samedi 21 février 2015

AMON AMARTH + HUNTRESS + SAVAGE MESSIAH 03/02/15 Reims, La Cartonnerie




Retour à Reims après ces petites escapades hors de mes contrées mais cette fois non pas à l'habituel Excalibur mais à la Cartonnerie, salle de moyenne envergure qui ne propose que trop rarement ce type d'affiches. Peut-être les choses vont-elles changer désormais, espérons-le en tout cas, car cette soirée fut une réussite en terme d'entrées, plus de 900 (!!) me souffle-t-on à l'oreille.

Entrée rendue d'ailleurs difficile par le zèle des agents de sécurité... C'est sûr, l'imagerie utilisée par Amon Amarth peut être intimidante pour un non habitué mais il ne faut rien exagérer, les haches ne tiennent pas dans les poches jusqu'à preuve du contraire. Du coup, le show de Savage Messiah me passe presque entièrement sous le nez et je n'assiste de loin qu'aux deux derniers morceaux. Bon ceci dit, ce type de heavy metal qui sent le réchauffé, ça peut être sympa, mais ça a plutôt tendance à me lasser rapidement, donc deux morceaux c'est bien comme ça.
Setlist:
1. Iconocaust
2. Cross Of Babylon
3. Hellblazer
4. Scavengers Of Mercy
5. The Fateful Dark
6. Minority Of One


Vient ensuite Huntress et là, même constat, définitivement pas ma tasse de thé. Musicalement plus que correct, c'est burné et les musiciens mouillent le maillot, ça pourrait même me plaire. Dommage que leur prestation soit gâchée par les hurlements désagréables d'une hystérique. Exploser les tympans de l'assistance de la sorte avant la tête d'affiche relève du crime contre l'humanité. Bref, pause clope et aller-retours au bar, ça pousse à la consommation en plus!
Setlist:
1. Senicide
2. Harsh Times On Planet Stocked
3. Spell Eater
4. Starbound Beast
5. Zenith
6. Flesh
7. I Want To Fuck You To Death
8. Eight Of Swords


D'un autre côté, ça met en condition pour Amon Amarth! C'est par un véritable raid organisé sur la France, la Grande Bretagne et la péninsule ibérique que les guerriers nordiques ont à coeur de marquer un grand coup une dernière fois avant la sortie de leur prochain hommage aux Ases, dont la sortie est prévue cette année. Fidèle à sa réputation, le groupe suédois nous offre un show puissant et mélodique à la fois. Les riffs galopants prennent définitivement tout leur sens en live. La communication entre Johan Hegg, au charisme et à la bonne humeur naturelle, et le public rémois est exemplaire, notamment lorsqu'il s'essaie au français, les bières se lèvent (je crois bien qu'on a littéralement péter les scores de débit de boisson de la salle) et la fosse ressemble de plus en plus à un champs de bataille, entraînée dans cet exercice par le headbanging sauvage des vikings. Le son est massif, imposant tout en restant clair, comme sur album cela risque donc d'être épique!
Malgré le fait que le groupe tourne désormais depuis presque 2 ans sur le même album, Deceiver Of The Gods et que la setlist est, de fait, évidemment quasi identique depuis tout ce temps, les metalheads présents n'en ont cure et réveillent le viking qui est en eux à la demande de Johan, reprennent en choeur les mélodies cultes et imparables et tentent, parfois (souvent) vainement d'accompagner Johan et sa voix gutturale. Pour autant, et c'est aussi ce qui est sympa avec Amon Amarth, les suédois piochent dans l'intégralité de leur discographie, contentant ainsi tout le monde. Seul The Crusher est passé à la trappe mais d'anciens morceaux cultes comme "Death In Fire" ou "Victorious March" ont toujours autant d'impact. Ce dernier clôt d'ailleurs la soirée avant les rappels, derniers sursauts d'énergie et pas des moindres d'un côté comme de l'autre. "Twilight Of The Thunder God" suivi de "The Pursuit Of Vikings" c'est certes facile, mais tellement efficace!
Amon Amarth remercie longuement et chaleureusement le public de s'être déplacé en nombre et d'avoir si bien répondu aux assauts du groupe avant de quitter les planches. On peut dire ce qu'on veut sur Amon Amarth, que le groupe se répète ou que le prochain album se fait attendre, il n'empêche qu'il ne déçoit jamais sur ses prestations live. 
Setlist:
1. Father Of The Wolf
2. Deceiver Of The Gods
3. Live For The Kill
4. Varyags Of Miklagaard
5. Asator
6. For Victory Or Death
7. As Loke Falls
8. Bleed For Ancient Gods
9. Death In Fire
10. The Last Stand Of Frej
11. Guardians Of Asgaard
12. Shape Shifter
13. Cry Of The Black Birds
14. War Of The Gods
15. Victorious March

Rappel:
16. Twilight Of The Thunder God
17. The Pursuit Of Vikings

jeudi 19 février 2015

BEHEMOTH + THE GREAT OLD ONES, 15/12/14 Savigny-Le-Temple, L'empreinte







Enfin! Après une longue série d'empêchements en tous genres et de jeux de malchance, j'ai enfin vu Behemoth! Lorsque l'annonce que les Polonais passent dans le coin parvient à mes oreilles, cette fois c'est décidé, hors de question de louper ça une fois encore. Et en plus, on me sert The Great Old Ones sur un plateau en guise d'échauffement. Et c'est à l'Empreinte de Savigny-le-Temple que ça se passe, chouette petite salle où j'ai déjà pu apprécier Gojira ou Pittbulls In The Nursery parmi d'autres. Salle bien remplie pour l'occasion d'ailleurs et c'est tant mieux. Une telle affiche, c'est immanquable. 

Alors à force d'en parler on va peut-être dire que je suis un vendu à la solde de LADLO (ce qui n'est pas totalement faux, mais tant que la qualité est là, je ne vais pas me priver et c'est du bénévolat, pour mes tarifs de suce boules, veuillez me contacter par mail) mais sur ce coup là, c'était pas tellement prévu d'une part et ensuite, The Great Old Ones a quand même la putain de classe! Première partie oblige, la setlist est écourtée mais les Bordelais parviennent sans peine à convaincre ceux qui ne les connaissaient pas encore. Leur black metal lovecraftien fait mouche et embarque l'assistance dans son monde terrifiant peuplée de créatures aussi étranges que dangereuses. Des premiers mots de la désormais habituelle introduction "Je Ne Suis Pas Fou" au dernier accord, je suis submergé par l'aisance avec laquelle le groupe retranscrit ses ambiances sur scène. Les trois guitares sont stridentes et témoignent parfaitement dans leurs déchaînements sonores de l'horreur indicible dans laquelle les protagonistes se trouvent bien malgré eux. Les jeux de lumières, d'un bleu blafard ne rendent que justice au blizzard musical, une fumée dense achève de mettre en place l'aspect visuel et si le portrait de Lovecraft a disparu du fond, son oeuvre n'en est pas moins sublimé une fois encore. Parfaite symbiose avec la température extérieure, c'est certain, The Great Old Ones en a fait frissonner plus d'un et a gagné de nouveaux fans ce soir.
Setlist:
1. Je Ne Suis Pas Fou / Antartica
2. Visions Of R'Lyeh
3. The Elder Things
4. Jonas
5. The Truth 


Le temps d'un rafraîchissement et aux techniciens de s'affairer sur scène et la place est investie par le géant polonais Behemoth. Cette configuration de petite salle laisse peu de place aux décors habituels du groupe. Symboles occultes, serpents et structures métalliques sont malgré tout bien là, l'espace, même réduit est totalement utilisé. Conforme à l'esthétique des albums du groupe, toujours soigné donc même quand cela est restreint. Nous pouvons toujours compter sur les divers accessoires utilisés en cours de route pour ajouter un côté grandiloquent et théâtral, du corpsepaint aux torches. L'énorme batterie d'Inferno est surélevée er surplombe l'assistance. Il manque bien les effets pyrotechniques, n'ayant vu jusque là Behemoth qu'en vidéo, mais nous sommes ici dans une salle qui ne permet pas une telle mise en scène hollywoodienne. Les musiciens feront le reste! Pas de doute, Behemoth ne fait vraiment pas dans le minimalisme. En terme de son également, déjà rendu à moitié sourd pendant les balances, je crains pour la suite et mes capacités auditives. Crainte confirmée dès que l'intro de "Blow Your Trumpets Gabriel" laisse place aux grosses saturations et aux blastbeats. Malgré tout, il m'en faudra bien plus pour me foutre ma soirée en l'air. Après m'être quand même précautionneusement reculé, je profite donc d'une vue globale de la scène et c'est vraiment un grand spectacle auquel nous assistons. Nergal et Orion arpentent la scène de long en large, invitent le public à participer au maximum bref, ils donnent de leur personne et cela fait vraiment plaisir à voir. Concernant Nergal, quelle prestance! Je ne sais pas si on peut véritablement parler de charisme mais sa dépense physique est en tout cas communicative et l'assistance y répond avec enthousiasme. Ah et j'allais oublier, mention spéciale à Orion pour ses grimaces, c'est hilarant! 
Bien évidemment peu de surprises musicalement parlant si ce n'est une setlist assez peu centrée sur The Satanist (4 extraits seulement) mais je ne vais pas m'en plaindre. Un best-of dans le genre qui varie les plaisirs, en piochant dans la discographie fournie de Satanica à Evangelion n'est certainement pas pour me déplaire. Et je ne suis pas seul à en juger les réactions quand "Decade Of Therion" ou "Chant For Eschaton 2000" font trembler les murs de l'Empreinte. Bon un petit "Antichristian Phenomenon" manquait à l'appel mais je ne vais pas faire le difficile. Le groupe clôture la soirée de la même façon que se termine The Satanist par le psalmodiant et énigmatique "O Father O Satan O Sun!" qui prouve que Behemoth, cornes démoniaques sur la tête pour ce seul rappel, tout brutal et imposant qu'il est, sait aussi varier les ambiances. Un grand concert, par un grand groupe mais dans une petite salle qui permet une proximité et une réelle communion avec les musiciens, ce que l'on ne retrouve pas ailleurs. Mis à part le volume un peu trop poussé, les conditions étaient idéales et comme je l'ai annoncé en sortant de ce concert "je suis dépucelé du Behemoth, ça fait toujours mal la première fois." 
Setlist:
1. Blow Your Trumpets Gabriel
2. Ora Pro Nobis Lucifer
3. Conquer All
4. Decade Of Therion
5. As Above So Below
6. Slaves Shall Serve
7. Christians To The Lions
8. The Satanist
9. Ov Fire And The Void
10. Furor Divinus
11. Ludzie Wschodu
12. Alas, Lord Is Upon Me
13. At The Left Hand Ov God
14. Chant For Eschaton 2000

Rappel: O Father O Satan O Sun!

mardi 17 février 2015

REGARDE LES HOMMES TOMBER + DEUIL + AÎN 29/11/14 Belleville-sur-Meuse, MJC du Verdunois





Choix des plus cornéliens pour ce samedi soir... En effet pas moins de 3 concerts géographiquement assez proches de chez moi et il me fallait donc me décider entre The Walking Dead Orchestra à Château-Thierry, Regarde Les Hommes Tomber dans l'agglomération de Verdun ou Trepalium à Jarny. Mon choix se portera finalement sur Regarde Les Hommes Tomber pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'ils m'ont foutu une sacré branlée en septembre dernier à Nantes à l'occasion de l'anniversaire de leur label, Les Acteurs de l'Ombre. Ensuite, les premières parties Deuil (eux aussi adoubés par LADLO) et Aîn, groupe particulièrement mystérieux sur lequel très peu d'informations circulent, éveillent ma curiosité. Ça et puis le fait que c'était quand même plus dans l'esprit de mon humeur du moment.
Ce sera aussi l'occasion de faire connaissance avec Thomas, le nouveau chanteur de Regarde Les Hommes Tomber U.W. ayant choisi de quitter le groupe (pour se concentrer sur le prochain Otargos?).


Malgré la présence de Trepalium à quelques kilomètres de là, c'est une bonne centaine de personnes qui auront fait le déplacement, ce qui est tout à fait honorable. La salle, accolée à la MJC locale est bien sympathique et bénéficie d'une bonne acoustique, programmation future à surveiller donc.


C'est au groupe messin Aîn, à la discographie encore vierge que revient la tâche de chauffer le public. Le groupe revient d'une tournée en Europe de l'est et donne ce soir son premier concert sur le sol français. Plutôt atypique comme démarche, mais pourquoi pas. Toujours est-il que le post-doom black metal, tel qu'ils définissent leur musique, est une bien bonne surprise. Mise en scène quasi religieuse, tenue style bure de moine capuche sur la tête et visage tourné vers le sol, du déjà vu tout ça cependant la musique parle et c'est bien là l'essentiel. Aîn joue donc sur les ambiances, ici parfaitement retranscrite, changements de tempo, plages atmosphériques, guitares dissonantes et larsen à l'appui, tout en démontrant qu'il est encore possible pour de nouveaux venus de proposer quelque chose de suffisamment bien construit et original dans le style. C'est pour ce genre de découvertes que j'assiste aux premières partie. Là, c'était bien dans le ton de la soirée sans être trop proche des autres groupes à l'affiche et parfaitement exécuté. Surpris par ce set, le public présent en ressort finalement conquis d'après les commentaires entendus pendant l'entracte. Il me tarde de pouvoir écouter le rendu studio.

Convaincre après Aîn et en sachant qui va boucler la soirée, tel est le défi que Deuil va devoir relever. Défi relevé qu'à moitié par la formation belge car après un EP qui m'avait pas mal botté, j'en attendais plus et Deuil n'est malheureusement pas parvenu à me laisser un souvenir impérissable. Leur show était appréciable, carré et c'est plongé dans l'obscurité que nous apprécions leur sludge mortuaire. Tous les éléments étaient donc là mais il manquait quelque chose à leur prestation pour en faire le moment de recueillement attendu. Il faut dire que le groupe boucle la chose rapidement avant de quitter la scène brusquement. Dommage car leur EP est vraiment bon. Espérons que la prochaine fois, avec leur premier long play à paraître cette année, sera la bonne car ça m'emmerde sincèrement de rester sur une impression en demi teinte.

Ce qui est chiant avec les groupes comme Regarde Les Hommes Tomber, c'est que quand t'as déjà écrit un article sur eux, ben tu sais plus trop quoi en dire. Certainement pas de déception ici, bien au contraire. Les Nantais nous embarquent une fois de plus dans le chaos le plus complet et nous font contempler l'abîme de son sludge blackisé puissamment vertigineux avec une facilité déconcertante. Vous connaissez cette sensation d'être attiré par le vide? C'est ça, Regarde Les Hommes Tomber ne s'appelle pas comme ça par hasard. Thomas (aussi chanteur de War Inside) s'en sort admirablement bien, dans un registre peut être plus proche du black metal. Aucune crainte à avoir quant à l'avenir du groupe donc. L'ayant vu à deux reprises en deux mois et avec les deux vocalistes, je peux assurer que le prochain album à paraître également cette année sera encore un grand moment de musique cataclysmique. Pas un mot entre les morceaux, pas de rappel, là encore l'affaire est rapidement dans le sac. Mais bon sang, je ne regrette pas d'avoir fait ce choix.

dimanche 15 février 2015

THE HOUSE OF CAPRICORN - Morning Star Rise

THE HOUSE OF CAPRICORN


Morning Star Rise





Gothic doom / Occult rock
Date de sortie: 9 novembre 2014
Label: Svart Records


Tracklist:
1. The Road To Hell Is Marked
2. In The Light Of Lucifer
3. Our Shrouded King
4. Ashlands
5. The Only Star In The Sky
6. Ivory Crown
7. Watching Angels Fall
8. Covenant's Ark
9. Dragon Of Revelations






Aussi loin que remonte la musique rock, et même bien avant d'ailleurs, il était là. Toujours prêt à inspirer de jeunes artistes en herbe, il compte parmis l'une, si ce n'est LA plus grande influence du monde de la musique. Du bluesman Robert Johnson qui le croisa un soir sombre à un carrefour perdu du Mississippi aux plus obscurs groupes de black metal d'aujourd'hui, nombreux sont ceux qui lui auront rendu hommage au travers d'oeuvres blasphématoires. Certains d'entre eux auront d'ailleurs batti leur carrière entière sur le soi-disant pacte qui les lie. Dignes héritiers de Coven, Black Widow, Mercyful Fate ou plus récemment The Devil's Blood et Jex Thoth, les Néo-Zélandais de The House Of Capricorn rendent à leur tour gloire au Malin. 
Formé en 2001 à Auckland, le groupe est déjà auteur de 2 albums dans un registre stoner/doom. Nouvelle signature avec le label finnois Svart Records pour ce troisième essai Morning Star Rise, évolution du style et pour ce que j'en sais une bien meilleure exposition, tout concorde pour faire de The House Of Capricorn la petite révélation de fin d'année qui aurait pu accompagner votre réveillon de Noël si je n'avais pas accumulé un retard énormissime dans la rédaction de mes chroniques. 
 Évolution stylistique disais-je. Mais si The House Of Capricorn ne s'est pas totalement défait de ses influences originelles, d'autres références sont venues enrichir leurs incantations démoniaques devenant ainsi plus diversifiées, intrigantes et addictives. 

Diversifié car la groupe ajoute désormais une réelle dimension occulte et ennivrante à la manière d'un The Devil's Blood ou Coven. Parfois construit autour d'atmosphères gothiques, The House Of Capricorn muscle également son propos par de gros riffs punk rock ("The Road To Hell Is Marked") voire des arpèges malsains empruntés au black metal nordique ("In The Light Of Lucifer"). Le terrible "Our Shrouderd King" en est la parfaite symbiose, là où tout se mêle dans une grande orgie musicale décadente. Et cette prestation de Marko Pavlovic! Le charisme si particulier du regretté Peter Steele (c'est encore plus flagrant sur "Dragon Of Revelations") additionné à la hargne d'un cobra crachant son venin. 
Intrigant car on se laisse bien trop facilement submerger par l'occultisme ensorcelant de cette oeuvre cherchant à corrompre les esprits. Il y a malgré l'énergie véhiculée par le groupe sur un "Ivory Crown" une véritable ambiance solennelle derrière ce diabolus in musica. Enivré par les douces mélodies vicieuses d'un "The Only Star In The Sky" il me prend l'envie d'allumer des bougies et de dessiner des pentagrammes au sol à chaque écoute. 
Addictif car oui, cette musique est vicieuse. Elle parasite les cerveaux insidieusement, pervertit les âmes et les textes vous invitent sournoisement à prier Satan de tout votre coeur.  Morning Star Rise vous rentre dans le crâne pour ne plus en sortir et si par malheur la Bête vous apparaît, vous ne reviendrez jamais plus.

Alors certes, j'adoucis mon propos ce soir de Saint Valentin (who cares?) mais c'est aussi la force de notre metal chéri: se faire aguicheur pour mieux détourner les brebis du droit chemin. Les loups sont lâchés, le bouc leur sert de guide!













jeudi 12 février 2015

VOICES - London

VOICES


London






Avant-garde black metal
Date de sortie: 17 novembre 2014
Label: Candlelight Records


Tracklist:
1. Suicide Note
2. Music For The Recently Bereaved
3. The Actress
4. Vicarious Lover
5. Megan
6. Imaginary Sketches Of A Poisoned Man
7. The Antidote
8. The Fucktrance
9. Hourglass
10. The House Of Black Light
11. The Final Portrait Of The Artist
12. The Train Victoria Line
13. The Ultimate Narcissist
14. Cold Harbour Lane







Jason Mendonça ne semblant pas décidé à reprendre une carrière musicale depuis le split d'Akercocke, c'est désormais sur Voices, groupe formé en 2012 par ses anciens camarades qu'il faudra se rabattre. Le trio de rescapés Peter Bemjamin (guitare, chant), Sam Loynes (guitare) et David Gray (batterie) recrutent le bassiste Dan Abela (Sarah Jezebel Diva) pour compléter le line-up, signent un deal avec Candlelight Records que l'on ne présente plus et sort dans la foulée l'album From The Human Forest Create A Fugue Of Imaginary Rain.

Partant de ce constat, les comparaisons entre Voices et son grand frère sont inévitables et il est certain qu'il y aura une part de détracteurs qui préféreront quoiqu'il arrive l'ancienne formation. Pour autant, il convient de considérer Voices comme un nouveau groupe à part entière et non de le prendre comme la "suite" d'Akercocke. Si effectivement Voices ne renie pas complètement son héritage et emprunte certains des éléments clés qui faisaient Akercocke, les choses ne sont pas si simples et la recette n'est pas tout à fait la même. Exit le satanisme outrancier qui laisse place aux troubles mentaux! Déjà Voices se démarquait de son prédécesseur sur From The Human Forest Create A Fugue Of Imaginary Rain et pourtant, London va plus loin encore, décuplant tous ces aspects, sculptant ces traits au millimètre et faisant preuve d'une redoutable précision quand il s'agit de vous torturer les méninges. Bien que la mélodie ne soit pas l'élément recherché, le travail complexe des guitaristes démontre une grande dextérité. Les riffs sont plus chaotiques, inhabituels et l'expérimentation plus poussée, les structures déjantées. Peter Benjamin se révèle être un excellent frontman utilisant un panel de voix assez large allant du black metal aggressif au chant clair en passant par divers cris de douleur, de désespoir ou de folie à faire froid dans le dos. Je note d'ailleurs chez lui de grands progrès, son chant clair étant des plus justes, ressortant de façon plus naturelle et s'accordant mieux à la musique tandis que ses prestations extrêmes le voient littéralement habité par son personnage à la santé mentale brisée. Quant à David Gray, quel monstre! Il prouve une fois de plus qu'il est réellement un batteur hors pair, rien de moins. Si l'on pense parfois à certains groupes avant-gardistes tels que Deathspell Omega, Arcturus ou Solefald, Voices a su insuffler à son oeuvre décadente une réelle personnalité, jouant sur les sonorités, les textures et les ambiances. C'est parfois glacial, terrifiant ou hypnotique. C'est en tout cas époustoufflant, une véritable cacophonie orchestrée aussi peuplée et diversifiée, anxyogène, oppressive et claustrophobique que la ville qu'il décrit.

Choisissant la voie de l'album conceptuel, dont je ne suis d'ailleurs pas certain d'avoir saisi toutes les ramifications (le groupe semble vouloir rester dans le flou le plus complet), Voices dépeint un Londres torturé où il ne fait pas bon se promener seul aux heures tardives, un dédale de ruelles mal famées où se trament crimes en tous genres et sexualité dépravée dans les recoins sombres et crasseux. C'est ce décors glauque qui servira de toile de fond au déroulement de l'histoire d'un homme au bord du suicide, sombrant peu à peu dans la folie au milieu d'une ville immense où son seul contact humain semble être une prostituée, Megan. D'après les commentaires audio disponibles sur Spotify, le groupe se serait largement inspiré de la nouvelle "The end of the affair" de Graham Greene. Ce que je peux en dire après une rapide recherche, c'est que l'on retrouve effectivement les thèmes de jalousie, d'amour impossible et de haine.

Le concept, avec ses zones d'ombre et ses personnages étranges est ici on ne peut mieux exploité. Les dissonances, les changements brutaux, accélérations et décélérations, les riffs alambiqués, les hurlements hallucinés et le chant dépressif de Peter font pleinement ressentir la folie désespérée du personnage central. A cela s'ajoutent quelques passages narratifs pour un rendu quasi cinématographique. Nous ne savons d'ailleurs pas vraiment s'il s'agit d'une simple voix off descriptive ou des halluconations / délires du protagoniste. L'agencement des titres qui ne rend cet album écoutable qu'intégralement, les textes qui sont présentés dans le livret en un seul bloc, comme s'il s'agissait des paroles d'un seul long morceau, tout laisse à penser que London a été conçu comme la bande son d'un film. Et je paierais cher pour en voir une adaptation par un Lynch en plus glauque ou un Ferrara en plus malsain.

Repoussant encore les limites de leur tourbillon de mélancholie psychédélique et d'explosions psychotiques (c'est ce que dit leur page facebook!), Voices se dégage définitivement de ses prétendues ressemblances avec Akercocke. London est la preuve que les Anglais ont su rebondir et trouver leur voie. Voie qui laisse encore beaucoup d'explorations possibles, pour cela faisons leur confiance!















samedi 7 février 2015

CLOUDS - Doliu

CLOUDS


Doliu





Doom death atmosphérique
Date de sortie: 26 mai 2014
Label: Domestic Genocide Records


Tracklist:
1. You Wen So Silent
2. If These Walls Could Speak
3. Heaven Was Blind To My Grief
4. A Glimpse Of Sorrow
5. The Deep Vast Emptiness
6. Even If I Fall








Prenez un anglais, un belge, un néerlandais... On commence une blague? Les membres de Clouds ont choisi pour leur part de démarrer un groupe. Et puisque le doom / death atmosphérique développé sur Doliu (deuil en roumain) est dédié aux proches aujourd'hui disparus, pour l'humour, il faudra repasser.

Regardons d'un peu plus près ce line-up, international donc, pour voir un peu de quoi il retourne exactement. Si l'expérience dream team du metal a déjà été tentée avec plus ou moins de réussite, ce "supergroupe" comporte quand même pas mal d'atouts. Nous retrouvons ainsi aux postes de batteur, chanteur et principal compositeur l'ancien grogneur des doux dingues Unfathomable Ruination Daniel Neagoe dont nous avons déjà pu apprécier les talents dans des formations telles que Sidious ou Eye Of Solitude et, pour le seconder derrière le micro, le féringien Jón Aldará (Barren Earth, Hamferd) et le néerlandais Pim Blankenstein (Officium Triste) pour une piste chacun. Les vocalistes alternent le grondement sourd d'un chant death ténébreux que tout espoir semble avoir abandonné et chant clair profond et empli d'émotions. Tous trois d'excellents chanteurs à mon humble avis (et je suis assez difficile en terme de chant) qui devraient vous convaincre assez facilement, surtout quand les 2 types de voix se superposent et s'ajoutent aux choeurs au beau milieu de "If these walls could speak." Suivi d'un magnifique solo de la part du guest Ben Ellis (Bloodshot Dawn), l'instant est immersif et empathique.

Aux guitares justement, la paire est composée de Jarno Salomaa (Shape Of Despair) et du très prolifique Déhà (pléthore de groupes et de très bonnes sorties l'année dernière avec Merda Mundi, Vaer, We All Die (Laughing) etc...) qui officie également au poste de bassiste. Si l'accent n'est pas spécialement mis sur les guitares, elles s'imposent néanmoins de toute leur force lorsqu'elles frappent, durement et souvent sans prévenir lorsque la surcharge émotionelle véhiculée par un timide et minimaliste piano devient critique. Accordées au plus bas, elles assènent leurs riffs tout en lourdeur laissant planer une atmosphère suffocante de désolation.
Le piano, ainsi que tous les claviers présents sur Doliu sont l'oeuvre de Kostas Panagiotu, connu pour son travail avec Pantheist. Si les nappes de claviers enveloppent les moments les plus sombres de Clouds, c'est bien le piano qui sert de liant au tout de part ses interventions solistes dans le calme et la mélancholie. Posé, ses interventions servent de guide dans cette traversée d'idées noires et bien que d'une simplicité assez marquée, tappent dans le mille. Un bon exemple est la partie instrumentale de "A glimpse of sorrow" qui se laisse aller à une profonde mélancholie nostalgique avant de glisser peu à peu, menée par une guitare montant lentement en intensité en background vers un douloureux aperçu de la tristesse comme l'indique le titre.

C'est la grande force de cet album qui contrairement à nombres de sorties doom atmosphérique ne se répand pas en répétitions sans fin des mêmes riffs mais est sans cesse renouvelé grâce aux variations qu'apportent ces parties plus calmes au piano. Chacune de ces séquences est d'ailleurs assez courte comparativement à la longueur des morceaux ce qui permet de resté captivé toute l'heure que prend Doliu.

L'album se termine sur 2 pièces empruntant en sus aux sonorités post-rock ou à l'ambient du plus bel effet qui s'étirent sur de longues plages instrumentales enivrantes et méditatives.
Comme vous avez pu le remarquer, Clouds est formé de musiciens, voire multi-instrumentistes, impliqués ou ayant été impliqués dans bon nombres de projets musicaux. Ces gars-là sont passionnés par ce qu'ils font comme en témoigne leurs longues discographies et cela se ressent inévitablement à l'écoute de cet album. Mixé par Déhà himself, Doliu est disponible en version CD mais prenez garde, le premier pressage est déjà épuisé et le second prend le même chemin rapidement. Toutefois, sachez qu'une édition vinyle est en préparation.









mercredi 4 février 2015

WROUGHT IRON - Rejoice And Transcend

WROUGHT IRON


Rejoice And Transcend





Black death metal / grindcore
Date de sortie: 24 juin 2014
Label: Grimoire Records


Tracklist:
1. Dawn Of The Swamp
2. White Death
3. Danse Macabre
4. Brine
5. König Von Scheisse
6. Revelation And Awakening
7. Descendant
8. Impulse Hangover
9. Coyote






Il y a des labels comme ça qui, d'un coup vous apparaissent comme de véritables messies, répendant la mauvaise parole du metal dans sa version la plus crue avec la fâcheuse tendance à se révéler, en plus, d'incroyables dénicheurs de talents. Et en ce qui concerne Grimoire Records, nous n'avons pas fini de vous en parler, croyez moi! D'ailleurs ce n'est pas la première fois, souvenez-vous de Barbelith. Et voilà comment en peu de temps, un petit label m'aura fait forte impression au point que je guette désormais chacune de leurs sorties. J'avais déjà goûté aux plaisirs de Torrid Husk ou Dweller In The Valley, puis Barbelith donc, au tour désormais de Wrought Iron, en attendant The Vomiting Dinosaurs qui s'annonce lui aussi assez prometteur. Rien que le nom mérite une écoute. Mais je m'égare et en parlant de nom, autant dire que Wrought Iron porte plutôt bien le sien. Le metal, c'est trop propre. Là, on parle bien de fer, le genre bien rouillé et qui infecte la plaie si on se blesse avec. Et forgé qui plus est, donc longuement travaillé à grands coups de marteau et battu tant qu'il est brûlant, tout juste sorti de sa forge infernale.
Ma comparaison n'est pas si hasardeuse. D'ailleurs si le fer est chauffé avant d'être travaillé, ce n'est pas un hasard, celui-ci devenant plus facile à modeler. Wrought Iron a créé sur son premier album un véritable alliage blasphématoire, s'allouant les plus noirs desseins des différents sous-genres les plus extrêmes. Il ne s'agit même pas d'une simple succession de riffs empruntant à tel ou tel style mais plutôt d'un mélange homogène ressortant si naturellement qu'on se croirait parfois projeté dans le local de répèt du groupe, lieu où l'album a d'ailleurs été capté. Le son est des plus agressifs, rugueux à souhait et les 35 minutes que chiffre Rejoice And Transcend paraissent ne former qu'un seul long morceau de powerviolence cathartique envoyé avec une méchanceté innée et inouïe, sans aucun moment de répit si ce n'est quelques ralentissements de tempo malsains qui raviront les sado-masos adeptes d'une délicieuse torture musicale. Et ce n'est pas peu dire tant l'album est globalement ultraviolent et rapide.

Grind, death, black, crust... Tout y passe et il faut bien reconnaître aux musiciens une intelligence indéniable dans la compositions de ces 8 titres. Ces influences sont toutes parfaitement assimilées et se mêlent les unes aux autres sans que l'on y prenne garde, preuve d'un savoir-faire évident de la part d'une formation si jeune. Le plus étant la performance de Kenny, le vocaliste, dont les hurlements sauvages et enragés exhalent la malveillance tout en s'adaptant sans souci aux changements stylistiques de ses musiciens.

Wrought Iron est définitivement un groupe fait pour vous malmener, vous chauffer et vous marteler jusqu'à faire de vous son pantin. Vous n'en sortirez pas indemne, quelle claque!