dimanche 20 mars 2016

SEQUANE FEST VIII - Live Report - 05/03/16





SEQUANE FEST VIII


Ragnarok + Besatt + Slaughter Messiah 
+ Excruciate 666 + Malcuidant






     Voila un festival qui m'a longtemps fait baver d'envie, en faisant à chaque fois jouer des groupes que j'adore, DNS, Horna, Blacklodge, etc pour ne citer qu'eux et les deux dernières éditions. Mais cette fois, nouvelle édition et pas d'excuse car nouveau groupe que j'apprécie particulièrement, j'ai nommé Besatt ! Que l'on m'arrête si je me trompe, mais Besatt ne fait pas partie des groupes que l'on croise souvent dans nos contrées, alors pas question de les manquer. De plus, le reste de l'affiche étant clairement bon, pas de raison d'hésiter. Slaughter Messiah m'ayant déjà fait vibrer en live, le dernier Malcuidant a rejoint mon étagère il y a peu et je ne crache pas sur les vieux briscards de Excruciate 666. Les norvégiens de Ragnarok m'ont toujours laissé plus ou moins de marbre mis à part quelques vieilles pièces, mais c'est toujours sympa de voir les grands noms sur scène et puis merde pour le prix plus que raisonnable, Ragnarok ne se refuse pas. Et je ne vous parle même du Forest Fest, à ce niveau c'est indécent. Pas d'excuses donc, pour louper le Sequane Fest, mais aussi pas d'organisation de notre côté car nous partons légèrement à la bourre pour nous taper en plus des bouchons, nous faisant malheureusement arriver au milieu du set de Malcuidant.

(Malcuidant - photo par "Karo")


     Nous arrivons donc pour les trois dernières pièces du set des bourguignons, il semblerait que j'ai raté mes préférées (je n'ai malheureusement pas pu chopper la setlist pour voir lesquelles ont été joué). Les mélodies de Malcuidant m'ont semblé rendre très bien en live, portées par un son de très bonne qualité. Il en va de même pour Ayrhomm qui reproduit sans difficulté son large panel vocal, un des points forts de la musique du groupe. Malcuidant livre un show puissant, épique à l'image de sa musique. Les musiciens ainsi que le public rendent honneur aux morceaux, ce qui me fait clairement regretter d'avoir raté la première moitié, j'me rattraperais sur leur prochain show.

     Le groupe suivant, à savoir Excruciate 666, se met en place rapidement. Les vétérans du Nord en imposent, cuir, clous, chaînes et attitudes martiales, tout est là pour pas déconner. Le groupe ouvre les hostilités avec "Rites of Torturers", issus de leur dernier album et effectivement ça ne déconne pas du tout. Les musiciens se donnent et la trempe guerrière de leur musique prend vraiment forme avec "Iron Blood Ashes" que je considère comme leur meilleur morceau. Les guitares manquent un peu de puissance pour rendre clairement honneur à leur puissance mais le show est en place, Excruciate 666 se donne et bombarde la salle. Malheureusement, tout le monde n'a pas semblé réceptif et cela malgré les invectives du frontman, Morgraven. La quasi totalité des morceaux joués venaient des deux dernières sorties, qui sont pour moi leurs meilleurs et ont bien prouvé leur efficacité sur les planches. Un soupçon de guitare en plus aurait surement permit aux derniers français de la soirée de mieux poser leur violence sur l'Atelier des Môles. 

Setlist :
 Rites of Toturers
 Iron Blood Ashes
 Thunder in the Black Skied
 Sons of Warfare
 Sign of Desaster
 Medieval War
 Furious Thrashing Rage
 Battlehammer of the Inner War

     Pour la deuxième fois en six mois, j'ai eu le plaisir de voir Slaughter Messiah, c'est à dire à peine assez pour me remettre de la branlée précédente. Après quelques petits problèmes de son et de retours, c'est sous l'initiative de la basse de Lord Sabathan que le feu roulant des belges démarre. Slaughter Messiah est définitivement un super groupe en live, leurs titres sont taillés pour et quel plaisir de scander "Black Speed Terror", on ne s'en lasse pas. Si le groupe n'a pas encore une grosse discographie et est assez récent, certains morceaux ont déjà la trempe des classiques, j'en ai déjà cité un mais l'éponyme "Slaughter Messiah" et "Cosmic Funeral" sont juste monstrueux en live. Mais les morceaux ne seraient rien sans la présence scénique des musiciens, la basse grondait, les guitares hurlaient et les pauvres fûts se faisaient tabasser par le nouveau batteur. Les gars de Slaughter Messiah confirment qu'ils ont vraiment une grosse présence sur scène (en même temps, le guitariste de deux mètres ça aide). C'est sous l'assaut du Black Thrash des belges que l'ambiance du Sequane Fest a commencé à s'enflammer. Si l'on ajoute à cela, la présentation de deux nouveaux morceaux issus d'un EP à venir qui s'annonce prometteur, Slaughter Messiah a vraiment réalisé une grosse performance que Sabathan conclura par un flamboyant hommage à Quorthon, en crachant le feu. Un seul chose  dire, "encore s'il vous plaît".

      Voici enfin le moment que j'attendais vraiment, la principale raison de ma venue, les polonais de Besatt. Si les dernières sorties sont assez moyennes, des albums comme "In Nomine Satanas", "Hellstorm" et "Hail Lucifer" sont pour moi des gros classiques. Pendant que les musiciens tout d'armures vêtus, s'installent, je jette un coup d’œil à la setlist. Pas mal de bonnes chansons, mais beaucoup trop sont absentes dans celles que j'attendais, la setlist piochant un peu partout dans leur discographie. Mais il restait surtout à voir le show que le groupe allait nous fournir. Je ne vous cache pas que j'ai été pas mal déçu. Le groupe est resté très statique, ce qui peut ne pas être gênant dans certains cas de figure comme une ambiance très ritualiste mais avec tout le respect que j'ai pour eux, c'est n'est pas vraiment le type de Black Metal que joue Besatt. Je ne sais pas si ça venait de là ou non mais les pièces manquaient cruellement de leur punch habituel et semblaient presque plates. La faute peut être aussi à un frontman à peine audible la plupart du temps, faisant un effort pour les refrains et phrases clamées. Il faudra attendre les dernières minutes et que "Baphomet" soit annoncé pour vraiment m'enflammer, l'occasion aussi pour Beldaroh de retrouver sa vraie puissance vocale. Après avoir scandé tous les "Ave Master Lucifer" de mon corps, le show de Besatt se termine, n'ayant pas le temps de jouer "Mad Minds"... ça aurait été trop beau. Les deux derniers morceaux m'ont fait leur p'tit effet mais forcé de constater que la prestation de Besatt était assez décevante, peut-être que j'en attendais trop. Petit hommage tout de même au guitariste Astaroth, qui semblait vraiment possédé par sa musique. Difficile d'être objectif ici, un concert dont j'attendais plus et il allait de même pour l'ami m'accompagnant, les albums tournant encore quelques heures plus tôt sur le chemin.

Setlist :
Seals of Hate
Vengeance
Final War
Blood of my Enemies
Ninth Spirit
There...
Hatred
Baphomet
Ave Master Lucifer
Mad Minds (non joué)
Suicidal Ritual (non joué)

      En même temps que la neige, les Norvégiens arrivent. N'ayant jamais réellement apprécié Ragnarok, c'était sans attente particulière que j'abordais leur concert. Si les morceaux ne m'ont pas particulièrement emballé comme prévu, la puissance du groupe et sa présence scénique a largement compensé. Face à un rouleau compresseur de violence, Ragnarok me conquit petit à petit alors que toute la salle lui est déjà acquise dès les premières notes. Un peu partout j'avais pourtant lu que le groupe était assez décevant sur les planches, mais les norvégiens semblaient bien décidés à faire taire ces rumeurs avec notamment un frontman en grande forme, violent, puissant et imposant. Beaucoup de titres issus de "Psychopathologie", l'album à venir, ont été joué ce soir. Le public du Sequane Fest a semblé les avoir apprécié , j'ai pour ma part préféré des classiques comme "Murder". Un show carré, pro mais sans être creux ou vide, la virulence est véritable et parfaitement transmise par l'attitude brutale à souhait du frontman. L'énergie et la puissance du groupe est porté par un son parfait, le public répond aux musiciens et Ragnarok finit d'achever la salle après une excellente prestation sous les applaudissement et les rappels. 

      Constat de mon premier Sequane Fest, on en a clairement pour son argent ! Dommage qu'il me faille faire autant de kilomètres pour une si bonne date, mais aucun regret. Avec cinq groupe reconnus et de qualité, pour un prix plus que raisonnable, le festival se permet en plus d'avoir un son presque irréprochable, une bière bon marché (ça joue mine de rien) et une organisation bien rodée. Malgré une déception personnelle, la Horde Sequane a encore réussi son coup avec son événement, de très bons shows pour de très bons groupes, que demander de plus ?  Et pourtant, la salle ne m'a pas paru comble, étonnant vu la dégaine de l'affiche. En tout cas, pour ma part je reviendrais l'année suivante et sûrement encore l'année qui suit en espérant avoir à chaque fois une affiche de cet acabit. 

- Sarcastique

mardi 8 mars 2016

RENORAX - Flash Metal




RENORAX




Flash Metal







Genre : Flash Metal
Label : Indépendant
Date de sortie : 13 Février 2016

Tracklist : 
1. Without Carbon
2. Flash Metal
3. Maquisard
4. Smoke Fast... Die Slow
5. Alesia (Xirotegnicrev)








     Renorax, de sa fougue, a brisé notre ligne éditoriale. En effet je m'éloigne de ma zone extrême de confort pour lorgner vers ce que je n'ai pas l'habitude d'écouter. Loin des démos et autres EPs de formations occultes, aujourd'hui place à la fraîcheur et la bonne humeur avec le Flash Metal de Renorax, premier EP du quatuor de Villepreux. Mais qu'est ce que le Flash Metal, style autoproclamé de la formation, me diriez-vous ? Hé bien ma bonne dame, il se trouve que c'est un petit cocktail d'un bon Heavy à l'ancienne, de quelques goûtes de Thrash et d'une lichette de Speed, le tout rehaussé par une petite pointe de kitsch réverbéré. Ça se boit comme du petit lait. Clairement, je sors de ce que je chronique d'habitude mais « Flash Metal » m'a tapé dans l’œil au bon moment et cet EP possède vraiment tous les atouts pour plaire.

     J'avais déjà, par le biais de connaissances, eu vent de la toute première démo de Renorax qui annonçait un p'tit truc sympa mais bien loin d'un EP de cet acabit. Sur une vingtaine de minutes, ça sent bon les années 80, la sueur rance, la bière éventée et les copains mais surtout le plaisir (pas de trucs cochons hein). Parce que si rien n'est bien neuf dans ce « Flash Metal », c'est la fougue du truc et le plaisir qui s'en dégage qui rendent les morceaux intemporels. La musique est composée des éléments assez classiques de la vielle scène Heavy plutôt d'obédience française, j'y retrouve du ADX et autre Blasphème. Mais pas que, car Renorax brasse avec ses très nombreux riffs généreux, tout un fouillis d'influences issues de ces 30 dernières années. Étonnamment, la formation arrive à les enchaîner avec une énergie et une facilité déconcertante. Des riffs Heavy sur un tempo Thrash et une basse Speed, avec plus ou moins de variations, et par dessus un chant aux refrains fédérateurs. Un très bon point pour « Maquisard », chanté en français, qui vous rentrera dans le crâne dès la première écoute. Tout l'EP d'ailleurs a cette espèce d'immédiateté, les titres accrochent, plaisent d'entrée et ne s'essoufflent pas, du fait de leur variété. C'est en partie ce qui me fait penser que Renorax doit être un vrai régal en live. Mais revenons à la musique, grâce de ces tempi rapides, les mélodies s'enchaînent à toute vitesse, c'est d'ailleurs assez rare de voir un Heavy à ce rythme ce qui donne lieu à des soli à toute blinde. Sans être un monstre de technicité, « Flash Metal » pose son lot de soli de qualité et chaque musicien a le droit à son petit instant de gloire. La batterie claque vite sur un rythme à péter tes cervicales et si son jeu de cymbales ainsi que quelques phases de pédales sont sympa, elle manque peut-être un peu de diversité. Et encore une fois sur « Maquisard », qui est définitivement mon coup de cœur de l'EP, on a une basse particulièrement mise à l'honneur que j'aurais aimé retrouver autant utilisée tout au long de cette vingtaine de minutes, bien qu'elle assure plusieurs passages bien senti. Je me suis déjà un peu attardé sur le chant, sur son côté très accrocheur, mais ça serait oublier le large panel dont Sam "Renzer" fait preuve, malgré quelque placements atypiques. Que ça soit en anglais ou en français, preuve de bon goût, le vocaliste nous fait part d'une très bonne prestation qui vient compléter le portrait de Renorax

     Définitivement cet EP m'a conquis bien qu'il ne soit pas exempt de défaut, mais il a simplement réussi à me faire vibrer et c'est bien ça le plus important. Tout dans « Flash Metal » sent bon le sincère, l'authentique, la bonne volonté et l'énergie positive (merde je m'éloigne quand même bien de mon TrveBM) et ce sont ces qualités transposées au travers de la musique qui font oublier les quelques défauts que l'on pourrait trouver à Renorax. Tout les morceaux semblent familier et indépendants, « Maquisard » pour le Heavy, « Some Fast ... Die Slow » typé Thrash, et pourtant on retrouve dans chacun la patte du groupe. C'est avec la dernière pièce « Alesia (Xirotegnicrev) » que la formation semble synthétiser tout ce qu'elle aime et sait faire pour proposer son morceau le plus complet et abouti. Donc pour conclure, oui, « Flash Metal » est très bon et a tout pour plaire, il ne me reste plus qu'à attendre la suite et surtout un live pas trop loin de chez moi pour mal chanter ces refrains.


- Sarcastique

jeudi 25 février 2016

MORTUARY - Nothingless than Nothingness




MORTUARY

Nothingless than Nothingness





Genre : Old-school Death Metal
Label : Gorgeous Production
Date : 18 Janvier 2016





Tracklist :
1. Only Dead Witness
2. Empty
3. Tube
4. Above
5. Pleasuffering
6. U-Man slept, K-os Crawled
7. Yesterday
8. K
9. Morbid Existence
10. Kingdom

C’est en grande pompes que Mortuary ouvre son nouvel album bien nommé « Nothingless than Nothingness », titre aussi éloquent qu’évocateur pour désigner un opus censé « revenir aux soucres », aux dires du groupe, sources qu’il a d’ailleurs connue, étant donné son âge déjà plus que respectable, opus censé surtout reconquérir son public à l’aide d’un death metal old-school tapageur, tout en fouillis et en riffs pesants, qui ne piétine pas pour autant sur les sentiers battus et rebattus. En effet, et je le développerai plus amplement, si les musiciens de Mortuary sont experimentés, ils ne sont pas paresseux, et explorent, voire redécouvrent ce genre parofois si restreint et puriste de l’old-school, particulièrement dans le cas du death metal, se plongeant dans les obsucres abysses tonales de guitares sous-accordées, et de la musique parée d’une dissonance noirâtre, les ténèbres des compositions entremêlées dans un fouillis inextricable de noirceur et de vide intersidéral.

Requérant une fois des parties boostées à la testostérone ultra-authentique de ce death metal old-school, s’apparentant tantôt à des séries d’accords de guitare terriblements dissonants, maléfiques et gutturaux, à la Morbid Angel (la graphie du label du groupe y ressemble d’ailleurs à s’y méprendre), tantôt à la sauvagerie inexpugnable d’autres formations plus orientée dans la brutalité et le gore, comme Déicide. Tout cela ne suffirait cependant pas à resteindre dans une case exigue des musiciens très capables dans d’autres genres, ces derniers le prouvent en incluant à leurs compositions de nombreux corps étrangers, qui s’hybrident au tout toutefois à la perfection : des périodes de marteau-piqueur côté percussions, l’instrumentiste martelant ses fûts prestement à la double pédale, oblitérant chaque minuscule fraction de silence au profit d’une percussion incisante, typiquement à la manière d’un batteur black; en passant par les reprises de cadence à une allure clairement plus empressée et thrashy, lorsque les mélodies haussent d’un ton ou deux, passant de l’initial registre monolithique et épais à un groove garage comme on l’aime, puant la sueur, la bière tiède et le mosheur dans ses fringues démolies. 
Comme si le groupe n’avait pas déjà enfoncé assez de portes comme ça, se multiplient les solos non pas possédés (et assez incohérent, voire bordéliques, enin du moins à mon avis lorsque l’on se penche sur nombre d’oeuvres de guitaristes célèbre dans le death metal), pour adopter une forme moins époustouflante, pour perdre ainsi le côté tape-à-l’oeil de nombreuses compositions pour gagner en éclectisme dans ses harmonies, mais rester très proche du registre et de la vitesse des riffs de guitares précédents. Ainsi, si ces solos ne se différencient pas volontairement du reste pour en mettre pleins les yeux des néophytes naïfs, encore en attente d’une idole puérile à vénérer - stratégie que nombre de guitaristes adoptent - ils restent très fortement achoppés au reste, renforçant encore en cohérence des compos déjà béton à ce niveau-là, tout ceci favorisant une immersion complète et intense. Les (ou le) musicien(s) se lançant dans des parties de tapping démoniaques et démentes pour soutenir les titres les plus sombres et dissonants (présents dans une cartaine majorité de l’oeuvre) montant au gré de son périple tritonal dans l’escalade de la rancoeur et de la véhémence ultra-violente; en passant tout aussi humblement par des solos plus complexes harmoniquement parlant, tissant d’infâmes mélodies mauvais et insidieuses très black, dans le titre « Above » par exemple; tout en sachant aussi quand et comment caser un magnifique solo rock entraînant qui fait taper du pied et vider les chopes de whishy tiède, dans le morceau « K » par exemple. L’album se compose en effet selon une construction censée et judicieuse qui vous fera oublier toute considération pleinement matérielle de cette oeuvre, chaque morceau étant (on peut le suggérer sans crainte de s’en douter) traité à part, minutieusement échafaudé et composé, et fera de l’album entier une discussion fusionnelle d’âme à âme, et non d’auditeur critique à musicien en performance qui s’empresse d’en mettre le plus dans un délai de temps le plus court possible.

C’est en fin de compte qu'après un hommage au death metal, cause que les musiciens Mortuary sert très savamment, un hommage à eux-mêmes. En effet, ayant grandi dans l’ombre de groupes de death/thrash metal (on l’a vu, le groupe sait se diversifier) français comme Loudblast, Agressor et j’en oublie sans doute des légions, Mortuary s’esquive au choix fataditique qui se pose souvent à ce genre de formations : passer à un format plus superficiel, plus « mainstream » pour agrandir son public maintenant que le groupe en a les épaules, ou sombrer dans l’ultra-authentisme, mauvais choix selon moi aussi, le groupe s’enterrant sous une bonne couche d’intolérance puriste portant préjudice à leur propre potentiel artistique. Il évite ainsi ce choix en conciliant les deux réponses en une seule, et constitue un sacré exemple pour toutes les formations déjà sur la route depuis quelques années, et dont la grande majorité multiplie les tentatives désespérées pour se raccrocher à sa part de succès et de fans.




- Pestifer




vendredi 19 février 2016

AN ARGENCY - Through Existence

AN ARGENCY



Through Existence






Symphonic deathcore
Date de sortie: 29 janvier 2016
Label: Indépendant



Tracklist:
1. Above The Ashes
2. Torturer
3. An Empty Shell
4. False Recognitions
5. Condemned
6. Sheltered
7. A Place To Rest
8. My Solace
9 The Final Conclusion






A chaque règle une exception. Bon peut-être pas toujours mais on fera comme si pour cette fois et puis, étant plus ou moins une sorte de dieu ici, du moins tant que c’est moi qui écrit, je dis ce que je veux. La règle, dans ce cas précis, c’est que le deathcore n’a jamais été ma tasse de thé (le thé non plus d’ailleurs mais je commence à m’y mettre, comme quoi…). Les lecteurs qui nous suivent depuis quelques temps le savent, si je trouve que le style se prête plutôt bien au live, l’affaire est tout autre sur album. Trop répétitif, peu de groupes ayant une démarche originale, un gros son qui sert plus souvent de cache-misère qu’autre chose, du break-down à la pelle… Mais cette fois, j’ai vraiment apprécié ce que j’ai entendu. A se demander si une autre règle n’impliquerait pas que ce qui vient de Biélorussie est bon par essence, peu importe le style. Parce que oui, An Argency déboule de Minsk comme pas mal de groupes déjà chroniqués ici (Infestum, Challenger Deep ou Dialectic Soul pour en citer quelques uns). Alors pour cette fois, un petit écart à notre ligne habituelle ne fera pas de mal.

Through Existence est le premier album du groupe et ce qu’on peut dire de prime abord, c’est que le quintet s’est remué le train pour en venir à bout. Formé en septembre 2015, An Argency sort son 1er single, "An Empty Shell" après quelques semaines à peine. On sent déjà le groupe qui en veut et d’ailleurs il ne s’arrête pas là et continue sur sa lancée et, début 2016, l’album complet est déjà dans la boite. L’album bouclé, c’est au tour d’un clip d’être diffusé début février. Si ça, c’est pas du dévouement… Tout est fait semble-t-il de manière indépendante, bossé dans le détail, accompagné d’une pochette assez chiadée et avec ça, les membres semblent particulièrement jeunes à en juger par les photos promos. Dans le genre 1er album pondu en à peine quelques mois, j’ai beau cherché, je ne vois franchement pas qui peut se targuer d’en avoir fait autant avec un résultat aussi abouti. Autant de bonnes raisons de mettre un coup de projo sur An Argency donc, même avec notre faible audience.

Soyons honnête, personne ne tombera de son siège d’étonnement à l’écoute de Through Existence. An Argency ne réinvente pas le deathcore, il évite juste les écueils et erreurs de débutant inhérents au style et c’est déjà beaucoup. Cette demi-heure envoie du lourd à grands coups de rythmes syncopés et de gros riffs qui butent dans le grave, rien de bien nouveau là-dedans. Ce qui m’a séduit au final chez cette jeune formation, c’est plutôt la construction des morceaux, bien mieux pensée que chez la plupart de leurs collègues. Point de surenchère inutile ici comme je le déplore trop souvent bien au contraire, les compositions coulent de source, les breaks et autres artifices propres au deathcore sont plutôt bien amenés et si le style ne se prête pas aux prouesses techniques, il n’empêche que le tout se révèle diablement efficace. Sans aucun doute car An Argency dispose d’un vocaliste convaincant, distille quelques idées extérieures, un riff melodeath ici, un autre plus thrash là, et surtout bâti ses morceaux autour de samples qui ne quittent jamais le spectre sonore et habillent tout l’album, lui permettant de s’aérer, de mieux rebondir, de prendre de nouvelles directions plus dramatiques, épiques, planantes, brutales… au choix! Dès qu’un groupe mise sur l’aspect symphonique, 2 questions me viennent immédiatement. Cela sert-il de cache-misère comme j’en parlais plus haut et sinon, l’utilisation que le groupe en fait est-elle pertinente? Je soulignerais ici que le groupe n’en abuse pas même s’il ne s’en sépare jamais complètement. Le dosage est plutôt bien équilibré et le symphonique ne prend le dessus qu’à quelques moments clés intelligemment choisis se contentant sinon de rester en background afin de mieux développer l’atmosphère générale.


Un groupe aussi jeune et qui bosse aussi vite avec un résultat aussi abouti sera forcément attendu au tournant qui n’en doutons pas, arrivera bien vite. Au delà de tout ça, nous assistons en tout cas à ce qui sonne comme un véritable effort de groupe sur une bonne demi-heure bien dynamique. Etant donné que le deathcore me cause plus dans sa version live, je me demande en tout cas de quoi ce groupe est capable sur scène. Affaire à suivre.




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jeudi 11 février 2016

DEATH FETISHIST - Whorifice



DEATH FETICHIST


Whorifice






Genre : Black/Doom Metal
Label : Debemur Morti Productions
Date de sortie : 1er Février 2016







  La folie peut prendre de nombreuses formes et elle vient montrer, avec « Whorifice », une de ces facettes les plus rampantes. Boueux, souillé, chaotique sont des qualificatifs que l'ont pourrait plaquer sur le premier EP de Death Fetishist, énième projet de Matron Thorne (Ævangelist, Benighted In Sodom, Andacht entre autre) et G. Nefarious (Panzergod et Blut der Nacht entre autre également). Quand on connaît ce qu'à pu nous pondre le premier monsieur, on ne peut qu'espérer que de la qualité, Matron Thorne semble ne pas vouloir se répéter dans ses projets, c'est donc une nouvelle facette de la musique noire qui est abordée. Une nouvelle fois, une musique chaotique et hallucinée, à l'instar de ce qu'on a pu entendre dans Ævangelist, mais cette fois moins agressive et bien plus lourde.

Fait de simplement deux pièces, ce premier EP a tout de l'hallucination lovecraftienne tant il est monolithique. A la jonction entre Doom et Black Metal avec quelques relents de Death, Death Fetishist ronfle et tourbillonne à grand renfort de tempi lents à riffs répétitifs. Sabaxius me vient en tête, quelque part on retrouve ici le même genre de dynamique sur certains passages (moins exagérément hein, Sabaxius c'est parfois 10 minutes pour un riff), c'est à dire une mélodie lead lourde portée par la guitare sur laquelle viennent se greffer de petites variations. Répétitif peut-être un peu, mais hypnotique et surtout pas lassant. « Whorifice » est cohérent tout au long des vingt deux minutes qui le composent, entre dissonances et riffs bien doomie, Death Fetishist pose son jeu avec cet EP. Si au premier abord, certains riffs semblent déjà entendus, c'est sans compter les variations de rythmes, les arpèges malsains de second plans et les changements sorties de nul part qui viennent prendre au dépourvu et créer la vraie ambiance de l'album. Dans le tumulte grave, il y a ces notes dissonantes qui persiflent le chaos et le mal à l'oreille de l'auditeur déjà subjugué. Le groupe se décrit comme psychédélique mais je dirais plus « halluciné », car si psychédélique Death Fetichist l'est bien, cette dimension horrifique intrinsèque à sa musique rend le tout bien plus oppressant et d'apparence sans contrôle. C'est pourquoi je lui ai attribué plus haut cet adjectif devenu beaucoup trop commun de « lovecraftien », dans l'indicible, le fou, l’imprévisible qui je pense sont des termes qui peuvent définir la musique que le duo nous propose avec son premier EP. Imprévisible est un adjectif qui peut également coller au jeu de la batterie, elle m'a parfois paru en décalage sur certains passages, un break à la guitare et la batterie qui s'emballe, mais au final cela ne fait que renforcer cette impression chaotique. Son jeu diversifié et fou se laisse apprécier au cours des minutes et des écoutes suivantes. C'est de petits détails comme ça que se forgent les bonnes sorties. Peu de chant sur ces deux pièces, il n'y en a d'ailleurs que sur la première, mais quelle prestation ! Véritables mugissements tempêtant par dessus l'orage, supporté par quelques effets leurs donnant une profondeur du plus bel effet. Pour « Lust/Servitude », le second morceaux, le chant à été remplacé sur les premières minutes par un sample féminin murmurant des plus intriguant. 
Quel maîtrise de l'ambiance pour ce premier EP, aucun faux pas, aucun accroc malgré une musique à l'aspect bigarré. « Whorifice » est d'un noir mat et compact, semblant presque vivant, animé par une force malsaine. Malgré les nombreuses écoutes que je lui ai fait subir, l'EP continue de me happer dans ses eaux troubles, et n'est jamais lassant malgré ses longs riffs. Car c'est cette répétition qui apporte cette transe morbide et hypnotique, là est l'un des aspect du psychédélisme de ce « Whorifice ». Vingt deux minutes d'oppression, de malsain, de cacophonie mortifère porté par une prod' étouffante, que du bonheur. 

Rares sont mes chroniques où aucun mot négatif n'a été écrit, mais il faut avouer que Death Fetishist a placé la barre bien haut dès le début. A voir maintenant si le groupe tient le coup sur un long format, qui si j'y bien compris est prévu pour bientôt. Mais quoi qu'il sen soit, « Whorifice » est clairement une réussite, prouvant encore pour ceux qui en douterait que Matron Thorne est passé maître dans l'art de faire sortir de son esprit ces monstres de bizarrerie et de noirceur que sont Ævangelist et Death Fetishist. Clairement la grosse claque US de ce début d'année et je ne semble pas être le seul à le penser puisque le duo vient de signer chez Debemur Morti Productions à l'heure où j'écris ces lignes. 

- Sarcastique


jeudi 28 janvier 2016

LE GÉNITEUR - Les Pantins du Pêché




LE GÉNITEUR


- Les Pantins du Pêché






Genre : Death/Thrash Metal
Label : Indépendant
Date : 4 janvier 2016






Tracklist : 
1. Préliminaires
2. Pandemonium
3. Mirage suicidaire
4. Les Pantins du Pêché
5. Extremum


Une fois n’est pas coutume, tournons-nous vers la France de l’ouest (vous décèlerez l’ironie) et ses villes balayées par les vents marins, où la scène rennaise, et bretonne en général, est décidément bénie par je ne sais quelle noire entité de la musique, mais foisonne en tout cas de groupes de toutes sortes, de musiciens pour toutes les sous-branches et tout les goûts, du black DSBM au death rugueux passant par le black thrash au vitriol, jusqu’à certains niveaux et âges insoupçonnés, ville où germent les pousses virtuoses et maléfiques de formations en devenir ou déjà sur scène, défendant chaque pouce de leur terrain, et surtout de leur talent, avec une audace et une modestie bien particulière à cette région, semblerait-il. Bref, arrêtons de tergiverser, et rentrons dans le vif du sujet, qu’il est d’ailleurs, entaillé à vif, suppurant, sanguinolent, et terriblement prenant.
C’est ainsi, avec un regard  que j’assiste depuis un petit bout de temps à la progression la plus sûre et simple que j’ai pu voir pour un groupe. Le Géniteur vous met la raclée, tout simplement, du haut de leur (à peine, ces gars-là n’ont pas loupé la case puberté, c’est moi qui vous le dit) majorité tapante, de leur sourires humbles, et de leur talentueuses ressources, si surprenantes soit-elle, bien réelles. Au gré de riffs de guitares furieux, dégoulinants de hargne et de brutalité, d’une distortion à dégourdir un paresseux aphasique et de tritons d’une singulière répartition dans leurs compos, mais non moins agréable et originale, nos musiciens voyagent et leur auditeurs avec, passant d’un thrash qui tache, péremptoire et galopant comme on l’aime, à du death lourdaud et monolithique, en passant par des solos poignants de guitares, parfois pas très éloignés des gammes van-haliennes (s’il l’on me promet ce barbarisme), mais aussi des mélodies plus calmes, habillant la plupart des morceaux d’ambiances grandioses, abyssales et surtout savamment échafaudées, entre une prod honnête mais judicieuse et de très efficaces harmonies construites en contrepoint, mon pêché mignon, d‘une rampant dans les ténèbres de gouffres sans fins et mystérieux, tandis que l’autre égrènent ses arpèges doucereux et sinistres dans des aigus sifflants. Tout cela serait cependant bien muet en taciturne sans la voix qui, aux premiers essais du groupe, restait pourtant assez en-dessous du niveau technique général des autres musiciens - à mon avis - s’est prodigieusement améliorée, autant en termes de performance vocale pure et simple, que dans sa capacité à pouvoir exprimer certains sentiments peut être simplement mais assez bien et sincèrement pour vous prendre aux tripes, là où ça bastonne et vibre quand les émotions s’y chamboulent, qu’on ne cesse de discourir sur des éviscérations d’individus particulièrement antipathiques ou détestables, de sacrifier des victimes éplorées à la gloire d’infâmes et obscures puissances, où d’évoquer l’introspection profonde et mélancolique d’un « Mirage suicidaire », pour reprendre le titre du troisième morceau de l’EP, tout est en place et ça tient sacrément bien le coup. Et croyez-moi, ce chanteur-là, si néophyte et méprisé puisse t-il être par des grands pontes qui aiment à se pavaner parmi les formations en vogues, y parviendra mieux que certains « professionnels » (ce n’est pas que le membres soit dépourvu de professionnalisme, loin de là), là où plus d’un qui verse dans le surfait, et perd ainsi en crédibilité, à expliciter et développer ces éléments-là. Seule la batterie (sans la descendre pour autant) peut laisser à désirer : à mon goût pas assez battante et furieuse, une bonne double pédale ronronnante et quelques cymbales au glacis blasphématoires ne m’aurait pas déplu, et aurait ajouté une certaine énergie, certes déjà plus ou moins présente, en l’approfondissant d’autant plus. Quoiqu’elle excelle dans la conclusions de ses rythmiques, et en soutènement des mélodies plus apaisées…

Ainsi, en brassant un flot puissant et pléthorique d’influences, la formation, en plus d’un éclectisme pertinent dans un milieu qui par trop de conservateurisme à souvent tendance à stagner à mon plus grand regret, Le Géniteur offre une patte et une virtuosité jusqu’alors rare, et d’autant plus surprenante et agréable puisqu’elle vient des galopins pas si assez âgés que ça, ayant l’honneur d’en connaître d’un peu plus près l’un d’entre eux, des galopins qui se débrouillent quand même suffisamment bien pour donner une leçon musicale à plus d’un, même si l'album contient certaines imperfections (c'est un premier EP après tout !), un très certain potentiel est plus que démontré au long de cet EP. Force est de constater que persévérance est mère de progrès et de résultats, moi-même ayant tenté plusieurs fois de former un groupe et d’essayer tant bien mal de mettre des combos debout, chacune de ces tentatives ayant été soldées d’échec plus ou moins cuisant, ce genre de réussite de la part de musiciens partis d’à peu près rien, est réconfortante en plus d’incarner un exemple digne de ce nom, un exemple plus qu'engageant pour la prochaine génération à grimper sur les planches renommée de la scène française…





- Pestifer 

dimanche 24 janvier 2016

PLUTONIUM - Born Again Misanthrope

PLUTONIUM




Born Again Misanthrope







Industrial Black metal
Date de sortie: 11 janvier 2016
Label: Indépendant



Tracklist:
1. Born Again Misanthrope
2. Cortex Vortex
3. The Inverted Panopticon Experience
4. Casque Strength
5. The Masque Of The Green Demon
6. Renuntiationem
7. Electric Barbwire Crown Of Thorns
8. Alice In Plutoniumland (Two Minute Hate Part III)
9. Confessions Of A Suicidal Cryptologist




Très dense, radioactif et toxique sont les principales caractéristiques du plutonium. Rien d'étonnant donc à ce qu'il serve aussi de patronyme à une formation de black metal. Black industriel qui plus est, un style dont on parle finalement assez peu et qui est pourtant lui-même très varié. L'ajout de musique électronique peut être un véritable atout lorsqu'il est parfaitement maîtrisé et si je n'en écoute moi-même pas énormément, des formations telles que The Kovenant, Samael, Borgne ou Diablerie m'ont depuis bien longtemps convaincu que ce genre de métissage a parfois du bon. Ces groupes ont souvent un son unique, véhiculent des ambiances futuristes, enivrantes, étourdissantes et particulièrement malsaines à leur manière qu'on ne retrouve pas ailleurs, décuplant les effets mêmes du black metal, en repoussant les limites. 

Mais revenons à nos moutons. Formé il y a maintenant 13 ans et nous venant de Suède, évoluant depuis la sortie de son 1er album en 2007 sous la forme d'un one-man band permettant à sa tête pensante MR J de garder un contrôle total sur sa vision personnelle de la musique, Plutonium sort de manière totalement indépendante en ce début d'année son 3eme album intitulé Born Again Misanthrope, accompagné d'une pochette très shakespearienne. Constitué de 9 morceaux, cet album s'inscrit directement dans une mouvance black metal scandinave, comprendre de haute volée, froid et agressif. C'est donc la guitare qui prend la plus grande place avec ses rafales de riffs directs et assez traditionnels. Globalement, le fan lambda de black metal ne sera pas dépaysé et y trouvera largement son compte, se remémorera longtemps les lignes de guitare celles-ci rentrant facilement dans le crâne sans jamais vouloir en déloger, notamment sur les deux premiers morceaux ou "Casque Strength" et son riff si simple et tellement imparable que c'en serait presque de l'indécence. Mais MR J dévoile aussi quelques trouvailles mélodiques parfois surprenantes comme sur l'étrange balade funeste "The Masque Of The Green Demon" ou "Electric Barbwire Crown Of Thorns" ou emmène sa musique dans des directions très différentes. Il suffit d'écouter "The Inverted Panopticon Experience" et sa lente progression dissonante, aux portes d'un doom glauque et suintant la crasse ou encore le calme et mélancolique "Renuntiationem" faisant office de pause apaisante pour s'en convaincre. Born Again Misanthrope est donc un album particulièrement varié en dépit de son approche plutôt conventionnelle et chacun des ces interludes explorant de nouvelles contrées offre à MR J l'occasion de mieux repartir sur un black metal incisif et percutant. La dernière partie de l'album illustre d'ailleurs parfaitement cette dualité "Alice In Plutoniumland (Two Minute Hate Part III)" servant d'intro ambient et spatiale en mode rencontre du 3eme type sur Pluton à la viscérale conclusion de l'album, elle-même entrecoupée d'un sample anxiogène qu'on croirait tout droit sorti d'une OST hollywoodienne façon Interstellar. Sachant qu'en plus de son vécu et de ses expériences personnelles, MR J s'inspire aussi de romans dystopiques comme "Le Meilleur des Mondes", il n'est pas incongru de penser que le bonhomme ajoute volontairement ce types d'effets SF dans sa musique.
Puisqu'on en est là, je n'ai encore pas vraiment parlé de la partie industrielle. Souvent en retrait si ce n'est la boite à rythme, elle n'en est pas moins une des composantes principales de cet album, tapie dans l'ombre pour ne se mettre qu'en avant aux moments opportuns. L'électronique gère l'album en chef d'orchestre discret, construisant les morceaux de loin et ne s'affirmant qu'en de rares occasions, pour casser l'ambiance et relancer les élans black mais toujours placée idéalement, tissant patiemment sa toile afin de se jeter sur la proie qui n'aura pas pris garde au danger pourtant imminent. 
Born Again Misanthrope n'est donc pas ce que j'appellerais un album foncièrement indus, clairement plus ancré dans son approche black metal mais ces samples, la boite à rythme apportant une touche martiale et l'ambiance générale qui s'en dégage donnent indéniablement à ce 3eme effort de Plutonium une saveur particulière, froide et clinique, que l'on aime à retrouver dans ce type de production. 

Un voyage en terrain connu mais qui parvient néanmoins à jouer sur l'étrange et l'inattendu, jouissif dans ses aspects les plus traditionnels mais déstabilisant dans ses propriétés intrinsèques. Une oeuvre vraiment personnelle comme affirmé dans la description accompagnant cette promo, en d'autres termes, sincère et c'est bien là le plus important. Et un grand merci pour le CD, j'insiste car cela fait grandement plaisir et n'était clairement pas une obligation. D'ailleurs, sortie indépendante oblige, j'encourage les gens réceptifs à cet album à s'en procurer une copie rapidement puisque très limitée en nombre et présentée dans un digipack 3 volets. Sinon, il est en écoute libre sur différents supports dont vous trouverez les liens ci dessous.


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