dimanche 20 décembre 2015

OLDD WVRMS - NØT

OLDD WVRMS




NØT






Doom / sludge
Date de sortie: 17 septembre 2015
Label: Indépendant



Tracklist:
1. Corrosive
2. Crawling Things
3. She Stands Behind
4. Erath







Tandis que Pantheist s’est délocalisé outre-Manche et se fait depuis plutôt rare tout en s’éloignant de plus en plus de son univers musical original, qu’Amenra n’a plus tellement besoin de présentation et poursuit sa pente ascendante, nous assistons depuis quelques temps à l’émergence d’une nouvelle scène belge se réclamant du doom / sludge avec, je dois, le dire, un certain talent. Nous pourrions par exemple citer Deuil ou encore Bathsheba dont le premier EP sorti plus tôt dans l’année est plus que prometteur mais intéressons nous aujourd’hui à Oldd Wvrms
Formée seulement l’année dernière au coeur des Ardennes belges, la formation ne tarde pas à ouvrir sa discographie avec Mater Serpentium paru en juillet soit à peine 2 mois avant NØT et devant la qualité de ce 4 titres, c’est tant mieux si le groupe se montre si prolifique sachant qu’il planche déjà sur un premier long play. Puisant son inspiration des vieilles légendes locales incluants sorcières et rituels oubliés, Oldd Wvrms se démarque des groupes précités en combinant à son doom / sludge les atmosphères funestes tirées du black metal mais aussi des influences plus old school, le types de riffs pachydermiques et groovy à la fois que l’on retrouve chez Electric Wizard voire Black Sabbath. 


Passé l’artwork signé Cryptworm qui en dit déjà long sur le contenu, doom et occultisme sont bien au rendez-vous, nous entrons dans le vif du sujet avec "Corrosive". Son intro parlée (les amateurs reconnaîtront un extrait de la série True Detective) annonce la couleur et impose déjà une pesanteur teintée de mysticisme mais ce n’est encore rien comparé à l’instant qui suit. Oldd Wvrms s’écrase de toute sa masse à l’aide d’une section rythmique percutante appuyant lourdement la guitare accordée au plus bas. Musicalement, un gros coup de massue. Et vocalement? La voix arrachée de Vince fait des merveilles. Sans être nécessairement très originale, celle-ci s’adapte parfaitement à cette atmosphère poisseuse et torturée. Une excellente entrée en matière, je suis déjà conquis.
"Crawling Things" poursuit le bal de sa lente montée en puissance. Ce morceau offre déjà une nouvelle facette du groupe et c’est cette fois la basse qui mène en grande partie la danse et donne tout son sens au titre. Tapie dans l’ombre, rampante, elle installe une aura malfaisante qui perdurera tout le long du morceau. S’ajoutent alors guitares lancinantes et chants clairs, proches d’un chant liturgique maudit se mêlant parfaitement au chant hurlé principal. L’association est assez surprenante, plus encore quand une voix féminine intervient de manière totalement imprévisible sur la fin du morceau mais fonctionne sans problème. Oldd Wvrms se montre décidément bien habile lorsqu’il s’agit de créer des ambiances envoûtantes. 
"She Stands Behind" reprend plus ou moins la même recette tout en ralentissant encore la chose. Evoquant des images de cimetières brumeux, de rituels occultes au clair de lune, plus lourd encore que les précédents, ce morceau nous ramène immanquablement, si ce n’est la voix, à ces ténors du genre mentionnés plus haut.
Oldd Wvrms conclut finalement sur une outro ambient aux sonorités aquatiques avec "Erath" ouvrant un peu plus le champs des possibles quant aux directions futures prises par le quartet.
Ce 4 titres étant d’une grande qualité et témoignant d’une maturité indéniable malgré la variété des influences qui le composent, je resterais très attentif quant aux prochaines sorties du groupe. Un album complet leur permettra sans doute de poursuivre leurs explorations musicales tout en développant au maximum toutes leurs capacités, déjà très séduisantes. Quand on se rappelle que le groupe n’a qu’un an derrière lui, on est clairement en droit de se demander de quel genre de monstre il va accoucher.


Si cet EP, de même que Mare Serpentium, est en "name your price" sur bandcamp, je ne saurais que trop conseiller à ceux qui préfèrent une copie physique de se dépêcher de s’offrir la cassette (old school jusqu’au bout!) sortie via Fear Of Gun, celle-ci étant limitée à 50 exemplaires seulement.


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mercredi 16 décembre 2015

BLACK ARTS CEREMONY IV - 17/10/15 Jack Jack, Lyon





Créée en 2010 afin de promouvoir en particulier la scène black metal sur la région lyonnaise, l’association Wintermoon Productions lance la même année la première mouture d’un festival au nom évocateur, le Black Arts Ceremony. Il faudra malgré tout attendre 2012 pour qu’une seconde édition voit le jour et l’événement est depuis devenu annuel, nous sommes en droit de nous poser la question de sa pérennité vue la faible affluence de cette année (à peine plus de 150 entrées le vendredi, même pas 200 le samedi). Bien que très underground, l’affiche avait pourtant de quoi allécher mais pas assez visiblement pour attirer les curieux. Pas mal de gens ont fait le déplacement d’assez loin, à commencer par votre serviteur, des régions voisines mais aussi des pays frontaliers, reste donc à savoir si le public présent ce week-end sera fidélisé. Pour ma part, je reviendrais avec plaisir l’année prochaine. 
Le Black Arts Ceremony fait en tout cas un pas en avant se déroulant désormais sur 2 jours. Point de CCO de Villeurbanne, cette fois c’est au Jack Jack de Bron, soit à quelques kilomètres de là qu’il faut se rendre, salle de très bonne qualité semble-t-il, les conditions acoustiques étaient en tout cas exemplaires d’un bout à l’autre. Seule l’infrastructure du lieu aura de quoi dérouter au début avec ses escaliers à monter / descendre selon que l’on rejoigne la salle ou le bar situé de l’autre côté. En parlant de bar, mention spéciale pour la brasserie qui a épanché notre soif, la Bière du Temps et surtout sa bière blanche, une vraie petite merveille. 
(Je tiens à préciser que les vidéos ci-dessous ne sont pas les miennes, merci à leur(s) auteur(s)!)


Mais laissons de côté ces détails et revenons à quelque chose de plus sérieux. Présent uniquement le samedi à cause de ce fichu boulot qui m’empêche de headbanger en rond le restant de la semaine et donc exit les Shaddai, Fides Inversa, Caïnan Dawn, Merrimack et autres Throne Of Katharsis...), les festivités débutent une nouvelle fois avec Maïeutiste qui fait aujourd'hui figure de touche locale. C’est assez frustrant de revoir ce groupe en tout début de soirée car si je me laisse encore facilement emporter par leur black metal très personnel, j’aimerais que cela dure plus longtemps afin d’en profiter au maximum. Après avoir chroniqué leur album et les avoir vu donc deux fois, je reste persuadé que Maïeutiste possède les atouts nécessaires pour devenir un futur “grand” de la scène hexagonale et j’ai vraiment hâte de voir comment le groupe va évoluer. 
Setlist:
Intro
In the mirror
The fall
Absolution
Lifeless visions
Death of free thinkers




Ce sont nos voisins suisses de Borgne qui investissent ensuite la scène. Changement d’ambiance donc puisque nous nous dirigeons tout droit vers un black metal plus raw, plus froid, plus sinistre. Ne connaissant que très moyennement le groupe (je fais partie de ceux qui ont leur préférence pour leurs compatriotes de Darkspace à qui on les compare souvent si ce n’est toujours) je serais surpris par la grande qualité de ce set. A la fois oppressive grâce à un véritable mur sonore qui se referme inexorablement sur moi, martiale avec cette boite à rythmes omniprésente mais idéalement placée et cosmique par l’usage de sons venus d’un autre monde, la musique de Borgne m’emmène tour à tour dans un cimetière brumeux un soir d’automne, une forêt enneigée voire carrément ailleurs, là où la gravité n’est plus. Il m’aura fallu pas moins de 7 albums et un concert pour me rendre compte que Borgne avait finalement plein de choses à dire et qu’il était fichtrement dommage de passer à côté plus longtemps. Rien que pour ça, merci le Black Arts Ceremony! 
Setlist:
Void miasma
The last thing you will see
Die trying to take off the rope
Fear
Abysmal existance
Suffer as I paid my grave






S’il est une raison qui m’ait réellement motivée à faire la route un week-end d’octobre jusqu'à Lyon, c’est bien Hetroertzen. Et s’il est un groupe qui donne tout son sens au nom du festival, c’est bien ce dernier. Les ayant découvert avec leur dernier album en date, Ain Soph Aur, je serais d’abord surpris de constater que le groupe se concentré essentiellement sur son précédent LP Exaltation Of Wisdom. Notons que l’absence de leur batteur n’est peut-être pas étrangère à ce choix celui-ci étant remplacé par le chanteur tandis que c’est Anubis qui se tient derrière le micro. Ce n’est qu’une supposition et après tout, on s’en fiche un peu car l’office est respecté à la lettre et le mot n’est point galvaudé. C’est une véritable messe noire qui se déroule sous nos yeux et je retrouve avec une grande satisfaction tout ce qui m’avait séduit sur album. Le décors étant paraît-il épuré, cela ne dérange en rien, le jeu de lumières accompagnant idéalement la musique et cela donne finalement un côté plus intimiste qui sied parfaitement à la formation chilio-suédoise. Quant au changement de vocaliste, il passe complètement inaperçu. Je n’aurais pas fait le voyage pour rien, entièrement conquis à la cause de Hetroertzen. 
Setlist:
Intro
Like the serpent
Perpetual eclipse stigmata
Blood royale
The final breath of mankind
The white priestcraft
Outro





Trop occupé à faire la queue pour chopper à bouffer (les crêpes, c’est bon mais long à préparer…) et à discuter tourisme zytologique avec le barman, la prestation de Baptism me passe entièrement sous le nez… Un extrait quand même, allez!




Et ce sont donc les athéniens de Dead Congregation qui poursuivent ma soirée. Sur cette affiche très orientée black metal, la formation grecque fait figure d’exception mais cela n’empêche pas le public de répondre présent, bien au contraire ce dernier se montre plutôt réceptif à leur death metal puissant et sans concession. Il faut d’une part dire que les auteurs des 2 excellents albums que sont Graves Of Archanges et Promulgation Of The Fall ne rechignent pas à noircir franchement leur musique et à y apporter divers effets occultes ce qui finalement est plutôt cohérent avec la thématique de la soirée. Et d’autre part, le quartet met les grands moyens pour nous décrocher les cervicales. Je connaissais assez peu le groupe si ce n’est quelques titres ici ou là mais son excellente réputation m’était parvenue et je dois dire que celle-ci n’est pas volée. Un groupe à voir d’urgence pour tous fan de death metal qui se respecte, et je parle là de ce bon vieux death metal primitif, couillu mais qui reste nuancé, celui qui ne s’épanche pas dans je ne sais quelle démonstration technique (je n’ai rien contre, juste l’effet de mode et ses suiveurs qui me gonflent). Non, là, c'est de l'authentique!
Setlist:
Lucid Curse
Quintessence Maligned
Morbid Paroxysm
Schisma
Only Ashes Remain
Promulgation of the Fall
Vomitchrist
Vanishing Faith
Immaculate Poison
Teeth into Red




Les shows de Deströyer 666 que j’ai pu voir par le passé ne m’ont jamais vraiment emballé. Bon, là encore, leur discographie ne m’est que très partiellement connu et c’était à chaque fois dans le cadre de festivals où d’autres groupes me semblaient plus intéressant. Je me laisse quand même tenter cette fois pour enfin me faire un avis définitif. Alors, je ne sais absolument pas si c’est le fait de jouer en salle mais le set des australiens fait rapidement mouche et puis honnêtement, si la bande de K.K. Warlust avait décidé de me prendre par les sentiments, elle ne pouvait certes pas mieux s’y prendre qu’avec cette reprise de « Black Magic » pas piquée des hannetons. Le reste n’est que riffs cinglants et hymnes black / thrash fédérant la totalité de l’assemblée sans difficulté. Une bonne grosse claque en fin de compte, sans finesse mais avec ce qu’il fallait de chaînes, de clous, de Jack Daniel’s et de poils autour. Je serais à priori bien moins frileux lors de leurs prochains passages dans le coin, pas de doute là-dessus!
Setlist :
Rise of the Predator
Live n burn
A Breed apart
Raped
I am the wargod
Satan’s hammer
Sons of perdition
Wildfire
Lone wolf winter
Black magic (Slayer cover)
Trialed by fire





Conclure la soirée par Sektarism… un pari risqué après les déferlantes Dead Congrégation et Deströyer 666. Ce qui est sûr, c’est que les toulousains proposent quelque chose de bien moins accessible. Au programme, c’est toute une cérémonie qui est mise en scène avec divers accessoires sur fond de funeral doom. Si tout cela avait de quoi m’intriguer, je déchante vite et je ne suis visiblement pas le seul, la salle se vidant de manière exponentielle. Des morceaux de 10 minutes de… rien, à part l’effet visuel, en live très peu pour moi. Dans un autre cadre, ou même sur album, peut-être…





Un chouette petit festival donc, que je recommande chaudement à tous ceux qui s’intéressent à la scène underground, black metal en particulier et qui a le mérite de concocter des affiches à la fois intéressantes, cohérentes et variées.

lundi 14 décembre 2015

LADLO Black Metal Night II 19/09/15 Nantes, Le Ferrailleur





2015, une année charnière pour Les Acteurs de l’Ombre. Lancement de sa nouvelle division Emanations, les 4 signatures à la clé que sont Aezh Morvac’h, In Cauda Venenum (qui vient juste de dévoiler un extrait du second album au passage), Lifestream et Profundae Libidines, le très attendu Exile de Regarde Les Hommes Tomber, 3 signatures de plus à savoir Maïeutiste et son album éponyme, Deluge et son Æther et enfin Moonreich accompagné de son Pillars Of Detest (et c’est sans compter The Great Old Ones qui commence sérieusement à se tailler une grosse réputation)… Bref, fallait bien fêter tout ça et ni une, ni deux, je me retrouve à nouveau au Ferrailleur de Nantes pour la seconde édition de la Black Metal Night. 
  
Maïeutiste ouvre les hostilités devant un public encore assez clairsemé. Ayant déjà eu l’occasion d’écouter l’album une paire de fois, je ne peux que constater que le groupe parvient sans mal à recréer ses ambiances, qu’elles soient noires et pesantes ou plus rentre-dedans. Les 3 guitares se complètent à merveille et l’équilibre entre puissance et mélodies est atteint sur scène comme en studio ce qui n’est pas une mince affaire tant les compositions sont riches et variées. Le chant est quant à lui parfaitement placé, y compris dans ses interventions les plus ésotériques. La musique remplit l’espace et l’assistance reste attentive de bout en bout se demandant probablement ce qui se passe, assurément un excellent début de soirée en compagnie d’un groupe décidément bien surprenant que j’aurais le plaisir de retrouver un mois plus tard, à Lyon cette fois, dans le cadre du Black Arts Ceremony (report à venir bien entendu). 




Malgré un souci technique qui les prive de son pendant quelques courtes minutes, Deluge livre également un set convaincant dans une pénombre percée de rafales stroboscopiques où le seul point de repère est la pluie qui accompagne la formation comme un instrument supplémentaire. Là encore, la puissance est de mise, les lorrains se défoncent sur scène et envoient leur hybride black metal / post-hardcore avec hargne et ne laissent que peu de répit si ce n’est le temps de laisser les éléments s’exprimer, posant une atmosphère glaciale et hostile. Même pris dans la tourmente, le temps passe finalement bien vite et c’est malheureusement assez rapidement que Deluge conclut non sans nous avoir laissé sur le pavé, que la pluie bat encore, par sa force implacable. 

  



J’avais l’année dernière reproché à Moonreich lors de leur passage au même endroit leur manque d’originalité, tout relatif soi dit en passant. Un an et quelques changements de line-up plus tard, un nouvel album en route, qu’en sera-t-il cette fois? Force est de constater que le groupe a ajouté de nouvelles cordes à son arc, variant bien plus les ambiances. Etonnamment surpris par cette (ces) nouvelle(s) orientation(s), je suis cette fois pleinement convaincu par la prestation des parisiens, tout en énergie furieuse. Avec déjà 3 albums et 2 EP au compteur, il ne fait nul doute que Moonreich est bel et bien arrivé à maturité et c’est sans doute l’expérience qui parle ce soir. Ne connaissant qu’assez mal leur discographie et n’ayant pas encore pris le temps de poser une oreille sur Pillars Of Detest, il me manquera juste cet aspect là pour entrer totalement dedans. Toujours est-il qu’il s’agit là d’une belle redécouverte comme j’aimerais en avoir plus souvent. 



Bien qu’il me semble que la soirée n’ait pas fait autant d’entrée que l’année dernière, Regarde Les Hommes Tomber investit la scène devant un Ferrailleur bien rempli. Dire qu’après leur premier album et une série de concerts ayant marqué les esprits, le groupe était attendu au tournant relève de l’euphémisme le plus complet et ce, même après le départ d’Ulrich retourné à ses affaires avec Otargos 
Comme à l'accoutumée le groupe délivre un set tout en puissance, ultra carré et impressionnant de précision. Les nouveaux morceaux bien qu'un peu différents de par la voix de Thomas plus orientée black metal passent haut la main l'exercice de la scène et finissent par nous achever littéralement. L'atmosphère est lourde, suffocante et la chaleur qui emplit désormais la salle décuple l'effet de la musique du groupe, plus que jamais fidèle à sa réputation de bête de scène. Regarde Les Hommes Tomber nous a de nouveau donné un avant-goût d'Apocalypse.




Les Acteurs de l'Ombre nous auront gâté une fois de plus et je ne peux que souligner le professionnalisme de l'équipe. L'avantage de rédiger son compte-rendu en retard, c'est qu'on peut dire un mot sur les projets à venir. Nous donnons donc rendez-vous au label pour la sortie du 1er EP de Barús (sludge d'excellente facture avec des membres de Maïeutiste) le 29 janvier sous l'étiquette Emanations ainsi que le 26 février pour le prochain album des sud-africains de Wildernessking dont je vous ai déjà parlé ici. Et je l'espère, pour une 3ème édition de cette black metal night qui risquerait fort de devenir mon nouveau point de chute chaque fin septembre. 



samedi 12 décembre 2015

SAQRA'S CULT - Initiation to Forgotten Rites



SAQRA'S CULT


Initiation to Forgotten Rites





Genre : Black Metal
Label : Amor Fati Productions
Date de sortie : 20 Novembre 2015

Tracklist :
1. Uku Patcha
2. Possessed by Illapa






    Voilà bien longtemps que je n'avais pas refichu mon nez dans les dernières sorties undergrounds. Au détour de quelques recherches, voila un groupe de Black Metal belge ayant pour thématique la culture inca, c'pas banal. Forcément intrigué par cette étrange formation, je m'écoute leur première démo. A croire que Pachacamac est venu habiter Bruxelles, car le quatuor réussi à offrir une première œuvre poisseuse, opaque et réussie pour mon plus grand plaisir.

    Si onze minutes sont sûrement bien trop courtes pour réellement jauger ce que vaut Saqra's Cult, elles nous offrent cependant un aperçu de ce qui nous attend. Si la base n'est pas neuve, les belges savent l'entourer d'antiques artifices pré-colombiens, flûtes de pan et tambours ritualistes sont à l'honneur pour l'introduction. A la fois occulte et fougueux, ce « Initiation to Forgotten Rites » sait varier les plaisirs, mid-tempo lourds, tremolo rampants et touches dissonantes, le groupe n'étant pas avare en riff divers. Avec sa pointe de Death Metal, Saqra's Cult nous propose une musique ronflante parfois hachée d'à-coups dissonants, créant une sorte de tumulte occulte. Le riffing me fait penser à un mélange entre Young and in the Way et le Watain période « Casus Luciferi ». Le chant déjanté, possédé et hargneux vient appuyer la fougue lancée par le groove des guitares. Si lui aussi me rappelle encore parfois ce que j'ai pu attendre avec Young and in the Way, il est terriblement efficace, vociférations, déclamations, ricanements, tout y passe pour un résultat des plus énergiques. Les belges atteignent le paroxysme de leur puissance sur la seconde pièce « Possessed by Illapa », sous l'impulsion du dieu inca de la foudre, Saqra's Cult s'emballe dans un dernier sursaut d'énergie avant de conclure sa première démo.
   Cette initiation au quatuor et à ces rites oubliés présente peu de défauts, on notera peut-être ces tremolos plus aigus en fin de démo qui viennent un peu maladroitement briser l'ambiance instaurée sur les dix précédentes minutes. Cependant, la débauche d'énergie et de malfaisance antique qui se dégage de cette première ébauche fera bien vite oublier ceci. A titre personnel, j'aurais apprécié que la thématique inca soit poussée peut-être plus loin, à l'image de l'introduction. Car les premières minutes une fois passée, Saqra's Cult perd une partie de ce qui je pense aurait pu être une réelle plus-value dans son atmosphère.

   En dehors de sa thématique atypique, « Initiation to Forgotten Cult » est un Black Metal ronflant, lourd, énergique et avec un groove indéniable. C'est donc évidemment un bon début pour la formation belge que j'espère elle concrétisera. Si cette chronique est plus courte que d'habitude c'est dû à la courte durée de cette démo, et non à l'avarice car en seulement onze minutes Saqra's Cult balance tout ce qu'il a, offrant de nombreux riffs généreux à l'auditeur. Il ne reste plus qu'à espérer qu'ils leurs en restent quelques uns dans la manche et  que par la suite le groupe pousse encore son idée pré-colombienne encore plus loin.

- Sarcastique

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mercredi 9 décembre 2015

KVLTIST - Catechesis

KVLTIST



Catechesis






Occult Black metal
Date de sortie: 3 décembre 2015
Label: World Terror Committee Productions



Tracklist:
1. The Devil's Catechumen
2. Devotion
3. Darkest Light From Glaring Shadows
4. Eucharisty Of Death Divine
5. Oblation
6. Doxologia Eosphoros
7. Ite Ad Ignis







Des tonnes d’albums reçus par mail, des demandes à la pelle plus nos recherches personnelles, croyez-moi ça en fait de la musique à écouter. Parce qu’après, faut bien faire le tri. Nous ne pouvons pas tout passer en revue faute de temps et c’est parfois assez décourageant. Un travail de titan pour lequel nous ne recevons rien si ce n’est la reconnaissance des groupes dont nous parlons (et c’est déjà très bien, c’est la passion qui nous anime et rien d’autre). Alors certes, nous sommes privilégiés. Nous recevons les albums en avance, parfois de groupes que nous aimions déjà beaucoup. Et il y a les autres jours. Ceux où l’on a la vive impression de tourner en rond, de ne plus être surpris par ce qui nous est proposé et d’avoir cette vilaine sensation de toujours tomber sur les mêmes compositions sans âme, sans originalité… Alors on lâche l’affaire pour la journée, on se dit qu’on sera plus chanceux le lendemain. Et puis il y a finalement les groupes comme Kvltist qui nous rappellent dès les premières notes ce qui nous a motivé au départ à se lancer dans cette aventure.

Catechesis est en effet ce genre d’album qui, s’il ne réinvente pas la roue, il contribue à son évolution et scotche littéralement le black metalleux moyen au fond de son siège par une approche frontale pourtant non dénuée de subtilités. Bien malin celui qui parviendra à se défaire de ces mélodies ésotériques et envoutantes semblant sortir tout droit des feux de l’enfer, un enfer qui ne se satisfait plus de pervertir les âmes mais qui s’ouvre en grand pour relâcher toutes ses hordes sauvages dans le seul but d’anéantir tout souffle de vie. C’est qu’en arrière plan, la Bête attend son heure avec une impatience non dissimulée et c’est par grands fracas rythmiques qu’elle fait bien comprendre qu’elle n’est plus là pour plaisanter. Ancré dans un occultisme qui sied décidément très bien à l’écurie W.T.C., dont le roster contient quelques noms comme HornaAcherontas ou Ascension et dont nous avions déjà chroniqué l’excellent album de Shrine Of Insanabilis, le duo allemand (MZI à l’instru, Amon Xul au chant) enrichit son black metal fielleux d’atmosphères mystiques et extatiques amenées par quelques passages où les instruments se taisent pour laisser place à des sons sortis d’outre-tombe ou de terrifiants gémissements et encore ces guitares en constante dissonance qui suintent le mal par tous les pores.
C’est très clairement dans ses moments les plus glauques que le rite de Kvltist se veut le plus convaincant. Les allemands tiennent indubitablement un bon filon pour construire des ambiances sordides, funestes et furieuses à la fois et dès lors, l’inconfort et le malaise s’installent. Il n’est pas rare de penser par exemple à Thantifaxath ou Deathspell Omega mais que cela reste une pensée qui ne s’inscrit pas dans le temps car Kvltist possède son sens propre de la mélodie qui dérange, celle-ci étant l’élément fondamental de ses morceaux, celui qui impose la marque du groupe et le différencie des autres.

L’album, qui de par son nom et jusque dans ses titres souille la catéchèse chrétienne se veut une véritable liturgie luciférienne à l’équilibre parfait entre mélodies ostentatoires et chaos assourdissant. Le black metal forgé par Kvltist est marqué d’une passion et d’une dévotion sans faille pour le Malin. Il tournoie sans cesse et s’inscrit dans les esprits pour ne plus les quitter, s’y immisçant sournoisement, les hantant encore longtemps après l’écoute. La rythmique tumultueuse, les riffs incisifs, tentaculaires autant que malsains et le chant hargneux et empli de malveillance se complètent à merveille pour affirmer cette adoration blasphématoire. Parlant du chant, s’il est en grande partie l’oeuvre d’Amon Xul, celui-ci est complété par les interventions de guests, Hellchrist Xul (Funeral WindsDomini Inferi et Haatstrijd), S. Deathcurse, Necrosodom (Azarath) et Hekte Zaren (Sacrilegeous Rite) ceci amenant une diversité bienvenue sans quoi, et c’est là le seul reproche que je trouve à cet album, Catechesis aurait pu sembler un peu linéaire, faisant usage des mêmes artifices d’un bout à l’autre de l’album. Ceci n’est pas tellement gênant dans la mesure où les 7 titres tiennent dans un peu moins de trois quarts d’heure et que ceux-ci passent relativement vite chaque morceau pris à part reflétant une véritable haine viscérale. 

Kvltist se promet donc à un bien bel avenir si toutefois le duo parvient à étendre un minimum son champs d’action et veille à ne pas trop se répéter. En dehors de cela, Catechesis reste un excellent album concluant comme il se doit une année riche en surprises. Et puis à l’approche de noël, ce genre de méfaits est carrément d’utilité publique de toute façon.







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dimanche 6 décembre 2015

IZAH - Sistere

IZAH



Sistere






Atmospheric sludge / Post-metal
Date de sortie: 23 février 2015
Label: Nordvis Produktion


Tracklist:
1. Indefinite Instinct
2. Duality
3. Finite Horizon
4. Sistere








Un album sorti en février, une sortie vinyle prévue pour avril pour leur passage au Roadburn, l’année 2015 démarrait plutôt bien pour Izah. Seulement voilà, le marché du disque ne laisse que peu de places aux démarches indépendantes… En plein rush pour le record store day (vous savez, cette arnaque mondiale qui consiste à sortir un grand nombre d’éditions limitées vendues à des prix qui frisent le ridicule, attirent plus facilement le requin qui y voit une opportunité d’argent facile et ne profitent rarement aux fans et aux vrais disquaires indé), le fabricant décidé tout simplement de faire passer les majors avant et de repousser Sistere sans même prendre la peine d’en avertir le groupe. Sympa… Résultat, cette belle édition double LP ne voit finalement le jour que le 31 août et pour quelqu’un comme moi qui attache une certaine importance à l’objet, inutile de préciser que l’attente fut des plus frustrantes. Et que dire pour le groupe? Ce coup de gueule passé, voyons de plus près ce que nous réserve le premier album des néerlandais. 
Faisant suite à un EP paru pas moins de 7 ans auparavant et un split en compagnie de leurs compatriotes de Fire Walk With Us en 2012, Sistere reprend là où la formation nous avait laissé précédemment c’est-à-dire un savant mélange de post-rock et de sludge aux formats longs, comprendre des titres avoisinants les 10 minutes pour les plus courts et atteignant jusqu'à la demi-heure, tout en y apportant de nouveaux éléments, core, black metal ou même progressifs selon l’humeur. 
Si dans la forme, la recette est plutôt classique et ne brille pas d’une grande originalité (nous y retrouverons pêle-mêle du RosettaCult Of Luna, The Ocean, IsisDeafheaven etc... soit autant de groupes qui ont le vent en poupe mais dont le talent n'est plus à prouver), c’est bien par sa maîtrise qu’Izah séduit grâce à ses enchevêtrements d’atmosphères rondement menés et à l’équilibre que les bataves parviennent à créer entre sa facette la plus dure, ses envolées post-rock et les longs et planants intermèdes instrumentaux parsemant Sistere. Il faut dire que la longueur des morceaux est propice à la mise en place d’atmosphères et permet de graviter autour, de la faire évoluer, la façonner, la transformer encore et encore jusqu’à s’y perdre complètement. Izah en fait usage jusqu’à la corde et démontre qu’il maîtrise parfaitement son sujet. Il en résulte un album particulièrement immersif et bourré d’émotions, extrêmement changeantes selon la direction que prend le groupe qui excelle véritablement dans ses transitions. Amenée tout en subtilité donc, chaque nouvelle section semble être la suite directe de la précédente et annoncer la suivante alors même que celles-ci sont pourtant parfois très différentes. C'est un peu comme si chaque morceau s'était peu à peu construit le plus naturellement possible, à force de recherches et d'expérimentations, autour d'une simple ligne directrice que le groupe aurait exploité au maximum de ses possibilités. Une écoute un tant soi peu approfondie et l'on se retrouve facilement happé par un tourbillon de sensations parfois contradictoires mais dont l'effervescence est poussée à son paroxysme. Sensations que l'auditeur ressentira donc sans même s'en rendre compte s'il est réceptif à ce type de musique, c'est les yeux fermés que Sistere vous emportera le mieux du long de ces 72 minutes. Je vous recommande néanmoins une pause avant d'attaquer le gargantuesque final et sa demi-heure, chef-d'oeuvre absolu du genre. Izah se montre cette fois bien plus audacieux poussant son talent dans ses derniers retranchements. Tenir la distance sur un morceau aussi long est une épreuve des plus périlleuses mais la formation néerlandaise s'en sort avec une facilité déconcertante, multipliant les idées pour garder son auditeur en haleine, usant de bruitages divers et de voix parlées pour ajouter un certain effet inquiétant voire oppressif, élargissant son spectre musical tout en sachant parfaitement jouer sur les sensibilités, maintenant la tension jusqu'à la crise, la relâchant quand cela est nécessaire.

La production très dense offre une véritable dynamique à cet album décuplant cet effet de tension allant et venant. Sistere est finalement un album travaillé au millimètre ce qui sur un album d'une telle longueur et constitué uniquement de 4 titres relève de la gageure, qui peut sembler long et c'est bien là son seul défaut car il s'adresse indubitablement à un public bien précis et risque fort de faire fuir une grande partie de l'assistance mais dont l'univers est parfaitement en place. Reste à savoir quelle direction Izah prendra à l'avenir mais ayant déjà beaucoup progressé depuis son EP, je ne doute pas que le groupe en a encore sous le coude et nous réserve de belles surprises que je ne manquerais pas de surveiller de près tant cet album m'aura marqué. Après tout, sortie en février, chronique en décembre... Ce n'est pas qu'un hasard dû à la mauvaise gestion d'un fabricant de disque, il m'aura aussi fallu digérer pleinement Sistere et ces nombreuses écoutes au fil du temps auront toutes été aussi jouissives. J'ai mes défauts et mes goûts inavouables comme tout le monde mais je ne pense décemment pas me tromper sur ce coup...








jeudi 3 décembre 2015

88 MILE TRIP - Through the Thickest Haze



88 MILE TRIP 

Through the Thickest Haze





Genre : Stoner/Rock
Label : Self-Release
Date : 17 septembre 2015


Tracklist : 
1. The Repressed
2. 20 and 8
3. Serpent Queen
4. A Call to Rise
5. Burn the Saints
6. The Awakening
7. I'm Not Mad (I'm just disappointed)
8. Song of the Dead
9. Sacred Stone

C’est avec une absence, qui doit se compter en semaine (j’ai peur de dire en mois), si tout autant longue qu’honteuse de ma part, que je reviens cependant les bras chargé d’un cadeau d’excuse plutôt alléchant, il faut le reconnaître : le premier album longue durée, prénommé « Through the Thickest Haze », du groupe 88 Miles Trip, un groupe de stoner/rock très sympatique, et qui pour une fois pour des interprètes de ce genre, ne viennent pas d’un patelin perdu du fin fond d’un état américain poussiéreux, mais du Canada, plus précisément de Vancouver.
Voilà pour les présentations si vous ne connaissiez pas ce groupe, parce qu’il commence à faire du bruit (sans mauvais jeu de mot, je parle de sa réputation…) , et j’espère que vous avez votre quota du ciel grisâtre de novembre, du vent glacial, de ce temps tout autant nocif pour votre vitamine D que pour votre moral, parce qu’en tout cas c’est mon cas, et c’est avec grand soulagement que j’ai accueilli cet album qui respire la chaleur estivale, la jovialité d’une bande de garnements friands de bière moussue et de fumée épaisse, les accords ventrus qui envoient la purée de petit pois, et plus tard quand on s’y plonge vraiment, une pensée bien plus fine qu’un groupe de ce style à tendance à promulguer. 
En effet, bien que plus que de proposer seulement des riffs dont la complexité et la finesse n’ont rien à envier à la tentative d’approche d’un soudard qui n’en est pas à sa première cuite de la journée (bon en même temps, c’est le principe du jeu en stoner), 88 Miles Trip, conformément à son nom, aborde un panel de sonorités, de registres et d’images bien plus variées, à la manière d’un voyage (qu’on imagine certes sous une bon nombre de substances plus ou moins illicites..) à travers un série de contrées tordues, iconiques et déroutantes. Une sorte d’Alice au merveilles, si Lewis Carroll était né une bonne centaines d’années plus tard, et s’était essayé à enfumer allègrement ses paradoxes mathématiques par quelques vapeurs délétères… À rajouter à tout ceci un talent pour l’hybridation de genres, entre les remontées country à en choper instantanément l’accent redneck, les accords de blues mélancolique, les réglages de sons expérimentaux (écoutez la guitare lead à la fin de « Brun the Saints ») et surtout une sacrée paire de c****les pour vouloir mêler à un groupe de stoner une introspection humaine et le concept de voyage onirique… concédez que ça fait déjà beaucoup de bons points.
Et puis, en-dehors de tout ces arguments, taisez-vous, prêtez l’oreille à ces dames à 6 cordes qui chantent, pesamment mais pas moins intensément, les légendes de pays aux vaux et monts verdoyants, parcourus à dos de créatures assez bizarres pour surprendre un junkie au LSD, dont les cadences de la batterie peuvent être tout aussi bien entendues comme le galop de ces bestioles, et, alors que la nuit se couche sur la lande infinie et onirique que vous traversez, une voix claire d’un ténor vous berce, résonne entre les étoiles multicolores et les comètes aux formes fantasques, pour élever votre esprit à un nouveau voyage, encore un autre, et encore un autre, jusqu’à ce que l’aube orangée se lève sur ce paysage qui a changé milles fois de visages et qui en changera tout autant de fois, pour une nouvelle journée de voyage, j’insiste sur ce terme, dans cet univers aux recoins aussi nombreux que les grains de poussières qui y résident, pour un nouveau track dans cet album déjanté, libre, qui ose tout, en remporte définitivement sa place dans le must-listen 2015 (peut être pas dans le domaine du metal extrême, je reconnais avoir fait un écart cette fois-ci… mais tout de même). 

Je me souviens encore distinctement d’un ami qui me disait, justement pendant un concert de stoner/sludge narré sur ce blog, que le gros défaut de ce genre et de ses grands noms, c’est qu’il es trop renfermé sur une seule idée, lesdifférentes formations finissent insensiblement par se plagier elles-mêmes, en quelques sorte, au fur et à mesure de leurs albums, si pas mauvais, terriblement identiques. Et je répondrais à cet ami de filer écouter 88 Miles Trip, il n’est pas à bout de ses surprises, lui qui cherchait de la recherche, de l’innovation dans le rock/stoner. 


- Pestifer