : La musique est construite autour d'une trame composée et ordonnée autour du texte chanté. Ensuite, en suivant les rythmes de la psalmodie, de la narration et la durée élastique des quelques parties instrumentales, l'interprétation varie au fil des concerts. Je pense que c'est ainsi que la musique reste vivante.
     Il y a comme pour tout des sources d'inspiration particulières. J'ai été très marqué par un concert d'Attila Csihar avec son projet solo Void Ov Voices et par des concerts des moines tibétains de l'école de Gyutö aux quels j'ai assisté. Les albums Filosofem de Burzum et Pornography de The Cure ont façonné ma personnalité et ressortent forcément _ même de façon infime - à travers la musique de N.K.R.T. J'ai également été très influencé par un groupe de ma ville - Rouen - et que je considère comme l'un des plus brillants qui soient : ROSA CRUX. Ma ville qui est une cité à la fois très gothique et très industrielle exerce aussi une influence considérable sur ma façon de voir les choses. J'ai oublié de citer Abruptum qui est un des groupes qui a pour moi remis beaucoup de choses en question musicalement.


V. A l'heure de la musique numérique, pourquoi ces instruments atypiques tels qu'entre autres les os et les pierres ? Qu'associez vous personnellement à ces instruments organiques, là où bien d'autres se servent de synthétiseurs ?

Frater Stéphane : Jouer de la musique avec des matériaux naturels m'a toujours beaucoup attiré. Je les associe naturellement à la voix qui est l'essence même de la musique organique. Souffler dans des os ou les percuter par exemple, ça a quelque chose de très primitif, presque chamanique. C'est inhérent à la quête de la transe au travers de la pratique de la musique. J'utilise toutefois des pédales d'effets tout en veillant à me limiter à l'analogique.



VI. J'aimerais me pencher un peu plus sur « Niger Ritus », qui est récemment sorti en cassette chez Tour de Garde. Comment pourriez vous le décrire ? Quelles sont les clefs permettant d'appréhender cette œuvre en particulier ? En surface une musique comme la votre peut sembler très opaque et les différences entre les pièces et œuvres peuvent sembler obscures au profane.

Frater Stéphane : Niger Ritus est une captation réalisée dans l'intimité de ce que je propose en concert. Cet enregistrement est construit comme un triptyque qui illustrerait un cheminement de la lumière vers les ténèbres, mis en musique par une progression des chants clairs et psalmodiés vers le chaos des vocaux hurlés, accompagnée par les ajouts successifs des instruments.
     Pour aborder la pièce, je pense qu'il faut laisser de côté toutes les attentes liées aux codes habituels des musiques extrêmes et prendre le temps de l'écouter d'une traite. La progression dans la noirceur peut paraître obscure et chargée compte tenu de la densification des couches vocales et instrumentales. Je pense et j'espère qu'elle mérite plusieurs écoutes pour réussir à s'y immiscer et à s'en imprégner.



VII. Vous l'avez dit, vous avez longtemps été un acteur de la scène Black Metal française (Hyadningar, Alienchrist et Sordide entre autres) mais depuis quelques années, vous semblez vous être tourné d'avantage vers d'autres horizons avec des groupes comme Mhönos ou l'excellent Spleen XXX. N.K.R.T semble faire la jonction de ces deux univers, ce projet est-il une continuité, une évolution de votre Black Metal, de votre musique ? Vous disiez vouloir vous débarrasser des instruments hérités du Rock. Les perceviez-vous comme une limite dans l'expression de votre art ? Comptez-vous tout de même refaire partie d'un projet Black Metal plus classique ?

Frater Stéphane : J'ai retrouvé au travers de N.K.R.T la liberté et l'entrain que je ressentais lorsque j'avais enregistré le premier album de Mhönos, Miserere Nostri. Pour moi, ce projet est la continuité directe de cet album et effectivement une évolution de "mon" Black metal. Les choses sont un peu différentes pour Spleen XXX qui est un duo et qui évolue dans une esthétique complètement cold wave/ post punk.
     Je ne considère pas les instruments traditionnels comme des limites mais j'ai cette velléité peut-être déplacée de ne pas m'inscrire dans un style déjà existant avec N.K.R.T. En 2014, j'avais composé et joué en concert un très long morceau basé sur l'emploi de la guitare, de la voix et d'une boite à rythmes mais je n'en étais pas satisfait. J'ai tout abandonné pour me lancer dans la recherche de nouvelles sonorités.Je pratique toutefois toujours le black metal de façon classique au sein d'un duo très "orthodoxe" qui s'appelle Mythrim et dont Tour de Garde a également sorti un enregistrement mais nous ne comptons pas jouer en concert.


IX. Une question peut-être un peu plus légère. Il y a-t-il des projets/personnes, metal ou non, avec qui vous aimeriez partager une affiche ? Ou une collaboration que vous désireriez ? Je pense par exemple à des unions telles que Sunn et Attila Csihar, que vous avez déjà cité.

Frater Stéphane : J'ai très récemment eu le plaisir de collaborer avec une artiste très talentueuse qui habite la même ville que moi dont j'admire le projet "Clairière" que je vous invite à écouter. Cette collaboration a été enregistrée et sortira bientôt sur son propre label, Convulsion Solaire.
J'aimerais aussi collaborer avec des musiciens venant de traditions musicales extra-européennes.
Des collaborations avec des entités ou personnes incroyablement brillantes que Sunn ou Attila Csihar relèvent du rêve pour moi car je m'imagine plutôt comme un spectateur ébahi devant leurs prestations mais effectivement, elles me raviraient.


X. Et pour finir, Qu'envisagez-vous ou qu'espérez vous comme suite et avenir à N.K.R.T ?

Frater Stéphane : A l'avenir, j''espère continuer à trouver des endroits et des organisations de concerts qui apprécient N.K.R.T et souhaitent me faire jouer. La suite que j'espère le plus, c'est de continuer à m'épanouir autant au sein de cette pratique musicale



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dimanche 26 juin 2016

EUTHANIZED - EUTHANIZED






Euthanized


Euthanized






Genre : Raw Black Metal
Label : Indépendant
Date de sortie : 1er Juin 2016

Tracklist :
1. Tunica Molesta
2. From Beyond a Shallow Grave
3. Confronting the Absurd
4. Chained to Stone
5. A Troll for the Wretched






Ça faisait quelque temps maintenant que je n'étais pas tombé sur une bonne démo de Raw Black avec un son bien crade. Le plus souvent, c'est simplement juste un artifice cache misère pour des musiciens médiocres et une composition éculée. Si actuellement, il semblerait qu'aimer le low-fi Black fasse passer pour un kéké beauf trvekvlt, il me semble important de rappeler que beaucoup des grand noms ont commencé avec d'excellentes Démo de ce type. Ce qui me permet avec cette habile transition, de parler des ressemblances de ce groupe avec les tout premiers Mayhem et surtout avec Hellhammer, la composition et la malignité dégagée au travers des pièces de Euthanized me rappelle ce qu'on peut entendre dans ces deux formations. Ce trio canadien sort sa première démo, pleine de haine, de rage et de violence. Aux nostalgiques, les débuts du Black ne sont pas loin.

Dès le premier morceau Euthanized pose un groove possédé n'ayant rien à envier aux suisses d'autrefois, la prod' grésille et la batterie claque comme si elle jouait à côté de toi. Blacklung au chant donne tout ce qu'il a dans les tripes et même si ce n'est pas toujours très varié, force est de constater que les tripes sont là, c'est d'ailleurs un commentaire que l'on pourrait appliquer à l'ensemble de cette démo. C'est direct, viscéral et haineux, pas besoin de passer par quatre chemins quand on veut aller directement à l'essentiel. Et ça, les canadiens l'ont bien compris, pas de fioritures, simplement une agressivité musicale primaire mais diablement jouissive. Qui dit Raw Black dit bien souvent une part de Punk derrière et Euthanized ne déroge pas à la règle. Cela induit donc un groove violent et une flopée de riffs ultra neckbreaker sans pour autant tomber dans la redondance, le tout porté par la haine du Black Metal. Avec ses guitares très typées début 90, Euthanized ne tape pas vraiment dans l'originalité mais tape dur, les mélodies sont basiques mais efficaces, il y a de bonnes idées de rythmique prometteuses pour du live, une énergie folle et une agressivité non feinte. Le jeu de batterie y est pour quelque chose, puissant, venant poser un rythme très punk.
Je vais peut-être dire un gros mot, mais cette démo transpire l’authentique, si certes on pourrait lui reprocher sa production et certaines imprécisions, difficile de nier sa sincérité. Cette démo éponyme n'est pas mémorable et ne révolutionne rien, mais elle a une virulence et une énergie sauvage très prenante sur sa vingtaine de minutes. De sa prod' à ses riffs, tout fleure bon le Old School fait maison sans non plus sentir le réchauffé. Contrairement à ce qu'on pourrait attendre après une telle débauche d'énergie et un départ sur les chapeaux de roues, Euthanized ne s'essouffle pas et sait diversifier ses mélodie et son jeu sans perdre en virulence.

Cette première démo éponyme pourrait faire partie de toutes celles que l'on voit passer sans s'en souvenir, pourtant celle-ci se démarque du lot et à su me plaire grâce à sa fougue. C'est vraiment par son côté sincère et sa violence, sublimé par une production bien crade qui fait toujours son p'tit effet, qu'Euthanized fait la différence. Si on rajoute à cela un coté très HellHammer sans tomber dans le pâle copie, le résultat est bon, pas exceptionnel et loin d'être novateur, mais bon et c'est ce qui compte. Typiquement le genre de sortie qui passe inaperçue et qui pourtant est tout à fait capable de trouver son public.

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samedi 4 juin 2016

DØDKVLT - IV: YOU SOUGHT THE TRUTH ONLY TO FIND DEATH




Dødkvlt



 IV: You Sought the Truth Only to Find Death






Genre : Experimental Black Metal
Date de sortie : 14 Mai 2016

Tracklist :
1. Within the Chamber of Unheard Whispers
2. King of a Thousand Suns
3. As the Darkness Descends upon Us
4. Of Dust and Bones
5. Beyond the Halls of the Fleshless
6. This Is the End of All








      Pas facile de distinguer dans toute la bouillie de metal extrême venue de Scandinavie, le bon grain du mauvais tant on voit passer d'albums. La preuve en est qu'il aura fallu attendre le quatrième album de Dødkvlt pour avoir vent de l'existence de ce one-man-band finnois formé par Lord Theynian, également membre de l'excellent Barathrum et de MMD. Une quatrième œuvre complète, expérimentale et aboutie, semblant faire la synthèse des précédents albums. Explorant toutes les possibilités du Black Metal et voire même un peu plus loin, « IV: You Sought the Truth Only to Find Death » ose et réussit à poser de multiples ambiances toutes plus malignes les unes que les autres pour une heure d'un Black Metal de haute volée. 

      Dødkvlt brasse musicalement large bien que tous ces éléments servent un but commun, cette atmosphère morbide qui suinte de l'album. S'il me semble un peu moins expérimental que le précédent, IV use tout de même de nombreux artifices afin de poser ses ambiances sur toute sa durée. Une flopée de riffs et mélodies sont mises en place sur ces six morceaux parfois mélodiques parfois plus directs, mais aussi disparates soient-elles, chaque pièces s'emboîtent dans une mécanique que Lord Theynian a peaufiné au fur et mesure des albums. A la croisée des chemins entre le rituel, l’agression et le cauchemar, l'album joue sur plusieurs tableaux et ne semble échouer nul part. 
      Dès le premier riff le chaos rampe, l'ambiance de cet album est lourde et une pointe de Death Metal n'est souvent pas loin. La première pièce pose l'ambiance de ce que va être l'album entier, par un mid-tempo oppressant et une ambiance hallucinée qui ira crescendo tout au long de l'opus. Celle-ci est mise en place par les nombreux riffs, arpèges dissonantes, break implacables, tremolos incisifs. Les structures et l'agencement même de ces sonorités sont assez surprenant, les variations de mélodies sont fréquentes et Lord Theynian n'hésite pas à perdre son auditeur en brisant une ambiance pour une autre très différente. C'est la une grande force de l'album, là où d'habitude ces changements sont des erreurs maladroites, ici ils ne sont qu'un moyen maîtrisé de plaquer une ambiance générale sans repère, laissant libre cours à l'art noir et ses possibles. Cet aspect de structuration/destructuration n'est pas sans rappeler ce que peut faire Abigor, où l'auditeur est bringuebalé par le remous musicaux imposés. Adeptes du mono-riff et de l'easy-black, passez votre chemin ! Si je viens de citer Abigor, d'autres noms me viennent en tête à l'écoute de IV, tout d'abord certains riffs très Inquisition sont immanquables, il suffit d'écouter « Within the Chamber of Unheard Whispers » pour en avoir un parfait exemple. L'aspect de rituel sardonique et dissonant, ainsi que d'autres mélodies dégagées ici, sont surtout à rapprocher d'un Dødsengel. Mais au-delà de certaines accointances, Dødkvlt crée par sa richesse musicale son propre univers qui trouve son apogée dans sa fin avec cette pièce exceptionnelle qui vient conclure l'album. « This is the End of All » est un condensé de bonnes choses, ses premières minutes très Deathspell Omegesque, sa grande messe macabre, ses presque transes liturgiques, ses dissonances malignes, son passage progressif, son interlude quasi Jazz et une fin grandiloquente (qui n'est pas sans m'évoquer une BO zimmerienne). Ce dernier morceau est une apothéose, la conclusion parfaite pour cet album, il est l'aboutissement et l'assemblage de chaque élément qui a pu être introduit au sein des précédents morceaux. Un final qui tient en haleine pendant plus de vingt minutes sans jamais ne serait-ce que faire mine de s'essouffler. 
      Si nous avons déjà abordé le riffing, les autres instruments ne sont pas en reste, distillant ça et là de nombreux éléments de second écoute faisant beaucoup pour la qualité de cet album. Impossible de passer à côté de ces soli de basses entre deux riffs ou ces mélodies de second plans. Il en va de même pour la batterie, parfaitement dosée, se posant toujours juste pour sublimer une ambiance et son rythme, tantôt puissante, tantôt feutrée à l'image des ses instants les plus jazzy. Le chant est au même niveau que le reste, déclamant, mugissant ou vociférant. Lord Theynian fait montre d'une intelligence d'écriture et d'une maîtrise de chacun des instruments, aucun n'est laissé de côté. De cette maîtrise naît l'osmose qui permet à l'album ces changements brusques d'atmosphères qui malgré la surprise semble si facile pour Dødkvlt. De là découle l'impression d'avoir affaire non pas à un album découpé en plusieurs pièces mais un monstre à plusieurs visages, chacun ayant sa propre identité mais servant un tout compact plus grand et plus noir encore que lui. 

      Quelle claque ce « IV: You Sought the Truth Only to Find Death » ! Une heure d'un Black Metal bourré de variations, d'idées, de sous-mélodies au point qu'il faille à la fois le considérer comme un ensemble et à la fois le décortiquer pour en extraire toute sa saveur. Des samples à la guitare, tout est réussit et s'agence parfaitement malgré les structures complexes et différentes que l'album mets en place. Alliant le moderne et l'old school du Black Metal et de nombreux autres styles différents tel que le post-rock ou le jazz, Dødkvlt prend le risque de perdre son auditeur dans ses méandres mais quelle récompense pour le zélote averti. Je ne trouve aucun réel défaut à IV, bien que j'admet que sa complexité puisse en rebuter quelque uns. « IV: You Sought the Truth Only to Find Death » fut un album difficile à appréhender et à chroniquer due à sa flopée d'éléments mais il aurait été insensé de passer à côté car cet album est une pure merveille de Black Metal et de musique en générale. 

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samedi 21 mai 2016

PROCESSION OF HEADLESS ANGELS - Yer Universal Tombworld




Procession of Headless Angels


Yer Universal Tombworld






Genre : Black Metal
Label : Deadbangers
Date de sortie : 11 Avril 2016

Tracklist :
1. Yer Universal Tombworld
2. Skullflowers and Skullcrowns



      Formation regroupant cinq artistes aguerris de la scène danoise (on citera notamment Denial of God et Cerekloth), Procession of Headless Angels sort son premier EP, bien différent de ce que les cinq musiciens ont pu réaliser par le passé. Fait d'un Black Metal mélancolique et nostalgique, « Yer Universal Tombworld » prend au tripes et tente d'immerger, par son ambiance, l'auditeur dans les méandres de ses souvenirs. Si chacun est touché par des choses différentes, bien difficile ici de nier la qualité du groupe danois.


      Volontairement répétitive dans le but d'être hypnotique, la musique de Procession of Headless Angels arrive toutefois à éviter les écueils de la redondance très fréquente pour ce genre d'ambiance. Les riffs sont assez communs mais les arrangements autour et la voix de Thomas Bøjden, lourde d'émotion, viennent créer cette atmosphère particulière d'introspection et de regrets sans jamais forcer l'auditeur à rentrer dedans et sans en faire des tonnes. On évite ainsi le Black larmoyant pour faire place à un spleen plus élégant. Simple mais pas simpliste, ce premier EP dégage quelque chose de sincère et de touchant dans sa musique. Comme dit précédemment, les riffs sont communs et malgré plusieurs bonnes idées, la composition des guitares sent parfois un peu le réchauffé. Pourtant on ressent tout de même une certaine patte de la part des artistes, quelques idées dans l'écriture. Par exemple, dans la façon discrète mais efficace qu'a le synthétiseur d'habiller les riffs froids des deux morceaux, ou encore la pointe d'HeavyDoom présente dans « Skullflowers and Skullcrowns ». Le tout, homogène et organique malgré son coté glacial, arrive à accrocher avec un simple riff et une ambiance parfaitement maîtrisée. Le mixage réverbéré vient donner sa profondeur et un aspect de solitude à la musique, renforçant la nostalgie et l'émotion suscitée. La batterie sait se faire discrète tout en marquant les temps forts alors qu'à l'inverse du côté du chant, Thomas Bøjden donne de la voix pour en faire l'un des points forts de cet EP. Lourde et profonde, dotée d'un placement très efficace, cette voix viendra hurler le désespoir qui semble inhérent à « Yer Universal Tombworld » avec une terrible justesse. Ces deux morceaux d'environ sept minutes chacun permettent aux musiciens de poser cette ambiance propice à la réflexion par son aspect répétitif sans finir par lasser, évitant avec maestria la redondance et l'ennui. Sans réellement révolutionner ce genre de Black Metal mélancolique, les danois mettent en place des mélodies et des breaks réussis qui viedront prendre aux tripes l'auditeur.



      Triste, mélancolique mais sans piailler ou paraître ridicule, Procession of Headless Angels produit avec ses deux morceaux un résultat émotionnel et de qualité. Pas spécialement novateur, mais dans un style où c'est surtout le ressenti qui importe, on peut dire que la formation rempli parfaitement son objectif. Bien qu'il manque une petit étincelle à cet EP pour qu'il soit vraiment excellent, il n'en reste pas moins très bon. A voir si la formule de Procession of Headless Angels ne s'essoufflera pas sur le long terme. Mais l'ambiance maîtrisée et travaillé de ce premier EP laisse présager du bon pour l'avenir du groupe. 




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dimanche 20 mars 2016

SEQUANE FEST VIII - Live Report - 05/03/16





SEQUANE FEST VIII


Ragnarok + Besatt + Slaughter Messiah 
+ Excruciate 666 + Malcuidant






     Voila un festival qui m'a longtemps fait baver d'envie, en faisant à chaque fois jouer des groupes que j'adore, DNS, Horna, Blacklodge, etc pour ne citer qu'eux et les deux dernières éditions. Mais cette fois, nouvelle édition et pas d'excuse car nouveau groupe que j'apprécie particulièrement, j'ai nommé Besatt ! Que l'on m'arrête si je me trompe, mais Besatt ne fait pas partie des groupes que l'on croise souvent dans nos contrées, alors pas question de les manquer. De plus, le reste de l'affiche étant clairement bon, pas de raison d'hésiter. Slaughter Messiah m'ayant déjà fait vibrer en live, le dernier Malcuidant a rejoint mon étagère il y a peu et je ne crache pas sur les vieux briscards de Excruciate 666. Les norvégiens de Ragnarok m'ont toujours laissé plus ou moins de marbre mis à part quelques vieilles pièces, mais c'est toujours sympa de voir les grands noms sur scène et puis merde pour le prix plus que raisonnable, Ragnarok ne se refuse pas. Et je ne vous parle même du Forest Fest, à ce niveau c'est indécent. Pas d'excuses donc, pour louper le Sequane Fest, mais aussi pas d'organisation de notre côté car nous partons légèrement à la bourre pour nous taper en plus des bouchons, nous faisant malheureusement arriver au milieu du set de Malcuidant.

(Malcuidant - photo par "Karo")


     Nous arrivons donc pour les trois dernières pièces du set des bourguignons, il semblerait que j'ai raté mes préférées (je n'ai malheureusement pas pu chopper la setlist pour voir lesquelles ont été joué). Les mélodies de Malcuidant m'ont semblé rendre très bien en live, portées par un son de très bonne qualité. Il en va de même pour Ayrhomm qui reproduit sans difficulté son large panel vocal, un des points forts de la musique du groupe. Malcuidant livre un show puissant, épique à l'image de sa musique. Les musiciens ainsi que le public rendent honneur aux morceaux, ce qui me fait clairement regretter d'avoir raté la première moitié, j'me rattraperais sur leur prochain show.

     Le groupe suivant, à savoir Excruciate 666, se met en place rapidement. Les vétérans du Nord en imposent, cuir, clous, chaînes et attitudes martiales, tout est là pour pas déconner. Le groupe ouvre les hostilités avec "Rites of Torturers", issus de leur dernier album et effectivement ça ne déconne pas du tout. Les musiciens se donnent et la trempe guerrière de leur musique prend vraiment forme avec "Iron Blood Ashes" que je considère comme leur meilleur morceau. Les guitares manquent un peu de puissance pour rendre clairement honneur à leur puissance mais le show est en place, Excruciate 666 se donne et bombarde la salle. Malheureusement, tout le monde n'a pas semblé réceptif et cela malgré les invectives du frontman, Morgraven. La quasi totalité des morceaux joués venaient des deux dernières sorties, qui sont pour moi leurs meilleurs et ont bien prouvé leur efficacité sur les planches. Un soupçon de guitare en plus aurait surement permit aux derniers français de la soirée de mieux poser leur violence sur l'Atelier des Môles. 

Setlist :
 Rites of Toturers
 Iron Blood Ashes
 Thunder in the Black Skied
 Sons of Warfare
 Sign of Desaster
 Medieval War
 Furious Thrashing Rage
 Battlehammer of the Inner War

     Pour la deuxième fois en six mois, j'ai eu le plaisir de voir Slaughter Messiah, c'est à dire à peine assez pour me remettre de la branlée précédente. Après quelques petits problèmes de son et de retours, c'est sous l'initiative de la basse de Lord Sabathan que le feu roulant des belges démarre. Slaughter Messiah est définitivement un super groupe en live, leurs titres sont taillés pour et quel plaisir de scander "Black Speed Terror", on ne s'en lasse pas. Si le groupe n'a pas encore une grosse discographie et est assez récent, certains morceaux ont déjà la trempe des classiques, j'en ai déjà cité un mais l'éponyme "Slaughter Messiah" et "Cosmic Funeral" sont juste monstrueux en live. Mais les morceaux ne seraient rien sans la présence scénique des musiciens, la basse grondait, les guitares hurlaient et les pauvres fûts se faisaient tabasser par le nouveau batteur. Les gars de Slaughter Messiah confirment qu'ils ont vraiment une grosse présence sur scène (en même temps, le guitariste de deux mètres ça aide). C'est sous l'assaut du Black Thrash des belges que l'ambiance du Sequane Fest a commencé à s'enflammer. Si l'on ajoute à cela, la présentation de deux nouveaux morceaux issus d'un EP à venir qui s'annonce prometteur, Slaughter Messiah a vraiment réalisé une grosse performance que Sabathan conclura par un flamboyant hommage à Quorthon, en crachant le feu. Un seul chose  dire, "encore s'il vous plaît".

      Voici enfin le moment que j'attendais vraiment, la principale raison de ma venue, les polonais de Besatt. Si les dernières sorties sont assez moyennes, des albums comme "In Nomine Satanas", "Hellstorm" et "Hail Lucifer" sont pour moi des gros classiques. Pendant que les musiciens tout d'armures vêtus, s'installent, je jette un coup d’œil à la setlist. Pas mal de bonnes chansons, mais beaucoup trop sont absentes dans celles que j'attendais, la setlist piochant un peu partout dans leur discographie. Mais il restait surtout à voir le show que le groupe allait nous fournir. Je ne vous cache pas que j'ai été pas mal déçu. Le groupe est resté très statique, ce qui peut ne pas être gênant dans certains cas de figure comme une ambiance très ritualiste mais avec tout le respect que j'ai pour eux, c'est n'est pas vraiment le type de Black Metal que joue Besatt. Je ne sais pas si ça venait de là ou non mais les pièces manquaient cruellement de leur punch habituel et semblaient presque plates. La faute peut être aussi à un frontman à peine audible la plupart du temps, faisant un effort pour les refrains et phrases clamées. Il faudra attendre les dernières minutes et que "Baphomet" soit annoncé pour vraiment m'enflammer, l'occasion aussi pour Beldaroh de retrouver sa vraie puissance vocale. Après avoir scandé tous les "Ave Master Lucifer" de mon corps, le show de Besatt se termine, n'ayant pas le temps de jouer "Mad Minds"... ça aurait été trop beau. Les deux derniers morceaux m'ont fait leur p'tit effet mais forcé de constater que la prestation de Besatt était assez décevante, peut-être que j'en attendais trop. Petit hommage tout de même au guitariste Astaroth, qui semblait vraiment possédé par sa musique. Difficile d'être objectif ici, un concert dont j'attendais plus et il allait de même pour l'ami m'accompagnant, les albums tournant encore quelques heures plus tôt sur le chemin.

Setlist :
Seals of Hate
Vengeance
Final War
Blood of my Enemies
Ninth Spirit
There...
Hatred
Baphomet
Ave Master Lucifer
Mad Minds (non joué)
Suicidal Ritual (non joué)

      En même temps que la neige, les Norvégiens arrivent. N'ayant jamais réellement apprécié Ragnarok, c'était sans attente particulière que j'abordais leur concert. Si les morceaux ne m'ont pas particulièrement emballé comme prévu, la puissance du groupe et sa présence scénique a largement compensé. Face à un rouleau compresseur de violence, Ragnarok me conquit petit à petit alors que toute la salle lui est déjà acquise dès les premières notes. Un peu partout j'avais pourtant lu que le groupe était assez décevant sur les planches, mais les norvégiens semblaient bien décidés à faire taire ces rumeurs avec notamment un frontman en grande forme, violent, puissant et imposant. Beaucoup de titres issus de "Psychopathologie", l'album à venir, ont été joué ce soir. Le public du Sequane Fest a semblé les avoir apprécié , j'ai pour ma part préféré des classiques comme "Murder". Un show carré, pro mais sans être creux ou vide, la virulence est véritable et parfaitement transmise par l'attitude brutale à souhait du frontman. L'énergie et la puissance du groupe est porté par un son parfait, le public répond aux musiciens et Ragnarok finit d'achever la salle après une excellente prestation sous les applaudissement et les rappels. 

      Constat de mon premier Sequane Fest, on en a clairement pour son argent ! Dommage qu'il me faille faire autant de kilomètres pour une si bonne date, mais aucun regret. Avec cinq groupe reconnus et de qualité, pour un prix plus que raisonnable, le festival se permet en plus d'avoir un son presque irréprochable, une bière bon marché (ça joue mine de rien) et une organisation bien rodée. Malgré une déception personnelle, la Horde Sequane a encore réussi son coup avec son événement, de très bons shows pour de très bons groupes, que demander de plus ?  Et pourtant, la salle ne m'a pas paru comble, étonnant vu la dégaine de l'affiche. En tout cas, pour ma part je reviendrais l'année suivante et sûrement encore l'année qui suit en espérant avoir à chaque fois une affiche de cet acabit. 

- Sarcastique

mardi 8 mars 2016

RENORAX - Flash Metal




RENORAX




Flash Metal







Genre : Flash Metal
Label : Indépendant
Date de sortie : 13 Février 2016

Tracklist : 
1. Without Carbon
2. Flash Metal
3. Maquisard
4. Smoke Fast... Die Slow
5. Alesia (Xirotegnicrev)








     Renorax, de sa fougue, a brisé notre ligne éditoriale. En effet je m'éloigne de ma zone extrême de confort pour lorgner vers ce que je n'ai pas l'habitude d'écouter. Loin des démos et autres EPs de formations occultes, aujourd'hui place à la fraîcheur et la bonne humeur avec le Flash Metal de Renorax, premier EP du quatuor de Villepreux. Mais qu'est ce que le Flash Metal, style autoproclamé de la formation, me diriez-vous ? Hé bien ma bonne dame, il se trouve que c'est un petit cocktail d'un bon Heavy à l'ancienne, de quelques goûtes de Thrash et d'une lichette de Speed, le tout rehaussé par une petite pointe de kitsch réverbéré. Ça se boit comme du petit lait. Clairement, je sors de ce que je chronique d'habitude mais « Flash Metal » m'a tapé dans l’œil au bon moment et cet EP possède vraiment tous les atouts pour plaire.

     J'avais déjà, par le biais de connaissances, eu vent de la toute première démo de Renorax qui annonçait un p'tit truc sympa mais bien loin d'un EP de cet acabit. Sur une vingtaine de minutes, ça sent bon les années 80, la sueur rance, la bière éventée et les copains mais surtout le plaisir (pas de trucs cochons hein). Parce que si rien n'est bien neuf dans ce « Flash Metal », c'est la fougue du truc et le plaisir qui s'en dégage qui rendent les morceaux intemporels. La musique est composée des éléments assez classiques de la vielle scène Heavy plutôt d'obédience française, j'y retrouve du ADX et autre Blasphème. Mais pas que, car Renorax brasse avec ses très nombreux riffs généreux, tout un fouillis d'influences issues de ces 30 dernières années. Étonnamment, la formation arrive à les enchaîner avec une énergie et une facilité déconcertante. Des riffs Heavy sur un tempo Thrash et une basse Speed, avec plus ou moins de variations, et par dessus un chant aux refrains fédérateurs. Un très bon point pour « Maquisard », chanté en français, qui vous rentrera dans le crâne dès la première écoute. Tout l'EP d'ailleurs a cette espèce d'immédiateté, les titres accrochent, plaisent d'entrée et ne s'essoufflent pas, du fait de leur variété. C'est en partie ce qui me fait penser que Renorax doit être un vrai régal en live. Mais revenons à la musique, grâce de ces tempi rapides, les mélodies s'enchaînent à toute vitesse, c'est d'ailleurs assez rare de voir un Heavy à ce rythme ce qui donne lieu à des soli à toute blinde. Sans être un monstre de technicité, « Flash Metal » pose son lot de soli de qualité et chaque musicien a le droit à son petit instant de gloire. La batterie claque vite sur un rythme à péter tes cervicales et si son jeu de cymbales ainsi que quelques phases de pédales sont sympa, elle manque peut-être un peu de diversité. Et encore une fois sur « Maquisard », qui est définitivement mon coup de cœur de l'EP, on a une basse particulièrement mise à l'honneur que j'aurais aimé retrouver autant utilisée tout au long de cette vingtaine de minutes, bien qu'elle assure plusieurs passages bien senti. Je me suis déjà un peu attardé sur le chant, sur son côté très accrocheur, mais ça serait oublier le large panel dont Sam "Renzer" fait preuve, malgré quelque placements atypiques. Que ça soit en anglais ou en français, preuve de bon goût, le vocaliste nous fait part d'une très bonne prestation qui vient compléter le portrait de Renorax. 

     Définitivement cet EP m'a conquis bien qu'il ne soit pas exempt de défaut, mais il a simplement réussi à me faire vibrer et c'est bien ça le plus important. Tout dans « Flash Metal » sent bon le sincère, l'authentique, la bonne volonté et l'énergie positive (merde je m'éloigne quand même bien de mon TrveBM) et ce sont ces qualités transposées au travers de la musique qui font oublier les quelques défauts que l'on pourrait trouver à Renorax. Tout les morceaux semblent familier et indépendants, « Maquisard » pour le Heavy, « Some Fast ... Die Slow » typé Thrash, et pourtant on retrouve dans chacun la patte du groupe. C'est avec la dernière pièce « Alesia (Xirotegnicrev) » que la formation semble synthétiser tout ce qu'elle aime et sait faire pour proposer son morceau le plus complet et abouti. Donc pour conclure, oui, « Flash Metal » est très bon et a tout pour plaire, il ne me reste plus qu'à attendre la suite et surtout un live pas trop loin de chez moi pour mal chanter ces refrains.


- Sarcastique